Les EnR : un atout majeur pour la croissance et l’emploi Eco-construction | 01.07.16

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Selon une étude de l’Ademe publiée jeudi, un développement massif des énergies électriques renouvelables en France à l’horizon 2050 devrait avoir un effet positif sur la croissance et l’emploi tout en stimulant le pouvoir d’achat des ménages. Les énergies vertes feraient ainsi gagner plus de 3 points de PIB au pays et créeraient près de 900 000 emplois supplémentaires.
« Investir pour le climat, ça vaut le coup car c’est vraiment un moteur pour notre croissance », a déclaré Bruno Léchevin, président de l’Ademe, lors de la présentation d’une nouvelle étude mesurant l’impact macroéconomique de la transition énergétique.

En effet, un développement massif des énergies électriques renouvelables en France à l’horizon 2050 « donnerait un coup de fouet à la croissance et à l’emploi tout en augmentant le revenu disponibles des ménage », estime l’Ademe.

Trois scénarios, même constat

Pour mener son étude, l’organisme public a envisagé trois scénarios dans le cadre de la transition énergétique amorcée en France sur la base d’une hypothèse de consommation énergétique divisée par deux grâce au déploiement de mesures d’efficacité énergétique.

Ces trois variantes font la part belle aux énergies renouvelables et diffèrent entre elles par la part des EnR dans le mix électrique.

Ainsi, pour la variante dite « Visions + 100% EnRE », la part EnR de la consommation finale d’électricité s’élève à 100% en 2050.

La variante dite « Visions + 100% EnRE Acceptabilité Modérée » correspond à la variante précédente avec une moindre acceptabilité de l’emprise des ENR électriques au sol. « Ainsi l’éolien offshore et les énergies marines se substituent en partie à l’éolien terrestre. La part du photovoltaïque en toiture augmente. Les coûts de production sont plus importants », détaille l’étude.

Enfin, la variante dite « Vision + 80% EnRE » requiert moins de besoin de stockage et de renforcement de réseau, « la part des ENR de la consommation d’électricité s’élevant à 80% de la demande d’électricité finale en 2050 ».

Quel que soit le scénario, les retombées macroéconomiques sont positives, note l’Ademe : « Selon la variante étudiée, la transition vers un système énergétique décarboné et la diminution de la consommation finale d'énergie pourraient conduire à un niveau de PIB de 3,6 à 3,9% supérieur à celui qui serait atteint en 2050 ».

Même chose pour le revenu disponible des ménages (net de la facture énergétique et de la charge de la dette des investissements d’efficacité énergétique) dont l’augmentation serait supérieure de 255 milliards d’euros (constants 2010) à sa valeur tendancielle, soit « 3 300 euros constants par habitant ».

L’emploi ne serait pas en reste puisque le nombre total d’emplois en 2050 serait bien supérieur au scénario tendanciel avec environ 800 000 à 900 000 emplois supplémentaires. « Cela représente une diminution du chômage comprise entre 3,6 et 3,3% de la population », selon les calculs de l’Ademe.

Les services, la construction et les transports seraient les secteurs gagnants de la transition énergétique, à l’inverse de celui de l’industrie automobile, du nucléaire et des combustibles fossiles qui « verraient leurs emplois réduits ».

Trois leviers pour accélérer la transition énergétique

Selon l'étude, la mise en œuvre de ces scénarios suppose un surcroît d'investissements de 7 à 9% en moyenne sur la période 2016-2050 d’où la nécessité « d’orienter et d’augmenter les flux de financement vers des investissements compatibles avec les objectifs de transition énergétique ».

L'Ademe recommande ainsi d'actionner trois leviers. En premier lieu, l’agence recommande la mise en place d’outils de politique publique favorisant directement le développement de projets de transition énergétique comme par exemple « l’instauration d’une taxe carbone ou d’une fiscalité forte sur l’énergie ».

L’organisme préconise également de « faciliter les modalités de financement des investissements de transition énergétique pour les particuliers » et de « réorienter les stratégies d’investissements des institutions financières et des entreprises en fonction des risques et objectifs climatiques ».

Sur ce dernier point, l’Ademe précise qu’il s’agit notamment de « faire évoluer la réglementation comptable et le cadre de reporting des acteurs financiers ». Mais si les réflexions sur le reporting carbone ainsi que sur les outils de réorientation des stratégies des institutions financières et des entreprises vers une économie bas carbone sont engagées, « elles restent encore à un stade précoce et le soutien à ces démarches reste plus que jamais nécessaire », conclut l’Ademe.

R.C
Photo de une : ©Fotolia
Redacteur

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