Des taux d'intérêt encore en hausse au mois de juin

Elle avait beau être anticipée par les professionnels du secteur, la hausse des taux d'intérêt s'est poursuivie en juin selon les données de la Banque de France. Le taux moyen accordé aux nouveaux crédits immobiliers en France a augmenté au mois de juin, selon les données publiées jeudi par la Banque de France, pour atteindre, hors assurance, 3,27 %. Il y a peu, la Fnaim tablait sur des taux s'établissant à 3,8 % courant 2026.
Vers une baisse de la demande d'emprunts ?
Il faut remonter à février 2025 pour retrouver un taux comparable. Le mouvement était alors orienté à la baisse après des sommets à plus de 4 % touchés un an auparavant. Cette hausse, amorcée au tournant de l'année 2026 et suivie d'un plateau au printemps, n'a pas découragé les candidats à l'achat immobilier : les sommes empruntées (hors renégociations) ont culminé à 13,2 milliard d'euros au mois de juin.
Hormis le mois d'octobre 2025, ce montant n'a pas été vu depuis les mois fastes de taux très bas entre mi-2018 et mi-2022. Les taux moyens de crédits immobiliers ne dépassaient alors pas 1,5 %. Mais le contexte économique a tourné et les emprunteurs pourraient se faire plus rare, avertissait le mois dernier l'Observatoire Crédit Logement/CSA, qui dispose de données liées au marché du crédit partielles, mais plus en amont que la Banque de France.
« Les indicateurs de production de crédit immobilier reculent nettement », signalait alors, dans une visioconférence de presse, le professeur d'économie Michel Mouillart, en évoquant un « retournement » après une période « d'atterrissage ». Le taux partagé par la Banque de France ne comprend pas les frais annexes, comme l'assurance emprunteur, les frais de garantie ou ceux d'un courtier, par exemple.
Environ 45 000 euros d'intérêts par tranche de 100 000 euros
Tous frais compris, le taux d'intérêt s'élevait à 3,97 % au deuxième trimestre pour les prêts de 20 ans et plus, soit environ 45 000 euros d'intérêts pour chaque tranche de 100 000 euros empruntés sur 20 ans.
« Les taux restent à des niveaux raisonnables », temporisait le 24 juillet le gouverneur de la Banque de France, Emmanuel Moulin, mettant en avant « des offres des banques qui demeurent ».
Mais depuis les établissements bancaires « ajustent (...) leur politique commerciale », écrivait mercredi Caroline Pasquereau, porte-parole du courtier Empruntis. Selon elle, « plusieurs offres préférentielles, jusqu'ici proposées par quelques établissements, ont disparu » dans les barèmes transmis pour le mois d'août.
Avec AFP
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