L'Association française des industries des produits de construction dévoile ses prévisions pour 2018 Vie des sociétés | 24.01.18

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Après la Fédération française du bâtiment (FFB) et la Confédération de l'artisanat et des petites entreprises du bâtiment (Capeb), c'était aujourd'hui au tour de l'Association française des industries des produits de construction (AIMCC) de dresser le bilan de l'année écoulée et de présenter les perspectives pour celles à venir. 2017 s'inscrivant sous le signe du dynamisme, Hervé de Maistre, président de l'organisme, n'a eu de cesse de répéter son optimisme quant aux prévisions pour 2018, qui devrait suivre la tendance.
C'est une « très bonne » année que viennent de connaître les 7 000 entreprises adhérentes de l'Association française des industries des produits de construction (AIMCC), dont le président Hervé de Maistre avait réuni les principaux représentants ce 24 janvier.

La reprise du secteur, qui avait connu ses prémisses en 2016, s'est véritablement confirmée au cours des douze derniers mois, comme en témoignent les différents indicateurs relevés par l'Association.

« La majorité des industriels ont amélioré leurs volumes de +4 à +6% et pour plus de 10% des industriels interrogés, leur volume d'activité a même cru au-delà. En revanche, l'activité a évolué entre +1 à +3% pour près d'un tiers des professionnels de l'AIMCC », détaille l'organisme.

Ce dernier n'a d'ailleurs pas manqué de rappeler le contexte particulièrement favorable qu'ont connu les professionnels du BTP l'année dernière, entre taux d'intérêt attractifs, environnement institutionnel porteur (PTZ, Pinel et CITE, pour ne citer qu'eux) et forte hausse des mises en chantier et demandes de permis.

Une reprise durable en 2018 ?

Pour autant, si l'optimisme est de mise, Hervé de Maistre préfère se montrer prudent. Certes, « l'année 2018 devrait être, de l'avis des industriels, encore très bonne », mais le président de l'AIMCC redoute « un certain nombre de petits points d'interrogation et de points de vigilance pour évaluer ce que pourrait être la dynamique à partir de 2019 ».

Néanmoins, l'organisme mise aujourd'hui sur une confirmation de la tendance observée ces dernières années, permettant peut-être aux entreprises du secteur de retrouver des niveaux d'activité proches de ceux enregistrés avant la crise, en 2008.

« La majeure partie des industriels envisage une croissance de +4 à +6%. Pour 10% d'entre eux, leur volume d'activité dépasserait même +6%. En revanche, près d'un tiers des organisations adhérentes de l'AIMCC, s'attendent à une croissance comprise entre +1 et +3% », note l'association.

Un impact direct sur l'emploi

Le remplissage des carnets de commandes des professionnels du gros œuvre et du second œuvre laisse également apparaître de belles perspectives sur le marché de l'emploi, avec un dirigeant sur cinq qui envisage d'embaucher en 2018. Pour les quatre restants, c'est la stabilité des effectifs qui prime.

L'AIMCC note par ailleurs que deux professions se distinguent dans les recrutements. D'un côté, les profils digitaux, qui prennent de plus en plus d'importance et témoignent de la transformation du secteur ; de l'autre, les chauffeurs, qui semblent se faire de plus en plus rares sur le banc des candidats à l'emploi, créant un véritable casse-tête pour les entreprises qui ont du mal à assurer leurs livraisons.

Des points de vigilance à ne pas négliger

Le manque de livreurs n'est d'ailleurs pas le seul point inquiétant de l'AIMCC, qui a tenu à mettre en garde contre plusieurs facteurs pouvant avoir un impact sur l'activité de la construction en 2018 et dans les années à venir. La disparition ou la réduction de certains dispositifs d'aide (Pinel, PTZ, APL) pourraient notamment conduire à un ralentissement des ventes de maisons et de logements collectifs.

L'organisme craint également que les récentes décisions prises autour du logement social ne mènent à un « gel des projets » liés à cette thématique, et ce malgré des besoins en logements salubres et respectueux de l'environnement qui vont grandissant. Enfin, la poursuite de l'augmentation du prix des matières est un autre point de vigilance de l'AIMCC, qui a déjà adressé une liste de conditions nécessaires à la mise en place d'une reprise sur le long terme.

Cinq conditions pour assurer une reprise durable

1. Le retour des marges pour les entreprises du secteur
2. La maîtrise des coûts des matières premières et de l'énergie
3. La stabilité réglementaire, juridique et fiscale
4. Une solution à la pénurie des transporteurs
5. La mise en place de parcours de formations professionnelles adaptés
 

Fabien Carré
Photo de Une : ©FC
Redacteur

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