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Marché immobilier : la reprise cale au premier semestre

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Publié le 04 juillet 2026 à 8h30, mis à jour le 03 juillet 2026 à 18h18, par Camille Decambu

Transactions en recul et taux sous pression : les réseaux immobiliers redoutent un second semestre 2026 plus difficile.
©Virginie Kroun - Batiweb
©Virginie Kroun

Le début d’année avait laissé espérer un redémarrage progressif du marché immobilier. La stabilisation des taux de crédit, après deux années très difficiles, semblait redonner de la visibilité aux ménages comme aux professionnels du logement. Malheureusement, le conflit au Moyen-Orient et l'inflation qu'il a causée a balayé cet optimisme...

Mais le premier semestre 2026 n’a finalement pas confirmé cette embellie. Selon les données communiquées par plusieurs réseaux d’agences immobilières à l’AFP, le nombre de transactions de logements existants a reculé de 0,7 % chez Orpi, de 2,3 % chez Laforêt et de 7 % chez Foncia sur un an. De son côté, Century 21 jouit d'une certaine stabilité

La tendance s’est même durcie en fin de semestre. Foncia évoque un niveau « jamais vu » en mai-juin, avec des transactions en baisse de 15 % sur un an. Le réseau observe également une hausse de 11 % des annulations de compromis de vente, liée à des renoncements d’acquéreurs ou à des refus de financement bancaire.

Pour les professionnels du bâtiment, ce ralentissement n’est pas neutre. Chaque transaction immobilière peut déclencher des travaux de rénovation ou de réhabilitation.

Les taux de crédit et les prix du marché, points de blocage ?

 

Le crédit immobilier reste au cœur du sujet. En avril 2026, la Banque de France indiquait que le taux d’intérêt des nouveaux crédits à l’habitat, hors renégociations, atteignait 3,22 %. La production de crédits à l’habitat s’élevait alors à 12 milliards d’euros, un niveau stabilisé mais encore sensible à l’évolution des taux. Mais d'après la Fnaim, ces taux de crédit pourraient repartir à la hausse...

Ce niveau reste très éloigné de la période de taux bas qui avait soutenu le marché jusqu’en 2021. Pour les ménages, l’effet est direct : à mensualité équivalente, la capacité d’emprunt demeure plus faible. Pour les secundo-accédants, qui doivent vendre un logement pour en acheter un autre, l’arbitrage est particulièrement délicat.

Charles Marinakis, président de Century 21, estime ainsi que les primo-accédants « font le marché », tandis que les secundo-accédants restent davantage « empêchés » par les conditions de financement. Cette recomposition a des conséquences pour les entreprises du bâtiment : les projets portés par des primo-accédants sont souvent plus contraints budgétairement, avec des travaux priorisés, phasés ou reportés.  

Le ralentissement des volumes ne s’accompagne pas encore d’une correction massive des prix. Laforêt observe une baisse de 1,8 % du prix au m², tandis que Foncia et Century 21 relèvent des valeurs globalement stables sur un an.

Or « le maintien des prix et le financement restent des conditions sine qua non de la reprise réelle du marché », appuie Guillaume Martinaud, président du réseau Orpi. 

Les dernières données Notaires-Insee montraient également un marché de l’ancien encore en légère hausse au premier trimestre 2026, avec des prix en progression de 0,2 % sur trois mois en France hors Mayotte. Cette hausse était portée par l’Île-de-France, tandis que les prix restaient stables en province.

Une baisse de rotation sur le marché 

 

Le marché locatif reste marqué par une pénurie d’offre. Foncia observe une baisse de 2,5 % du taux de rotation des logements gérés et un recul de 7 % du nombre de départs de locataires sur un an

Sans compter des tensions d'offres avec l'interdiction à la location des passoires thermiques. Cependant, le projet de loi Relance logement, examiné dès le 7 juillet au Parlement, pourrait rebattre les cartes, si certaines mesures adoptées. Plus particulièrement la remise en location de 700 000 logements classés F ou G, sorti du marché d'ici 2028. En contrepartie, les propriétaires doivent s'engager à la réalisation de travaux sous les trois à cinq ans, selon le type de bien. Une disposition qui n'enchante guère la Fondation pour le logement des défavorisés

 

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Camille Decambu
Journaliste - Batiweb

Camille Decambu est un nom collectif utilisé pour les publications réalisées par la rédaction de Batiweb.
Ces articles sont produits par l’équipe éditoriale du média, composée de journalistes spécialisés dans le secteur du bâtiment et de la construction.

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