Cimentiers : une croisade pour protéger les hommes

Vie pratique | 09.04.03
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Cimentiers : une croisade pour protéger les hommes  - Batiweb
La Charte de la protection des hommes contre les dangers du ciment signée par les grandes fédérations du BTP invite, depuis le 30 janvier, les professionnels à mieux se protéger
C’est un vrai problème auquel viennent de s’attaquer les professionnels du bâtiment et plus particulièrement les cimentiers. Ce n’est donc pas un hasard si nous trouvons au bas de la Charte, signée le 30 janvier dernier, les noms de la FFB, La CAPEB UNA maçonnerie-carrelage et le Syndicat français de l’industrie Cimentière (SFIC). Du ciment des années 50 à celui d’aujourd’hui, il y a un monde, voire un univers, tant ce matériau, incontournable, n’a cessé d’évoluer. Aujourd’hui, il n’est pas faux de dire que les ciments utilisés sont issus de la haute technologie des industries chimiques. C’est dire aussi si leur spectre de « dangerosité » ne cesse de grandir. Revers de la médaille, c’est aussi en cela que le ciment est un des matériaux de construction les plus fascinants puisqu’il s’adapte à chaque type de construction. Du pavillon de banlieue au viaduc de Millau, il y a autant de ciments que les couleurs de l’arc-en-ciel. Eu égard au nombre d’adjuvants chimiques utilisés pour fournir à la demande des bétons sur mesure, on imagine sans peine que le danger est grand pour ses utilisateurs réguliers. Si aucune précaution n’était prise, les maçons seraient vite les champions toutes catégories des maladies professionnelles. Outre leur santé, le budget de la Sécurité sociale risquerait à son tour d’exploser et les pensions pour maladie du travail se multiplieraient, alourdissant d’autant les charges des entreprises concernées.

Intérêt commun
D’où l’élaboration de cette Charte de protection contre les dangers du ciment à laquelle les professionnels ne manqueront pas de d’adhérer dans leur propre intérêt. Sont donc visés en priorité dans ce document les mains et les pieds qui sont les plus propices à un contact direct - et principales sources d’allergies, de brûlures voire d’empoisonnements. C’est la raison pour laquelle, ce protocole souligne bien l’action qui sera menée pour la réalisation d’expérimentations qui, sur le terrain, permettront la mise au point des gants les plus adaptés aux diverses activités de la maçonnerie. Le passage du sac de ciment de 50 kg à 35 kg dans le but d’éviter les lombalgies à déjà dans ce registre démontré l’intérêt de ce type de démarche fédérative. Au programme est aussi prévue la réalisation d’une enquête plus large afin de définir les attentes des professionnels sur les équipements de protection individuelles et sur la tenue idéale du maçon. Il est également envisagé de renforcer les relations avec les organismes de santé comme l’OPPBTP, la Cnam, et l’INRS afin de les rendre plus efficaces dans des actions de grandes envergures. En toile de fond, les professionnels du bâtiment et les cimentiers font également part de leurs préoccupations en matière environnementale et de développement durable. Dont acte.
Redacteur