Avec Rockcycle, Rockwool contribue pleinement au développement de l'économie circulaire Vie des sociétés | 24.09.19

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Le projet de loi anti-gaspillage pour une économie circulaire est actuellement examiné au Sénat. Parmi ses objectifs, améliorer la collecte des déchets du bâtiment et lutter contre les dépôts sauvages. En matière de recyclage des déchets, Rockwool fait figure de pionnier. Il y a 7 ans, le fabricant de solutions d’isolation en laine de roche a lancé Rockcycle. Michel Soria, Product Manager Metal Box South Europe, nous en dit plus sur le service.

Qu’est-ce que Rockcycle ?

 

« Rockcycle est un service que l’on a mis en place il y a 7 ans maintenant, principalement orienté sur les chantiers en support d’étanchéité sur bac acier dans le cadre de constructions neuves. On récupère les déchets de laine, les palettes et les plastiques ».

 

« Pour un camion commandé de produits neufs, nous facturons une solution de récupération des déchets en fin de chantier. L’offre est assez intéressante par rapport à de l’enfouissage. D’un point de vue logistique, on a une offre sur les bâtiments industriels, commerciaux et de stockage, sur tout ce qui est isolation de toiture-terrasse ».

 

©Rockwool 

 

Vous avez récemment fait évoluer le service. Pourquoi ?

 

« Ce qui nous a fait évoluer, c’est qu’on sent bien que la filière est en train de changer. On a suivi avec attention toutes les annonces faites par les pouvoirs publics sur les évolutions du recyclage et principalement de la filière bâtiment qui est génératrice d’un nombre assez conséquent de millions de tonnes de déchets. Et on a ouvert en 2019, ce service aux produits de façade, toujours dans le cadre de projets où l’on apporte une laine neuve ».

 

« Sur les chantiers de façades, nous sommes plus souvent sur des zones géographiques situées en centre urbain. La quantité récupérée est plus réduite, puisqu’on récupère 6 palettes. Mais cela permet de récupérer un volume qui équivaut à peu près à 6 m3 de déchets pour un prix unique, quel que soit l’emplacement du chantier ».

 

Avez-vous des chiffres à nous communiquer quant au volume de déchets traités depuis le début de l’année ?

 

« En 2019, on a traité 327 tonnes de laine de roche, plus de 28 000 palettes et aux alentours de la tonne de plastique recyclé ».

 

On sent bien que les industriels travaillent au développement de solutions et de process plus vertueux. Alors que le projet de loi anti-gaspillage est en discussion, sentez-vous qu’il y ait un réel dialogue entre le secteur du bâtiment et les pouvoirs publics ? 

 

« Il y a un dialogue qui a été mis en place par le biais de syndicats comme le FILMM et l’AIMCC où, effectivement, nous échangeons nos points de vue. Pour l’instant, les échanges sont encore en cours. On verra ce que ça va donner. Nous avons des besoins bien spécifiques, dans la filière des laines minérales, l’une de nos principales préoccupations est de réceptionner des produits triés, sans éléments polluants (plastiques, bitumes, plaques de plâtre, etc.) de manière à être sûr que cette collecte puisse être réintégrée dans nos process de fabrication ».

 

Quels sont les freins au recyclage des déchets du bâtiment ?

 

« Aujourd’hui, les freins à lever sont principalement des freins de coût de flux logistiques et de possibilité d’entreposage des déchets triés sur chantiers. Je pense principalement aux chantiers en centres-villes où la place disponible n’est pas très importante. Et là, même si on ressent une sensibilisation des artisans quant au recyclage, et surtout au tri des déchets, ils n’ont pas toujours l’opportunité d’avoir des bennes qui leur permettent de trier, et pas suffisamment de rotations pour faire ce genre d’opérations ».

 

Comment généraliser les bonnes pratiques ?

 

« Pour nous industriels, ce qui est vraiment important, c’est qu’on puisse récupérer des déchets triés qui nous correspondent. Rockwool, fabricant de laine minérale, ne peut récupérer, de par son process de recyclage, que de la laine de roche. Il faut que les pouvoirs publics nous aident à bien faire comprendre que chaque industriel de par sa spécificité, est en mesure d’agir de manière positive dans le recyclage, et dans le périmètre qui lui est propre ».

 

« La généralisation, elle est aussi liée à l’accumulation d’expérience ». Michel Soria nous révèle ici que Rockcycle devrait s’ouvrir dans les prochains mois à la déconstruction. « Nous voyons qu’il y a une certaine maturité du marché quant au recyclage, que nous pouvons commencer à ouvrir les segments, à comprendre comment fonctionnent les flux logistiques, la récupération des déchets pour les acheminer vers notre outil... On espère être en mesure de continuer à être proactif et d’apporter de nouveaux segments et de nouveaux services dès l’année prochaine ».

 

Chantier test en déconstruction (Meudon) - ©Rockwwol

 

« Nous souhaitons, dans le cadre d’un Rockcyle déconstruction, être en mesure de récupérer toutes les laines de roche, peu importe leur origine, qu’elle soit fabriquée par nous ou par nos concurrents, pour en faire de nouveau de la matière première vierge ».

 

La mise en place d’un Observatoire des déchets peut-il contribuer à la généralisation es bonnes pratiques ?

 

« Si cette mise en place permet d’avoir un échange, de faire passer les bons messages pour que chacun comprenne que nous essayons tous d’œuvrer dans le même sens, qu’il nous faut une adaptation à nos contraintes, je pense que ça peut être une bonne chose ».

 

Peut-on dire qu’il y a un certain engouement de la part du secteur pour le recyclage ?

 

« J’ai entamé les premiers chantiers test en déconstruction. J’ai vraiment ressenti un intérêt aussi bien au niveau des directions, qu’au niveau des conducteurs de travaux et même au niveau des artisans qui globalement aujourd’hui, trient assez aisément du moment qu’on leur donne les moyens, en termes d’emplacement et de bennes ».

 

« Il n’y a pas eu d’effort à faire pour convaincre les différents interlocuteurs. Il y a une vraie sensibilisation à tous les niveaux. Je pense qu’elle passe effectivement par une sensibilisation de la société à tous les sujets de développement durable mais aussi une sensibilisation au fait que désormais quand on ne tri pas ces déchets, le coût ne serait-ce que d’enfouissement, est parfois multiplié par deux voire par trois. Les deux phénomènes, économique et sociétal, vont dans le bon sens ».

 

Propos recueillis par Rose Colombel

 

Redacteur

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