Un douzième des investissements de la France concerne la transition énergétique

Développement durable | 07.10.19
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L’I4CE vient de révéler les résultats de son étude consacrée aux investissements 2018 de la France en faveur du climat. Il en ressort que la transition énergétique concentre un douzième des investissements du pays. 45 milliards d’euros ont ainsi été investis soit 2 mds d’euros de plus qu’en 2017. Malgré la hausse, l’Institut estime que cette progression est encore « trop timide » pour atteindre l’objectif de neutralité carbone.

En 2018, les pouvoirs publics, les entreprises et les ménages ont investi 45 milliards d’euros dans des secteurs tels que le bâtiment, les énergies renouvelables ou la mobilité durable, soit 2 milliards de plus qu’en 2017. Une tendance qui selon Hadrien Hainaut, chef de projet chez Institut de l’économie pour le climat (I4CE), se doit à des « taux d’intérêt exceptionnellement bas » et à la « hausse du prix des énergies fossile et du carbone ».

 

Un douzième des investissements du pays concerne ainsi la transition énergétique, un chiffre qui n’a cessé d’augmenter mais qui est encore « timide ». Dans son Panorama des financements climat, réalisé avec le soutien de l’Ademe et du Ministère de la Transition écologique, l’I4CE estime en effet que les investissements sont insuffisants pour que la France atteigne l’objectif de neutralité carbone.

 

Maxime Ledez, chargé de recherche chez I4CE, souligne : « D’ici la fin du quinquennat, il faudra investir entre 15 et 18 milliards d’euros supplémentaires chaque année pour engager le pays sur la trajectoire de la neutralité carbone. Et il ne suffira pas de mettre à disposition de nouvelles sources de financement : pour déclencher ces investissements, leur rentabilité et la réglementation sont déterminantes ».

 

« Faire plus » pour le climat

 

Parmi les secteurs qui devront faire l’objet d’investissements, on retrouve la rénovation des logements, les énergies renouvelables ou encore les transports en commun. L’I4CE précise : « Dans le réseau ferroviaire et la construction de logements performants, l’enjeu sera de maintenir les niveaux d’investissements actuels ».

 

« Si le modèle de financement ne change pas, les pouvoirs publics (Etat, collectivités locales, banques publiques) devront mobiliser 7 à 9 milliards par an de plus d’ici 2023 », déclare Hadrien Hainaut.

 

L’I4CE estime également nécessaire « d’arrêter d’investir dans des équipements qui nous condamnent à émettre trop de gaz à effet de serre. Les investissements fossiles défavorables au climat ont dépassé les 67 milliards d’euros en 2018 », précise l’Institut.

 

Verdir la fiscalité

 

Comment investir plus pour accélérer la transition énergétique ? Sébastien Postic, chef de projet chez I4CE, explique que l’Etat dépense déjà 20 milliards d’euros pour aider les entreprises et les ménages à isoler leurs bâtiments, installer des énergies renouvelables ou accéder à une mobilité plus propre, une somme « loin d’être anodine » puisque « c’est par exemple plus de deux fois les recettes de la taxe carbone ».

 

Mais pour aller encore plus loin, I4CE a identifié 16 milliards d’euros de niches fiscales sur la taxation des énergies fossiles, qui bénéficient à l’aérien, aux poids lourds, au BTP ou encore aux agriculteurs. « Ces niches nourrissent un sentiment d’injustice et entretiennent la dépendance aux énergies fossiles », avance Marion Fetet, chargée de recherche chez I4CE. « Le Gouvernement devrait fixer un cap clair : leur réforme complète d’ici quelques années. Certains secteurs sont vulnérables économiquement, et l’idée n’est pas d’arrêter d’aider ceux-là mais de les aider autrement ».

 

L’I4CE préconise également un verdissement de la fiscalité. « Tout le monde se focalise sur la taxe carbone, mais ce n’est qu’une partie de l’enjeu », selon Quentin Perrier, chef de projet chez I4CE. « Il y a d’autres instruments qui peuvent être mobilisés pour réduire nos émissions. Le bonus-malus automobile par exemple, qui est à la fois efficace et bien accepté car très transparent : toutes les recettes du malus sur les véhicules polluants financent des aides à l’achat de véhicule moins polluants ».

 

R.C
Photo de une : ©Adobe Stock

Redacteur
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