Pour le Conseil économique et social, «la "politique de la ville" doit être élevée au rang de grande cause nationale»

Collectivités territoriales | 10.01.08
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Pour le Conseil économique et social, «la "politique de la ville" doit être élevée au rang de grande cause nationale» - Batiweb
«Au risque de grave disconvenues, la "politique de la ville", véritable investissement national, doit être élevée au rang de grande cause nationale», conclut Gérard Le Gall au nom de la section
du Cadre de vie dans un projet d'avis soumis à l'examen du Conseil économique et social. Cet avis, rendu sur saisine gouvernementale, développe une triple approche: il effectue tout d'abord une relecture de la production normative de la période récente écoulée (2003-2007), il examine ensuite les modalités de transformation de la ville par l'amélioration de la vie quotidienne de ses habitants, il se livre enfin à une approche critique des choix effectués en matière de gouvernance.
80 propositions sont formulées pour «réunifier et réconcilier la ville», de la mixité sociale à l'école au développement des transports et des services publics, notamment:

- Assurer la continuité dans les politiques de la mise en œuvre de la cohésion sociale;
- Rationaliser le soutien au secteur associatif;
- Revaloriser le rôle de la gestion urbaine de proximité;
- Inscrire la question de l'accessibilité des services publics dans un projet de territoire;
- Prolonger voire renforcer l'effort consenti en faveur du maintien des commerces de proximité de qualité.

Le Conseil s'inquiète de la mise en œuvre du droit au logement opposable et il souhaite que les bénéficiaires prioritaires du droit au logement opposable ne soient pas relogés dans les ZUS, où sont déjà concentrées les populations les plus en butte aux difficultés sociales. Il demande que l'attribution de l'ensemble du logement social soit organisée à l'échelle de l'agglomération et que soit facilitée la coordination en amont, à l'échelle intercommunale, de la gestion des ménages prioritaires.

Enfin, si la rénovation des logements est nécessaire, elle n'est pas suffisante pour assurer une amélioration durable. Il convient de renforcer la dimension d'aménagement présente dans les projets de l'ANRU, et de veiller à sa prise en compte jusqu'à l'échelle de l'agglomération. La satisfaction des besoins de mobilité des habitants est de ce point de vue essentielle.

Pour ce qui concerne l'emploi, l'avis souligne c'est un enjeu majeur, compte tenu des difficultés d'emploi des habitants des ZUS. «Pourtant, la politique conduite apparaît peu lisible», et «l'incertitude pèse sur le devenir de mesures comme les maisons de l'emploi», souligne le rapport. Six propositions sont formulées sur ce thème:

- Mettre en place un programme national d'action ciblé sur les quartiers;
- Relancer la mise en place des maisons de l'emploi;
- Encourager financièrement les initiatives associatives en faveur de la réinsertion professionnelle;
- Anticiper en matière de formation sur les évolutions du tissu économique du bassin d'emploi;
- Favoriser l'insertion/réinsertion des jeunes très éloignés de l'emploi;
- Agir contre les discriminations qui touchent les jeunes quel que soit le niveau de diplôme.

Redacteur