Reprise : les entreprises de travaux publics loin d’avoir une activité normale Vie des sociétés | 05.06.20

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Reprise : les entreprises de travaux publics loin d’avoir une activité normale Batiweb
Les entreprises du BTP reprennent peu à peu le travail, même si les conditions de reprise ne sont pas optimales. Du côté des travaux publics, la quasi-totalité des entreprises a repris, mais elles estiment qu’elles mettront du temps à retrouver une activité normale, d’autant plus avec les difficultés liées aux matériels, aux EPI, à l’organisation, et aux « donneurs d’ordre ».

Alors que le déconfinement a débuté le 11 mai dernier, la FNTP (Fédération Nationale des Travaux Publics) s’est enquis de la situation des entreprises de travaux publics. Aujourd’hui les entreprises ont majoritairement repris, seules 1 % restent inactives quand 17 % n’étaient pas du tout en activité à la fin du mois d’avril. Pourtant, même si la majorité des salariés est au travail, l’activité est loin d’être au beau fixe. 

 

Il pourrait se passer plusieurs mois avant que le secteur ne retrouve une activité « normale » comme l’explique la FNTP. En effet « il manque quasiment 1/3 d’activité par rapport à mai 2019 », le chiffre d’affaires du mois de mai 2020 ne représente que 68 % de celui enregistré un an auparavant. Les entreprises estiment la chute de leurs revenus à 20 %. Les entreprises de travaux publics misent toutefois sur la saison estivale, généralement porteuse pour les travaux de réaménagement. Elles anticipent donc « une montée en puissance (…) mais à un niveau très en-deçà des prévisions antérieures à la crise ». Concrètement, elles s’attendent à retrouver 80 % de leur activité normale à la fin juin, 88 % à la fin du mois de juillet, et 89 % au mois d’août. Pour le restant de l’année, « seules la moitié des entreprises considèrent qu’elles pourront retrouver leur niveau d’activité »

 

Des difficultés et des révisions de priorité

 

La reprise des chantiers n'est pas chose aisée. Les entreprises de travaux publics cumulent, comme les autres entreprises du bâtiment, des difficultés liées au surcoûts des mesures sanitaires, à l'approvisionnement en masques, mais aussi au manque de matériels, de matériaux, et de personnel. Mais ces difficultés sont désormais « secondaires ». Le principal frein de la reprise d’activité étant « les difficultés liées aux donneurs d’ordre (…) Près de 50 % des entreprises jugent les difficultés avec les donneurs d’ordre comme importantes, voire très importantes ». D’un autre côté, certains freins rencontrés par le secteur semblent se lever, comme par exemple « la baisse de la productivité des salariés » et les soucis de trésorerie. Ces problèmes restent toutefois parmi les priorités du secteur. Les délais de paiement et la hausse des coûts de production sont des sujets primordiaux pour près de 40 % des entreprises. 

 

Pourtant, l’inquiétude la plus forte des groupes de travaux publics porte sur la faiblesse des appels d’offres, nombreuses sont les entreprises qui s’en préoccupent (75 %). Evidemment la crise du coronavirus a fait survenir d’autres problèmes, notamment celui de l’emploi. Les entreprises en difficultés financières n’ont plus le coeur à recruter. 20 % pensent diminuer leurs effectifs permanent alors qu’en janvier, elles prenaient leurs bonnes résolutions avec des intentions d’embauche positives. Pour les intérimaires, la situation pourrait davantage se dégrader. Selon une autre étude, ils étaient les plus touchés par les mesures de chômage de partiel, mais ils pourraient se retrouver sans emploi alors même qu’ils représentent environ 15 % des effectifs des sociétés. Face à la crise économique qui s’annonce, « 56 % des entreprises envisagent de moins y recourir, voire plus du tout (11 %) »

 

De plus, 37 % des entreprises veulent diminuer leurs effectifs d’apprentis, et 15 % n’en prendront plus. Ces mesures draconiennes engendreront des répercussions importantes sur le long terme. Le bâtiment étant l'un des secteurs attirant le moins de jeunes recrues (notamment liées aux tâches physiques et en extérieur), diminuer le nombre d’apprentis n'aidera pas à inciter les nouvelles générations à se lancer dans les métiers du BTP

 

Avec le soutien financier du gouvernement - s'il peut aider simultanément les secteurs les plus durement touchés par la crise - les entreprises de travaux publics pourront toutefois peut-être remettre les compteurs à zéro début 2021. 

 

J.B 

Photo de une ©Adobe Stock 

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