Vers un plan de soutien public pour la filière bois ? Développement durable | 09.06.20

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Dans un communiqué publié vendredi 5 juin, la filière bois énergie rappelait les atouts du matériau pour la future Réglementation environnementale (RE2020), et exprimait ses propositions pour que le bois joue « un rôle clé dans la décarbonation des bâtiments neufs ». Au-delà de la RE2020, la filière demandait la mise en place d'un plan de soutien au gouvernement à travers cinq mesures fortes. Le lendemain, 140 parlementaires ont réagit en faveur d'un plan de soutien public, s'inspirant de celui engagé par l'Allemagne, ayant annoncé 800 millions d'euros en faveur de la reforestation en 2019.

Valoriser le bois dans la future RE2020

 

Vendredi 5 juin, la filière énergie bois publiait un communiqué appelant le gouvernement à mettre en valeur le matériau dans la future RE2020, qui doit finalement entrer en vigueur d'ici l'été 2021« Du point de vue environnemental, le bois est le matériau de construction qui consomme le moins d’énergie grise. Il est, de plus, jusqu'à 12 fois plus isolant que le béton et permet ainsi de réduire les consommations énergétiques liées au chauffage l’hiver et d’améliorer substantiellement le confort d’été. Ce dernier point constitue, d’ailleurs, un des objectifs que le Gouvernement a assigné au futur texte. Enfin, le bois matériau constitue un stock de carbone sur le long terme qui possède, en fin de vie, diverses voies de valorisation », soulignaient les signataires.

 

Dans ce contexte, ils demandent à ce que le contenu carbone des différents matériaux de construction soit objectivé « pour éviter toute déclaration fantaisiste », et que le stockage carbone soit bien pris en compte dans la future RE2020. Actuellement, le bois reste marginal dans la construction, représentant seulement 6 % des logements construits en 2018.

 

Outre les systèmes constructifs, le bois a aussi son rôle à jouer en termes de production d'énergie renouvelable. La secteur réclame donc qu'un ratio de chaleur renouvelable « contraignant et ambitieux » soit mis en place afin d'atteindre l'objectif annoncé de 38 % de la chaleur renouvelable d'ici 2030.

 

Accélérer le développement de la filière française

 

Au-delà de la RE2020, le secteur demandait au gouvernement une politique de soutien, pour une production locale créatrice d'emplois nationaux, permettant d'éviter les importations : « Avec 95 % du bois énergie provenant des forêts françaises et 63 % du bois construction, promus comme "bois de France", l’indépendance nationale est importante. Après un épisode sanitaire sans précédent qui a souligné la dépendance de notre pays à des biens importés, il est indispensable de garantir un haut niveau de sécurité d’approvisionnement sur les volets stratégiques des matériaux de construction et des combustibles. Le bois de France est le garant de cette autonomie vitale et constitue un levier de la relance économique », insistent les signataires.

 

Pour accélérer le développement de la filière bois énergie française et exploiter son potentiel, ils demandent notamment :

 

  • L'allégement de la fiscalité de production jusqu'ici 3 fois plus élevée en France que la moyenne européenne, et même 8 fois supérieure à celle de l'Allemagne ;
  • Le soutien à des investissements productifs tels que le séchage via le Fonds de chaleur de l'ADEME, ou une enveloppe budgétaire vers des installations de cogénération biomasse ;
  • L'accompagnement des mesures et dispositifs de replantation pour disposer d'un capital de long terme et d'un puits de carbone encore plus efficace ;
  • La promotion de la marque « bois de France » auprès des donneurs d'ordre publics et privés ;
  • La réintroduction d'un dispositif de suramortissement pour moderniser l'outil productif.

 

140 députés, sénateurs et eurodéputés issus de LREM et du Modem ont dans la foulée réagit samedi 6 juin, demandant au gouvernement un plan de soutien public inspiré du modèle allemand. En 2019, l'Allemagne avait en effet annoncé débloquer 800 millions d'euros pour la reforestation du pays.

 

« Le bois et ses usages doivent être un des piliers du futur plan de relance (…) Nous sommes convaincus de la nécessité d'un plan Marshall », ont estimé les parlementaires français dans une tribune publiée samedi sur le site du Journal du Dimanche.

 

Un secteur créateur d'emplois

 

Du point de vue de l'emploi, la filière forêt-bois représente actuellement 378 000 emplois, soit 12,4 % des emplois industriels nationaux, et génère 25 milliards d'euros de valeur ajoutée. De son côté, la filière bois énergie est à l'origine de 50 000 emplois, selon une étude du Syndicat des énergies renouvelable (SER). Son développement serait fortement créateur d'emplois - ce qui se révèle d'autant plus intéressant dans le contexte actuel de crise économique liée au coronavirus.

 

« Si nous réalisons cette ambition, nous disposerons d’un gisement très important, à portée de main, de création de valeur et d’emplois pour notre pays. Nous sommes à même de créer près de 100 000 emplois d’ici 2030 dans les territoires », estime ainsi Michel Druilhe, président de France Bois Forêt.

 

C.L.

Photo de une : Adobe Stock

Redacteur

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