Pourquoi végétaliser davantage les villes ?

Urbanisme | 23.09.22
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Pourquoi végétaliser davantage les villes ? - Batiweb
A mesure que le réchauffement climatique s’intensifie, les épisodes caniculaires se font de plus en plus fréquents et intenses. Les villes cherchent donc des solutions pour lutter contre la chaleur, dont les effets se font d’autant plus ressentir en milieu urbain. La végétalisation fait partie de ces solutions, que de nombreuses villes adoptent.

Les effets de la chaleur sont intensifiés en milieu urbain. En effet, le bitume, la forte densité de bâtiments et la circulation font monter la chaleur en été. Les citadins, qui représentent environ 75% de la population française, souffrent donc d’autant plus des effets du réchauffement climatique et des vagues de chaleur, de plus en plus fréquentes et intenses. Ainsi, pour s’adapter au réchauffement climatique et améliorer le confort de vie de leurs habitants, de nombreuses villes cherchent des solutions. L’une d’entre elles est la végétalisation

Qu’est-ce que la végétalisation urbaine ? 


La végétalisation urbaine consiste à augmenter la quantité de végétaux dans les villes à travers un ensemble d’opérations et pour des raisons diverses. Depuis quelques années ce processus attire de plus en plus d’agglomérations. Il s’agit souvent d’initiatives publiques. En 2020, plusieurs grandes villes à l’instar de Paris ou encore Bordeaux avaient lancé des campagnes de végétalisation afin de lutter contre la chaleur. Les villes tentent également d’impliquer leurs habitants à travers différentes initiatives comme le permis de végétalisation. Ce permis donne l’autorisation aux citadins de jardiner dans la rue, que ce soit de manière collective ou individuelle. Par ailleurs, la végétalisation peut aussi être une initiative privée, comme on peut le voir à travers les murs et toitures végétalisés présents dans certaines villes. 

 

végétaux sur des buildings

 

Quel est l’intérêt de végétaliser la ville ? 


La végétalisation des villes présente de nombreux avantages lorsqu’elle est bien gérée. En effet, ce concept est souvent présenté comme une démarche environnementale, mais elle a également des effets sur la santé des citadins et sur les villes en elles-mêmes.

 

Végétaliser pour rafraichir les villes 


Ces dernières années, le thermomètre a atteint des températures records en périodes estivales et la problématique du rafraichissement des villes s’est imposée. En effet, l’été il existe un écart de température de l’ordre de 4°C à 5°C entre les villes et les campagnes, qui peut atteindre les 10°C en période de canicule. On parle dans ce cas d’ilots de chaleur urbains. Cet écart se fait surtout ressentir la nuit car les matériaux de construction très présents en ville, comme le béton, accumulent la chaleur en journée et l’évacuent la nuit. La création de nouveaux espaces verts permet ainsi de ralentir la progression du béton. En effet, selon l’Ademe, 20 000 ha d’espaces naturels sont artificialisés chaque année en France. 

Les espaces verts contribuent également à réduire la chaleur en ville en créant de l’ombre et en augmentant l’humidité de l’air par le phénomène d’évapotranspiration. Les plantes peuvent ainsi permettre de créer de véritables ilots de fraicheur. Ainsi, en journée les arbres permettent de réduire localement la température en ville de 3°C à 5°C

 

Améliorer le confort thermique


Si les plantes permettent réduire la chaleur à l’extérieur, elles peuvent également contribuer au confort d’été à l’intérieur des bâtiments. On constate notamment une différence de plus de 10°C entre une façade ombragée et une façade ensoleillée. Les arbres en milieu urbain contribuent ainsi à réduire de 50% à 60% la consommation énergétique liée à la climatisation.

 

Préserver la biodiversité 


La végétalisation des villes contribue au développement et au maintien de la biodiversité. En effet, l’urbanisation provoque une baisse de la biodiversité. Dans le monde, les villes n’abritent par exemple que 8% des espèces natives d’oiseaux. Les zones de végétation naturelle en milieu urbain peuvent ainsi constituer un refuge pour les espèces locales ou menacées qui y retrouvent des conditions similaires à leur habitat naturel. Dans l’agglomération lyonnaise on retrouve ainsi près de 290 espèces d’abeilles, soit environ le tiers des espèces présentes en France. 

