Le marché photovoltaïque, « c’était la ruée vers l’or » Eco-construction | 21.06.10

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Créée en 2007, Solarcentury France se positionne aujourd’hui parmi les acteurs majeurs du marché français avec plusieurs mégawatts installés en France métropolitaine. La structure française est dirigée par Pierre-Marie Martinay, qui revient pour Batiweb sur l’actualité de Solarcentury, présent au salon des Energies Renouvelables à Paris, et sur l’actualité du marché photovoltaïque.

Solarcentury est une entreprise européenne en forte croissance sur le secteur de l’énergie solaire. Depuis sa création en 1998 par son actuel Président exécutif Jeremy Leggett, ex-Directeur scientifique de Greenpeace, Solarcentury a développé une gamme complète de produits photovoltaïques intégrés au bâti. Elle s’adresse aux toitures résidentielles (Sunstation, tuiles et ardoises C21e), comme aux bâtiments agricoles et industriels (Energy Roof) et comprend, enfin, des solutions pour les façades solaires (SolarCladding) et les toitures plates (Fast Sun). Créée en 2007, Solarcentury France se positionne aujourd’hui parmi les acteurs majeurs du marché français avec plusieurs mégawatts installés en France métropolitaine. La structure française est dirigée par Pierre-Marie Martinay, qui revient pour Batiweb sur l’actualité de Solarcentury, présent au salon des Energies Renouvelables à Paris, et sur l’actualité du marché photovoltaïque..

Batiweb : Présenté pour la première fois au Salon des Energies Renouvelables de Paris, le module M187 complète l’offre de systèmes photovoltaïques résidentiels Sunstation de Solarcentury. Quelle est sa particularité ?

Pierre-Marie Martinay
: Constitué de 72 cellules monocristallines sur isolant arrière noir et d’un cadre en aluminium thermolaqué noir (1,7 cm d’épaisseur), le M187-H38 s’adapte directement sur les toitures en pente (à partir de 15 degrés) des bâtiments résidentiels, tertiaires, industriels ou agricoles. Chaque module produit 187 Wc pour un rendement élevé de 14,7 %. Le module M187-H38 est certifié IEC 61215 et IEC 61730. C’est une version économique par rapport aux tuiles solaires par exemple, plus sophistiquées, mais plus chères. Il y a deux types de demandes chez les particuliers : il y a ceux qui veulent un produit uniquement financier. Un retour sur investissement le plus tôt possible, peu importe la technologie installée. Et il y en a d’autres, qui veulent aussi un retour sur investissement, mais que le produit installé soit aussi valorisant. Le marché est de plus en plus exigeant en terme de sophistication et en terme d’esthétisme. Le module M187 est un module plus grand qu’à l’accoutumée, donc moins cher à produire. Il est un petit peu moins intégré au niveau du look , mais cette version de panneaux photovoltaïques est économiquement plus abordable.

En 2009, la bulle spéculative est apparue sur le marché des installations photovoltaïques. Selon vous, quelles en sont les origines ?

Les origines sont assez simples. La manière dont était structuré le marché permettait à des sociétés d’investissement de construire de gros bâtiments qui n’avaient pour fonction que de recevoir un système photovoltaïque (hangars..). Ces sociétés proposaient donc un loyer aux propriétaires du terrain, un agriculteur par exemple, pour ensuite récupérer l’argent des installations solaires. Le modèle économique était si bon, avec un tarif de rachat très élevé et en même temps des prix qui avaient baissé, qu’on arrivait à une performance économique qui dépassait tout entendement. C’est pour cela que l’on parle de bulle spéculative, parce que tout le monde s’est jeté la-dedans. C’était la ruée vers l’or.

C’est pour cela que des mesures limitatives, comme les installations supérieures à 250 Kwc qui ne bénéficient plus de la prime d’intégration, ont été prises. Une bonne chose d’après-vous ?

Voyant que cela ne correspondait pas tout à fait à la philosophie des énergies renouvelables, qui est plutôt une idée de partage, il y a eu des modifications de réglementation nécessaires. On favorise aujourd’hui plutôt l’agriculteur lui-même, qu’il fasse son investissement photovoltaïque, pour qu’il obtienne des revenus grâce au bâtiment qu’il a déjà, plutôt qu’une société d’investissement, qui va construire un bâtiment qui n’a aucune fonction, qui ne valorise pas le patrimoine existant. C’est un peu mieux distribué. Cela évite que les gros investisseurs cannibalisent tout le marché.

Un projet de loi veut faire payer aux particuliers l’intégralité du coût de raccordement au réseau (contre 60% actuellement ndlr). Ce serait un coup dur pour la filière ?

Cela peut être effectivement un coût dur pour le marché. Ce que l’on espère en parallèle, c’est que ce marché devienne un marché non subventionné, qui marche par lui-même. La bonne manière de mettre en route le marché, c’est de donner des aides financières comme c’est le cas, pour qu’il y ait des installateurs, des industriels, des assureurs, des banques qui financent… Nous n’en sommes pas encore arrivés au moment ou il faut arrêter les subventions, mais il faudra bien commencer par les baisser. En parallèle avec la baisse des prix des matières premières. Il faut que ça s’équilibre, même s’il y aura des soubresauts.

Mais ce projet de loi serait difficile à avaler pour le particulier, avec des installations qui coûtent toujours chères à installer. Seriez-vous prêt à baisser vos prix pour rester abordable ?

On est dans une position difficile. Avec la chute de l’euro on est dans un marché mondial qui fonctionne sur une base « dollars ». On vient de se prendre une sacré claque et c’est un peu compliqué. En euro, on est plutôt sur une phase de prix qui grimpent. C’est lié à l’actualité. Mais les prix à la production vont baisser. On espère que d’ici 12 mois ça va baisser. Solarcentury n’est pas fabricant de cellules, nous ne sommes pas très en amont, nous ne fabriquons pas la technologie. Nous sommes dépendants des fabricants de cellules. Les prix du silicium doivent baisser pour que l’on puisse répercuter cette baisse sur nos prix. Ce qui fixent les prix sont les très gros acteurs internationaux, le prix du silicium, qui donnent le « la ».

Propos recueillis par Bruno Poulard

Redacteur

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