La réglementation, accélérateur ou frein pour le photovoltaïque ? Développement durable | 22.10.19

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Soprasolar, filiale solaire du groupe Soprema, organisait une conférence de presse ce mardi 22 octobre concernant le développement du photovoltaïque sur les bâtiments industriels, logistiques et commerciaux. L’occasion de revenir sur les avantages de telles installations, le contexte réglementaire, mais aussi sur les principaux freins au déploiement des projets.

Après un démarrage en force entre 2008 et 2011, aidé par les subventions de l’Etat, puis un ralentissement entre 2011 et 2017, Jean Damian, directeur de Soprasolar constate que « le marché repart » pour les panneaux photovoltaïques sur les bâtiments industriels, logistiques et commerciaux.

 

Selon lui, le contexte réglementaire est de plus en plus favorable, avec la loi pour la Transition Energétique et la Croissance Verte de 2015, la loi de Biodiversité en 2016, la future Réglementation environnementale de 2020, et la multiplication des appels d’offre sur les grandes toitures.

 

Le directeur de Soprasolar rappelle également les objectifs de la Programmation Pluriannuelle de l’Energie (PPE), qui prévoit 20 GW d’énergie photovoltaïque d’ici 2023, soit l’installation de 10 GW d’ici 4 ans. « La tendance est actuellement plutôt autour de 800 MWc par an », nuance toutefois Jean Damian.

 

Outre les motivations écologiques, l’autoconsommation séduit de plus en plus pour des raisons économiques : alors que le prix de l’électricité ne cesse d’augmenter, avec +5,9 % en 2019, celui des panneaux photovoltaïques baisse significativement.

 

Pour Jean Damian, cette baisse des prix s’explique en grande partie par « la guerre industrielle » à laquelle les pays asiatiques se livrent. Charles Le Faou, responsable des programmes immobiliers chez Argan, évalue cette baisse de l’ordre « 5 à 10 % par an ».

 

« Un panneau solaire coûtera moins cher qu’un vitrage d’ici quelques années », prévoit ainsi le directeur de Soprasolar.

 

Parmi les autres atouts des panneaux photovoltaïques : la possibilité de se faire un complément de revenu en vendant l’énergie produite, et un meilleur confort d’été dans les bâtiments grâce à l’ombrage naturel permis par les panneaux.

 

Anticiper l’installation de panneaux solaires pour les constructions neuves

 

« On estime qu’entre 15-20 % des constructions neuves sur des bâtiments de type industriel, commercial ou logistique intègrent en 2019 un projet de centrale solaire PV. Si c’est en nette croissance par rapport aux années précédentes, l’objectif est bien d’augmenter cette valeur », indique M. Damian.

 

Les deux intervenants rappellent la nécessité d’anticiper l’installation de panneaux photovoltaïques sur les constructions neuves, soulignant que le parc immobilier existant n’est la plupart du temps pas apte à supporter le poids des panneaux.

 

Ils appellent donc à sensibiliser et former les acteurs du BTP, que ce soit les maîtres d’ouvrage, les architectes, les maîtres d’œuvre ou les promoteurs.

 

Un cadre réglementaire encore trop contraignant

 

Les délais réglementaires et assurantiels restent les principaux freins au déploiement des projets, selon les deux intervenants. « Il faut attendre en moyenne 4 mois avant qu’Enedis n’autorise la mise en service d’une centrale solaire », regrette Charles Le Faou, soulignant que l’autorisation est souvent donnée bien après l’achèvement des travaux.

 

« Si les mesures réglementaires récentes sont jugées positivement, elles sont parfois en incohérence avec les rigidités des appels d’offres de la Commission de Régulation de l’Energie (CRE). Viennent s’ajouter à cela les difficultés et les longs délais de raccordement au réseau, ainsi qu’un périmètre inadéquat de l’autoconsommation collective », concluent les organisateurs, qui appellent à une simplification.

 

Claire Lemonnier

Photo de une : ©C.L.

Redacteur

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