Une filiale de Vinci Construction manifeste contre un plan de départs volontaires Vie des sociétés | 29.07.20

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Derrière la crise sanitaire se terre une autre crise : une crise économique semblable, voire pire, que celle de 2008, selon les dires du ministre de l’Economie Bruno Le Maire. Les impacts financiers du confinement obligent certaines entreprises à mettre la clé sous la porte, à licencier, ou à baisser les salaires. Face à l'annonce d'un plan de départs volontaires, plusieurs salariés de Travaux du Midi, une filiale du groupe Vinci Construction, ont décidé de bloquer un chantier pour faire entendre leur inquiétude et leurs revendications.

La crise liée au coronavirus et les impacts économiques du confinement n’ont épargné personne, ni les artisans, ni même les mastodontes de la construction. Hier à Nice, une centaine de salariés de l’entreprise Travaux du Midi, filiale du groupe Vinci Construction, manifestaient contre les premières mesures économiques du groupe en bloquant le chantier d’un futur magasin Ikea. Les employés présents sur place protestent contre un plan de départs volontaires. « Le chantier, qui emploie avec les intérimaires environ 200 personnes, a été totalement arrêté, personne n’est rentré », précise à l’AFP Raphaël Cafieri, délégué du personnel de Travaux du Midi Provence. 

 

Vinci Construction justifie pourtant ce plan de départs volontaires. Les entreprises Travaux du Midi connaîtraient en effet une « dégradation continue de leurs activités » depuis 2016, qui s’aggrave désormais avec la crise sanitaire selon le groupe. Depuis 2016, le chiffre d’affaires de Travaux du Midi aurait ainsi été « divisé par quatre ». Le groupe Vinci entend donc limiter les dégâts de la crise économique sur ses finances avec ce plan de départs volontaires : « Nos prévisions à court et moyen termes ne nous permettent pas de fournir une activité à toutes nos équipes de production malgré les prêts de main d'oeuvre mis en place en continu depuis trois ans au sein d'autres entités du groupe ». Le groupe Vinci évoque « un plan de réajustement des effectifs » de sa filiale avec la réduction de 169 postes de compagnons et de 15 chefs de chantier, « sur 524 salariés au total ». Le groupe, major du BTP français n’est en effet pas épargné par la crise : « Le contexte actuel sanitaire a entraîné le report ou la remise en question d’un grand nombre d’opérations dont certaines significatives. 80 salariés ont dû être placés en activité partielle au sortir de la crise sanitaire ». 

 

Mais Raphaël Cafieri craint le pire. Selon lui, sur les 360 salariés de production employés par la filiale, 180 sont concernés par ce plan de départs volontaires. Le délégué du personnel émet quelques doutes sur l’intention du groupe Vinci : « Nous craignons que cette réduction d’effectifs ne soit qu’un prétexte pour nous remplacer par des emplois en CDD ». Les salariés appelaient à un nouveau mouvement de blocage ce mercredi 29 juillet sur ce même chantier. « Notre directeur s’est déplacé et il a rencontré une délégation du personnel, et nous lui avons redit que le plan social, on n’en veut pas, les licenciements, on est contre », explique M. Cafieri. 

 

Le groupe Vinci nous confirme de son côté l’existence d’un plan d’accompagnement pour les salariés : « La priorité est donnée aux départs volontaires et à la concertation. Soucieux d’aider et d’accompagner ses collaborateurs, le groupe met tout en œuvre pour proposer aux collaborateurs concernés un reclassement interne ou externe avec l’appui de sa structure spécialisée Vinci insertion Emploi (ViE) et d’un cabinet de reclassement local. Toutes les mesures financières d’accompagnement seront bien entendu discutées et négociées avec l’ensemble des partenaires sociaux », nous précise le groupe.

 

D’autres majors du BTP impactés par la crise suivront-ils la démarche engagée par le groupe Vinci, ou attendront-ils quelques mois de plus avant de décider de l’avenir de leurs salariés ?

 

J.B

Photo de une : ©Adobe Stock 

Redacteur

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