Eolien offshore : un objectif réaliste de 15.000 MW en 2030

Vie des sociétés | 27.06.13
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Eolien offshore : un objectif réaliste de 15.000 MW en 2030 - Batiweb
Dans une feuille de route pour l’éolien en mer, la commission éolienne du SER (Syndicat des énergies renouvelables) présente un objectif réaliste de 15.000 MW à l’horizon 2030 qui permettra de créer 30.000 emplois. Elle attire l’attention des Pouvoirs publics sur l’importance de fixer un objectif ambitieux à la filière pour lui permettre d’être compétitive sur le marché international.

« Avec un total de 3.000 MW offshore programmés à ce jour, notre pays n’atteindra pas les objectifs 2020 qu’il s’était fixés », constate le SER (Syndicat des énergies renouvelables), qui publie une feuille de route pour l’éolien offshore. « Forte de la dynamique initiée par les deux premiers appels d’offres, la France est, à présent, en mesure de se projeter au-delà de 2020 ». Objectif réaliste, selon le syndicat : atteindre 15.000 MW et créer 30.000 emplois en 2030.

La Commission éolienne du SER propose cette feuille de route en se basant sur des hypothèses qui tiennent compte, à la fois du potentiel maritime exploitable, de la capacité industrielle des acteurs de la filière et de la concertation indispensable entre tous les usagers de la mer.

Constituant une première étape, l’appel d’offres lancé par le Gouvernement en juillet 2011 va permettre l’implantation de près de 2.000 MW éoliens en mer répartis sur quatre sites : Courseulles-sur-Mer, Fécamp, Saint-Brieuc, Saint-Nazaire. La mise en service des parcs est prévue entre 2017 et 2019 par les maîtres d’ouvrage des projets.

Un deuxième appel d’offres a été lancé au mois de mars 2013, portant sur deux zones, la première au large du Tréport, la seconde entre les îles d’Yeu et de Noirmoutier. La mise en service de ces parcs, pour une puissance maximale de 1.000 MW, est prévue entre 2021 et 2023.

De l'emploi pour de nombreux corps de métiers

« Deux industriels majeurs, ALSTOM et AREVA, se sont d’ores et déjà engagés à construire des usines destinées à produire et assembler en France les quelque 350 éoliennes qui seront installées le long de nos côtes dans le cadre du seul premier tour », peut-on lire dans la feuille de route du SER. Ces usines seront implantées à proximité des zones portuaires, au plus près des futurs parcs, comme celles de Saint-Nazaire, du Havre et de Cherbourg.

L’approvisionnement des grands centres de production nécessite la mobilisation de nombreux savoir-faire et compétences industriels, depuis la conception des éléments mécaniques et électroniques en amont, jusqu’à l’assemblage et l’installation en mer des structures. L’industrie éolienne en mer fait ainsi appel à de nombreux corps de métiers, précise le SER.

Une concurrence forte au niveau international

L’EWEA (Association européenne de l’énergie éolienne) estime que l’énergie éolienne en mer assurera près de 15% de la consommation d’électricité de l’Europe en 2030. Elle prévoit ainsi 40.000 MW de capacités installées en 2020, et près de 150.000 MW en 2030.

Mais l’Europe n’est pas seule dans cette course. Ainsi, les premiers parcs se dressent sur les côtes des Etats-Unis et la Chine n’est pas en reste. La concurrence s’annonce forte. « Les projets déjà lancés placent la France en position pour figurer parmi les grands pays de l’éolien en mer », estime le SER.

La programmation pluriannuelle des investissements fixe à la filière éolienne un objectif de 6.000 MW en mer en 2020. « Cet objectif constitue un engagement de la France au niveau européen », rappelle le SER.

L.P


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Redacteur
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