Le médiateur rend ses propositions pour dénouer la crise à la RTM

Collectivités territoriales | 03.11.05
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Le médiateur rend ses propositions pour dénouer la crise à la RTM - Batiweb
Le médiateur dans le conflit à la Régie des transports de Marseille (RTM) Bernard Brunhes a affiché son optimisme mercredi, en commençant à rendre ses propositions pour mettre fin à la grève qui perturbe la circulation des métros et bus de la ville depuis un mois.
A la veille d'une rentrée des classes évoquée comme une date butoir, les résultats de cette médiation seront cruciaux, la possibilité d'une réquisition des personnels et des bus demeurant d'actualité.

"Je suis optimiste", a déclaré le médiateur du gouvernement avant de rencontrer le maire de Marseille et président de la communauté urbaine Jean-Claude Gaudin (UMP), pour lui présenter la solution qu'il envisage.

Après une heure trente de discussion, M. Brunhes a évoqué "un vrai débat" avec le maire, des élus et le Pdg de la RTM Marc Girardot. Il a refusé de détailler ses propositions avant sa rencontre avec les syndicats, prévue à 14h00.

"Je vais leur dire la même chose qu'à M. Gaudin", a-t-il indiqué. Jean-Claude Gaudin est sorti sans faire de commentaires, se bornant à dire qu'il souhaitait "laisser le médiateur faire son travail".

A Paris, le ministre des Transports Dominique Perben a indiqué qu'il avait "bon espoir" de voir le conflit se dénouer à la RTM. Au trentième jour de grève, le trafic est resté fortement perturbé, avec 7% de bus en circulation et 63% de métros. La cinquantaine de cars de substitution mis en place par la mairie de Marseille depuis la semaine dernière ont repris leur service après un jour de repos mardi.

Eviter la réquisition

Bernard Brunhes, ancien conseiller du Premier ministre socialiste Pierre Mauroy de 1981 à 1983, aujourd'hui consultant en relations sociales, a souligné qu'il "essayait de faire retrouver aux Marseillais leurs transports en commun le plus vite possible".

Arrivé lundi, le médiateur a rencontré toutes les parties avant de prendre "une journée de réflexion" mardi pour peaufiner ses propositions. Les salariés de la RTM réclament le retrait de la délégation de service public (DSP) choisie comme mode d'exploitation des deux futures lignes de tramway de la ville par la communauté urbaine. Ils assimilent cette DSP, attribuée par appel d'offres, à un début de privatisation et de morcellement du réseau.

A ce jour, la régie publique associée à l'entreprise de transport privée Connex (Veolia) est la seule candidate déclarée. M. Gaudin refuse de transiger sur la DSP.

Mardi, M. Brunhes avait estimé qu'il faut "sortir du slogan: je veux une DSP, je ne veux pas de DSP", afin de discuter sur le fond.

Pour lui, dans le meilleur des cas, les transports en commun ne reprendront pas immédiatement: "Si mercredi on a une volonté exprimée par les deux parties de trouver une solution dans les lignes de ce que je suggère, alors il ne faudrait pas avoir recours à des réquisitions. Mais ça ne veut pas dire que les bus vont rouler dans le quart d'heure", a-t-il indiqué mardi.

La grève à la RTM fait suite à un conflit de plus de trois semaines à la Société nationale Corse-Méditerranée (SNCM) et à une grève au Port autonome de Marseille. Selon la Chambre de commerce et d'industrie (CCI) de Marseille Provence, ces confits sociaux ont entraîné un manque à gagner d'environ 30 millions d'euros pour les entreprises de la deuxième ville de France.

Redacteur