« Adaptaville », des solutions pour adapter les villes au changement climatique Urbanisme | 18.05.21

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Les villes denses devront s'adapter au changement climatique pour faire face aux épisodes d'inondations et de canicules de plus en plus nombreux. Dans ce contexte, l'Agence parisienne du Climat lance « Adaptaville », une plateforme recensant des solutions de végétalisation, d'amélioration du confort thermique, de création d'îlots de fraîcheur, et de gestion ou de préservation des ressources en eau.

L'Agence parisienne du Climat organisait une conférence ce mardi 18 mai pour présenter sa nouvelle plateforme « Adaptaville », proposant des solutions aux collectivités et aux aménageurs du territoire pour adapter les villes denses aux impacts du changement climatique.

 

Dans ces villes bitumées, laissant peu de place à la végétation, l'impact des aléas climatiques se ressent d'autant plus. Lors des épisodes de pluies intenses, l'eau s'accumule sur des surfaces imperméables et ne peut être absorbée par la terre, accroissant le risque d'inondations et suscitant une pollution des eaux. Inversement, lors d'épisodes de canicules, des îlots de chaleur urbain se forment, faisant encore davantage monter les températures.

 

Faire face au réchauffement climatique

 

Cécile Gruber, directrice Communication et Transitions à l'Agence Parisienne du Climat, souligne que les températures ont battu ces dernières années de nouveaux records, avec près de 43 C° enregistrés en région parisienne. Selon de récentes données fournies par Météo France, ces cinq derniers étés figureraient parmi les plus chauds depuis 1930.

 

« Nous avons aussi noté en 2020 une série d'indicateurs climatiques tout à fait exceptionnels : entre juin 2019 et août 2020, pendant 15 mois consécutifs, nous avons eu des températures moyennes mensuelles qui ont toujours été supérieures aux normales saisonnières. C'est une série inédite depuis 1930 », insiste Cécile Gruber.

 

« L'accélération du réchauffement climatique est déjà là, y compris à Paris. Les résultats qui étaient attendus pour 2050 arriveront finalement dès 2030. Les + 2 C° sont déjà atteints sur le territoire parisien par rapport à l'ère pré-industrielle », ajoute de son côté Dan Lert, adjoint à la mairie de Paris, en charge de la transition écologique, du plan climat, de l'eau et de l'énergie.

 

Une « boîte à outils » avec une cinquantaine de solutions

 

Pour remédier à ces phénomènes extrêmes, qui devraient se multiplier dans les années à venir, la plateforme « Adaptaville » - développée en partenariat avec l'Ademe, la Métropole du Grand Paris et la Ville de Paris – se veut être une « boîte à outils » avec des solutions à destination des collectivités et des acteurs de la ville. Elle propose déjà une cinquantaine de solutions, qui peuvent être filtrées par aléas climatiques (canicules, inondations, sécheresse...), et par types d'actions, comme la dés-imperméabilisation, la végétalisation, la valorisation des biodéchets, l'amélioration du confort thermique, la création d'îlots de fraîcheur, ou la préservation de la ressource en eau.

 

Sur ce dernier point, Dan Lert prend l'exemple d'un projet de renaissance de la Bièvre, rivière qui prend sa source à Guyancourt, dans les Yvelines (78), et « dont la dernière partie en aval est dans Paris ». Oubliée et enfouie dans certains territoires, la rivière a récemment été redécouverte dans des communes du Val de Marne (94) comme à Arcueil. « Nous avons le projet de faire renaître cette rivière à Paris et notamment dans le 13ème arrondissement », explique l'adjoint à la mairie de Paris. L'ambition étant de renaturer, de restaurer la biodiversité et de permettre le rafraîchissement de zones urbaines denses.

 

Deux porteurs de projets étaient également présents à la conférence pour présenter leurs solutions.

 

Jean-Christophe Grimard, directeur R&D du Prieuré Végétal, a notamment présenté « Oasis », une toiture végétalisée hydro-active qui régule les eaux pluviales. Cette dernière fonctionne avec des bacs récupérant les eaux de pluie, permettant de remonter l'eau grâce à des mèches de capillarité pour irriguer la végétation, rafraîchir l'atmosphère, mais aussi l'intérieur du bâtiment sur lequel le système est posé.

 

Pascal Poncet, fondateur de Water Connect, est pour sa part revenu sur la création de kiosques ludiques rafraîchissants, fonctionnant grâce à des brumisateurs, et permettant de faire face au problème du « street pooling » (pratique interdite consistant à ouvrir les bornes à incendie l'été pour se rafraîchir).

 

« Ces kiosques proposent une solution à des personnes qui ne peuvent pas partir l'été. On leur apporte un dispositif que l'on installe en une demi-journée, à la fois interactif et ludique. Il suffit d'une simple arrivée d'eau potable, sans électricité. Ces kiosques sont installés en priorité dans des quartiers sensibles, et les dispositifs sont bien acceptés par la population puisqu'il n'y a eu aucune dégradation. Cela ne consomme pas grand chose, avec environ 7 m3 d'eau par mois pour tout un quartier contre en moyenne 12 m2 d'eau par mois utilisés par une famille francilienne de 4 personnes », explique le fondateur de Water Connect.

 

Un kiosque rafraîchissant Water Connect. Crédit : Water Connect

 

Autant d'exemples de solutions qui pourront se multiplier dans les mois à venir. L'Agence parisienne du Climat annonce notamment qu'elle lancera un appel à candidatures pour le développement de nouveaux concepts en septembre prochain.

 

Claire Lemonnier

Photo de une : Adobe Stock

 

Redacteur

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