Freiner les îlots de chaleur urbains avec l'outil microclimate analysis

Numérique - BIM | 06.10.21
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Ce mardi 5 octobre, la société Spacemaker présentait une nouvelle fonctionnalité complétant son logiciel. Appelé microclimate analysis, l’outil permet aux urbanistes et bureaux d’études techniques, d’anticiper, dès la conception du bâti, l'impact des variations extrêmes de température, notamment les îlots de chaleur urbains.

Société de l’éditeur Autodesk, Spacemaker vise à accompagner la conception de villes et espaces plus durables grâce à son logiciel hébergé dans le cloud. Ce dernier, s’adresse aux équipes de planification en urbanisme et aux bureaux d'études techniques. Ces derniers peuvent faire appel à l’intelligence artificielle développée dans le logiciel, dans le but d' « optimiser la valeur foncière d’une construction et la qualité de vie de ses occupants », explique Spacemaker.

Parmi les questions entourant la durabilité du bâti, la plateforme souhaite aller plus loin en termes de confort thermique extérieur.  Ce sujet « et l’environnement bâti sont les deux faces d’une même pièce, car les décisions fondamentales de forme et surface d'emprise au sol des constructions ont d’importantes conséquences sur la présence de vent et de soleil », affirme déclare Håvard Haukeland, cofondateur de Spacemaker et Senior Director d’Autodesk. « Cependant, dans la plupart des cas, le confort thermique n’est pris en compte que bien trop tard, rendant ainsi inefficaces tous les éléments essentiels de la stratégie de durabilité d’une ville ». 

Des outils sont certes créés en ce sens mais se destinent généralement aux spécialistes et non aux utilisateurs concepteurs de Spacemaker, qui doivent « gérer des problématiques de grande ampleur à l’aide d’améliorations et rénovations de moindre mesure mais souvent très coûteuses, auxquelles s’ajoutent de forts risques de retard », ajoute Håvard Haukeland. Afin de prémunir ces professionnels sur le sujet, Spacemaker a lancé ce mardi 5 octobre microclimate analysis.

Un outil pour anticiper les variations extrêmes de chaleur

Il s’agit de la première fonctionnalité aidant les professionnels de l’urbanisme et bureaux d’études techniques à évaluer, concrètement, le confort thermique des espaces extérieurs, de détecter les zones sensibles et de simuler les meilleures options pour procéder à des modifications à fort impact et faible coût. 

Le niveau de précision offert permet aux utilisateurs de modifier les centiles, afin d’observer l’effet de conditions thermiques sur un site. Ainsi, il peut générer les résultats de thermographie et cartes de fréquence de chaleur. Combinée aux autres analyses de Spacemaker, les données récoltées par microclimate analysis, guident les grandes décisions de conception, en anticipant les variations extrêmes de chaleur et leurs effets. 

D’autant que face au réchauffement climatique, les villes du monde entier sont de plus en plus exposées à la formation d’îlots de chaleur urbains. C’est le cas notamment des villes nord-européennes, dont les logements sont certes construits pour retenir la chaleur intérieure, mais pas pour se protéger de la chaleur extérieure, d’après Spacemaker.

Les villes de l’hémisphère sud du globe sont loin d’être épargnées, selon une étude scientifique publiée ce lundi 4 octobre par les universités de Californie Santa Barbara, Minnesota Twin Cities, Arizona et Columbia. « En Afrique et en Asie du Sud, où vivent déjà des centaines de millions de pauvres en milieu urbain (...) sans investissements suffisants, sans intervention humanitaire et sans soutien des gouvernements, la chaleur extrême peut limiter de manière décisive la capacité des populations pauvres à réaliser les gains économiques associés à l'urbanisation », écrivent les auteurs. 

Les intéressés signalent également derrière un impact considérable sur les modes de vie et la santé des populations. Ainsi, sur les 13 115 villes étudiées, le nombre de personnes concernées par le phénomène, multiplié par le nombre de jours d’exposition, auraient presque triplé de 40 milliards en 1983 à 119 milliards en 2016. Des chiffres qui reflètent une nouvelle fois l’urgence pour la construction de lutter contre les îlots de chaleur, que ce soit sur les bâtiments comme les infrastructures qui les entourent.

Virginie Kroun 
Photo de Une : Vidéo Spacemaker
 

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