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Marché immobilier : la Fnaim redoute une hausse des taux jusqu’à 3,8 % en 2026

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Publié le 17 juin 2026 à 10h55, mis à jour le 17 juin 2026 à 12h17, par Raphaël Barrou

Remontée prochaine des taux d'intérêt, baisse des ventes de l'immobilier ancien... La Fnaim déplore déjà les conséquences de la conjoncture économique sur le marché de l'immobilier. Son président Loïc Cantin espère que le projet de loi logement, présenté cet été au Parlement, permettra de faire adopter certaines de ses revendications.
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Début 2026, la Fédération nationale de l'immobilier (Fnaim) attendait des garanties pour confirmer la reprise du marché de l'immobilier en France. Mais encore incertain de se relever d'une année 2024 très compliquée, le secteur est percuté de plein fouet par les conséquences économiques de la guerre en Iran et au Liban avec l'incertitude qui plane sur les investissements des ménages. 

La Fnaim craint une dégradation du marché immobilier

 

De 0,3 % en janvier, l'inflation est passée à 2,4 % en mai et ce n'est pas l'annonce d'un accord de paix entre l'Iran et les États-Unis qui suffit à rassurer Loïc Cantin, le président de l'organisation qui présentait un point de conjoncture mercredi 17 juin. Pour l'instant, les taux d'intérêt sont stables, avec une légère augmentation de janvier à mai (de 3,05 % à 3,25 %) venue arrêter la hausse de production de crédits, stabilisée autour des 12 milliards d'euros depuis le début de l'année. 

« La perspective est quand même dégradée puisque la Banque centrale européenne a annoncé le relèvement de son taux de base d'un quart de point, ce qui sera effectif à la fin du mois de juin », tempère monsieur Cantin. « Cela va se répercuter sur les taux de crédit qui devraient rapidement tourner autour de 3,5 %. » La Fnaim craint même que les taux finissent par atteindre les 3,7, voire 3,8 % cette année.

Des inquiétudes qui se traduisent au niveau du nombre de ventes de logements anciens sur 12 mois. Après une reprise en 2025, portant ce nombre à 952 000 en décembre 2025, la baisse a déjà commencé (941 000 en avril 2026) et la fédération anticipe un bilan final de 900 000 à 920 000 logements vendus sur 2026. 

Les difficultés d'acheter un bien immobilier se traduisent ensuite sur un taux de propriétaires en France qui a baissé de 57,8 % en 2014 à 57 % dix ans plus tard. « Nous ne sommes plus en présence d'une crise de l'immobilier, mais bien d'une crise du logement qui affecte les ménages et notamment ceux dont les ressources sont les plus modestes et particulièrement les jeunes », regrette Loïc Cantin. 

Selon les chiffres de la Banque de France, la part des classes moyennes (moins de 50 000 € de revenu annuel) dans la production des crédits immobiliers est passée de 43,4 % en 2021 à 34,8 % aujourd'hui. Au contraire, c'est la part des hauts revenus, de 50 000 € à 100 000 € par an, qui progresse le plus. Désormais, 40,4 % des crédits leur sont accordés.

La Fnaim attend beaucoup du projet de loi logement

 

Résultat : la durée moyenne des crédits immobiliers pour l'acquisition d'une résidence principale dépasse désormais les 23 ans. Et la Fnaim milite pour que la durée des crédits de 25 ans maximum ainsi que le taux d'effort maximal de 35 % soient abrogés. « On se demande pourquoi ces règles subsistent encore quand nous ne sommes pas en présence d'un marché en surchauffe », affirme Loïc Cantin, qui estime que les banques seraient de toute façon capables de continuer d'évaluer les risques qu'elles prennent en accordant des prêts. 

Devant l'instabilité politique que la Fnaim continue de critiquer, en particulier les nombreux changements de ministres du Logement, son président lance : « 2026 sera pire que 2025 en termes d'investissement locatif ». Et ce malgré la mise en place du statut du bailleur privé, « un dispositif qui demande à être amélioré » selon lui, ainsi que de la « lucidité » qu'il reconnait au Premier ministre Sébastien Lecornu, alors que doit être présenté sous peu au Parlement le projet de loi logement

Dans ses revendications figurent également la fin de l'encadrement des loyers ou le développement de la vente en l’état futur de rénovation énergétique (VEFRe). Un dispositif présenté par Loïc Cantin à Vincent Jeanbrun, lequel aurait décidé de le défendre dans ce même projet de loi logement.

Selon la Fnaim, il s'agit, pour l'ancien, du pendant de la vente en l'état futur d'achèvement (VEFA) pour le neuf. Le dispositif permet la vente de biens immobiliers à condition de la réalisation de travaux de rénovation énergétique. Ainsi, le montant du prix de vente est mentionné en deux parties sur l'acte : l'une pour le prix de l'existant et l'autre pour le prix des travaux. Ces derniers sont financés par l'acquéreur. 

 

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Raphaël Barrou
Journaliste - Batiweb

Raphaël Barrou est journaliste à la rédaction de Batiweb. Passionné par le monde du bâtiment et de l’immobilier, il s’intéresse en particulier aux actualités de travaux de rénovation et à l’avenir du secteur de la construction concernant l’utilisation de l’IA et de la robotique.

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