Usage du numérique : quels gains pour le bâtiment ? Législation | 03.12.14

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Dans le cadre de la mission qui lui a été confiée en juin dernier, Bertrand Delcambre, ambassadeur du numérique dans le bâtiment, vient de remettre à Sylvia Pinel, ministre du Logement, son rapport sur les apports du numérique dans le secteur. Présenté ce jeudi devant le comité de suivi «Objectif relance de la construction», ce document de 50 pages définit les perspectives de gains liés à l’usage du numérique et propose des pistes pour les optimiser. Détails.
Près de 80 contributions et 130 rencontres. Tel est le bilan qu' a pu dresser, Bertrand Delcambre, ambassadeur du numérique dans le bâtiment, au jour de la remise de son rapport sur les apports du numérique dans le secteur, ce mardi, à Silvia Pinel ministre du Logement, de l’Égalité des territoires et de la Ruralité.

« Ces contributions et ces échanges montrent le degré de maturité des professionnels sur le sujet et convergent sur l’intérêt de développer la maquette numérique » a estimé celui qui s'est vu confier en mai dernier la mission de définir les perspectives de gains liés à l'usage du numérique dans le bâtiment en matière d'économies pour les travaux de construction, d'entretien, de maintenance et d'exploitation des bâtiments, mais aussi de productivités liées à une meilleure maîtrise de l’information et de création d’emploi.

Le BIM, peu utilisé dans les petites structures

Pour rappel, le BIM (« Building Information Modeling » ou « Bâtiment et Informations Modélisés » ) « s’impose comme la méthode de travail basée sur la collaboration autour d'une maquette numérique ; cette maquette s’enrichit des apports des différents intervenants sur l’ouvrage, de la conception à la construction, et de la réception à la fin de vie. Elle permet ainsi à toutes les parties prenantes de mieux représenter, anticiper et optimiser les choix, tout au long de la vie de l’ouvrage » souligne le rapport. Assimilée à un « véritable avatar virtuel attaché à l'ouvrage », la maquette numérique se révèle ainsi « un outil en passe de modifier profondément l'ensemble des processus de construction » poursuit le document.

Or, si les grandes structures l'utilisent de plus en plus, les plus petites y recourent peu, note l'ambassadeur du numérique. Pourtant « de l’avis de tous les experts, ces outils laissent entrevoir des gains potentiels très significatifs, tant en matière de productivité (réduction des délais, diminution des coûts) que d’amélioration de la qualité des projets. Ces gains sont escomptés aussi bien pour la construction neuve que pour la rénovation des bâtiments et la gestion patrimoniale sur la durée de vie de l’ouvrage », détaille le rapport.

Ainsi, à l’issue de ses contributions et échanges, Bertrand Delcambre a formulé des propositions pour guider l’action de l’État, porteur de cette stratégie nationale, dans le développement et la généralisation des outils numériques. « Son action pourrait s’organiser selon deux perspectives », explique-t-il. La première consiste à « installer un cadre de concertation et de gouvernance permanent avec les différentes parties prenantes publiques et privées » et la seconde à « mettre en place une série d'actions structurantes à forte visibilité. »

Un plan d'actions définit autour de quatre axes

L'ambassadeur du numérique énumère ensuite quatre axes principaux définis en ce sens. Ces derniers visent d'une part à convaincre et donner envie à tous les acteurs, et notamment aux maîtres d'ouvrage par le biais de concours, appels à projets, expériences et démonstrations.

D'autre part, à répondre aux besoins d'équipements et de montée en compétences numériques des acteurs, notamment des TPE/PME en encourageant et multipliant les formules de formation continue ou en ligne, promouvant les programmes d'apprentissage des outils du BIM.

Puis à développer des outils adaptés à la taille de tous les projets en prenant soin de rappeler que « nul besoin de maîtriser l'ensemble des outils, mais d'avoir des outils adaptés via des cahiers des charges appropriés, en créant des "kit BIM" pour les projets de taille modeste. »

Enfin, le quatrième axe a pour objectif d'installer la confiance dans l'écosystème du numérique français en assurant l'interopérabilité entre les logiciels et en définissant des formats de données utilisables par tous, en mettant en place un dispositif de signes de confiance adapté aux outils, aux acteurs et aux projets.

« Je tiens à saluer le travail exemplaire mené par Bertrand Delcambre, qui fait des propositions efficaces et pragmatiques afin de favoriser l’utilisation des outils numériques par les acteurs du secteur du bâtiment » a déclaré Sylvia Pinel lors de la remise du document de 50 pages. Il sera dans un premier temps présenté devant le comité de suivi « Objectif relance de la construction », ce jeudi. Un plan d’actions, issu des préconisations du rapport, sera ensuite annoncé par Sylvia Pinel afin d'assurer la transition numérique de la filière bâtiment, ainsi qu’une enveloppe dédiée.  

A. LG

Redacteur

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