 

Végétaliser pour la santé


Outre l’environnement, la végétalisation des villes est aussi une question de santé. En effet, les plantes contribuent à réduire la présence de particules dans l’air. Selon l’Ademe, ces particules fines sont à l’origine d’environ 42 000 morts prématurées en France chaque année. La végétalisation des villes est donc également un enjeu sanitaire majeur. On estime en effet qu’un arbre adulte peut absorber jusqu’à 20 kg de particules fines normalement présentes dans l’air en un an. La végétation améliore également la circulation de l’air, ce qui aide à diluer la pollution. De plus, les plantes ont aussi un effet sur la santé mentale. Une étude a notamment démontré que la présence d’un environnement vert dans un quartier entrainait une baisse d’environ 10% des prescriptions de médicaments contre le TDAH (troubles de déficit de l’attention avec hyperactivité) aux enfants. 

 

Rendre les villes plus attractives 


Si les plantes participent au bien être des êtres humains, elles rendent également les villes plus attractives à leurs yeux. En effet, de plus en plus de français quittent les villes à la recherche de nature et d’espaces verts, un phénomène qui s’est amplifié avec la crise du covid. La végétalisation des villes permet ainsi de les rendre plus attractives. Selon l’IFOP, 85% des français considèrent en effet la proximité avec un espace vert comme un critère important au moment de choisir leur lieu d’habitation. 

 

parc urbain pour illustrer la végétalisation de la ville

 

Comment végétaliser les villes ? 


Il existe plusieurs initiatives mises en place par différentes villes pour favoriser la végétalisation. La ville de Paris s’est par exemple engagée à transformer des cours d’établissements scolaires en ilots de fraicheur. Ces établissements représentent 73 ha à l’échelle de la ville. Les végétaliser permettrait de rafraichir les quartiers alentours, mais également de favoriser la biodiversité et améliorer la qualité de vie des habitants en ouvrant ces espaces en dehors des périodes scolaires. 

La ville de New York, a quant à elle décider de végétaliser par le dessus. En effet, plusieurs toits de la ville, d’une superficie totale de plus de 22 000 m² ont été transformés en fermes urbaines. Les new yorkais peuvent ainsi s’y balader, mais également y acheter des fruits et légumes locaux. On y cultive en effet plus de 45 tonnes de produits bio par an

A Medellin en Colombie, la végétalisation s’est concentrée sur les voies urbaines. Ces axes routiers ont été transformés en véritables corridors végétaux, reliés aux différents espaces verts de la ville. La température de la ville a ainsi baissé de 2 °C et plusieurs espèces, notamment d’abeilles et d’oiseaux, y sont revenues. 

 

Quelles sont les limites de la végétalisation des villes ? 


Si le fait de végétaliser davantage les villes a de nombreux avantages, cette initiative doit être mise en place dans les bonnes conditions afin d’avoir les effets escomptés. En effet, les projets de végétalisation demandent de l’organisation, de la maintenance et un suivi particulier. Ils doivent être bien planifiés, en prenant en compte tous les aspects et pas seulement l’impact environnemental ou l’attractivité. Le choix des espèces végétales à introduire en milieu urbain doit également faire l’objet d’une réflexion poussée et nécessite une bonne connaissance des espaces naturels. Il est également important de noter que pour être efficace, la végétalisation doit être associée à d’autres mesures comme l’implantation d’étendues ou de points d’eau par exemple. Enfin, certaines espèces végétales peuvent favoriser les pics de pollution et émettent des pollens qui entrainent des allergies chez les personnes sensibles. 

 

La végétalisation des villes a donc de nombreux effets positifs, aussi bien pour l’environnement que pour la santé de la population. Toutefois, elle doit faire l’objet d’une planification et d’une réflexion quant à ses objectifs et aux espèces utilisées. 

Mariane.albrieux
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