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Le tunnel du Lyon-Turin épinglé par le COI, la Transalpine réagit

Alors que le gouvernement français n'a toujours pas décidé des voies d'accès au tunnel du Lyon-Turin, le Conseil d’Orientation des Infrastructures (COI) doit rendre public son rapport d’actualisation des investissements de l'État dans le secteur des mobilités, dans lequel ce dernier propose trois scénarios visant à guider les choix du gouvernement sur ce sujet. Un document épinglé par la Transalpine, évoquant des propositions « pas à la hauteur » des enjeux du projet ferroviaire.
Publié le 23 janvier 2023

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Le tunnel du Lyon-Turin épinglé par le COI, la Transalpine réagit - Batiweb

Le tunnel ferroviaire pour relier les villes de Lyon et Turin, en Italie, se creuse sous les Alpes et pourrait être prêt en 2032, comme le calendrier le veut, mais les trains venus de France pourraient ne pas être en mesure de l’emprunter. C’est le risque que court la France, en retardant la décision sur le tracé définitif de l’accès au tunnel, long de 57 kilomètres. 

Le gouvernement, qui promet des précisions rapidement, espère déposer un dossier dans le courant de l'année 2023 pour obtenir des subventions en 2024 de la part de l'Union européenne. 

 

Des voix d'accès pas livrées avant 2045 ? 

 

Mais le temps commence à presser pour ce projet destiné à relier Lyon et Turin, car le déclaration d’utilité publique (DUP), conclue en 2013 n’est valide que jusqu’en 2028.

Un réel problème pour le Comité pour la Transalpine - qui réunit des collectivités et des sociétés favorables à cette liaison ferroviaire - qui épingle le nouveau rapport du Conseil d’Orientation des Infrastructures (COI), déclarant que « la réalisation des voies nouvelles impliquera donc une nouvelle procédure d’enquête publique, avec toutes les lourdeurs et aléas inhérents à un tel processus. »

En effet, la Transalpine exprime son désaccord avec le calendrier de la section française tel qu'il apparaît dans le scénario central recommandé par le COI. Ce dernier indique que la livraison des nouvelles voies d’accès depuis Lyon jusqu’au tunnel n’interviendrait pas avant 2045, soit plus de 12 ans après la mise en service de l’ouvrage sous les Alpes et de la section italienne. 

Inadmissible selon Jacques Gounon, président de la Transalpine Lyon-Turin. « Après des années d’atermoiements, cette proposition n’est clairement pas à la hauteur des enjeux d’une liaison aussi structurante pour la transition écologique et le réseau ferroviaire européen », juge-t-il. 

Le Conseil d'orientation des infrastructures donne également la priorité à la modernisation de la ligne historique Dijon-Modane et à sa pérennisation comme accès français au tunnel transfrontalier, ce qui « ne correspond ni au projet Lyon-Turin tel qu’il a été conçu, ni aux engagements pris par la France, ni aux attentes et objectifs de nos partenaires internationaux sur le programme », estime la Transapline dans un communiqué.

 

Prendre des décisions claires 

 

De plus, pour le comité, le COI omet « les objectifs capacitaires de fret sur la section italienne (25 millions de tonnes par an et 162 trains de fret par jour) qui seront près de deux fois supérieurs à ceux prétendument possibles sur la ligne Dijon-Modane, structurellement inadaptée à un axe de fret massifié de dimension européenne ».

Et au regard du nombre de poids lourds à la frontière franco-italienne, qui a encore grimpé en 2022, la Transalpine souhaite que « les décisions à venir intègrent l’ensemble des paramètres », spécificités et ambitions du Lyon-Turin, « le plus grand chantier européen d’infrastructure de mobilité bas carbone pour les marchandises et les voyageurs ».

En ce sens, « il est essentiel d’engager sans délai », comme le propose le scénario numéro 3 du COI, « les études techniques de finalisation d’une première phase du tracé déclaré d’utilité publique et urgent » il y a dix ans. 

 

Marie Gérald 

Photo de Une : Twitter - ©telt_lyonturin

Par Marie Gerald

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