Présidence de la FFB : « la formation est une priorité » pour Jacques Blanchet
Publié le 27 février 2026 à 14h10, mis à jour le 27 février 2026 à 17h45, par Nils Buchsbaum

À l’occasion de l’élection à la présidence de la Fédération Française du Bâtiment (FFB) pour un mandat de trois ans, prévue le 20 mars , Batiweb a interrogé les trois candidats afin de présenter leur parcours et leurs orientations pour le secteur.
Premier échange avec Jacques Blanchet, 59 ans, président-directeur général du groupe Blanchet, spécialisé dans la charpente métallique, la métallerie, la menuiserie aluminium et acier. Il livre sa vision pour le secteur et les défis à venir, à quelques semaines de l’élection.
Votre parcours est marqué par une longue histoire familiale dans l'industrie. Pouvez-vous nous présenter votre entreprise et son évolution ?
Mon entreprise, située à Montbrison dans la Loire, a été fondée par mon grand-père en 1941, puis développée par mon père à partir de 1973. Je l'ai reprise en 2002 avec mes associés. C'est aujourd'hui une entreprise qui emploie 140 personnes, avec un chiffre d'affaires de 29 millions d'euros en 2025.
Nous avons cinq métiers : charpente métallique, métallerie, menuiserie aluminium, menuiserie acier et tôlerie industrielle. Nous sommes spécialisés dans les ouvrages techniques et complexes, avec un bureau d'études conséquent. Notre activité se concentre sur le bâtiment privé (60 %) et public (40 %), principalement en Auvergne-Rhône-Alpes. La quatrième génération est en train d'arriver, avec mes trois enfants qui ont décidé de reprendre l'ensemble des sociétés du groupe.
Au-delà de votre entreprise, vous avez un engagement de longue date au sein de la FFB et aussi une expérience en politique régionale. Comment ces expériences ont-elles façonné votre vision pour le bâtiment ?
Mon engagement à la FFB a commencé très tôt, dès 1999 au Club des Jeunes. J'ai gravi les échelons, étant en charge de la formation, puis président départemental et ensuite régional d'Auvergne-Rhône-Alpes.
En 2015, j'ai fait le choix de démissionner de mes mandats professionnels pour m'engager en politique, devenant conseiller spécial du président de région, Laurent Wauquiez, en charge de la formation professionnelle et de l'économie pendant sept ans.
Ce qui m'a plu, c'est de dire et de faire : créer une agence économique avec le président, créer une agence de l'orientation, développer des sujets de formation pour les entreprises, d'abord pour les salariés, puis pour les entreprises.
J'ai été rappelé à la FFB en 2020 par Olivier Salleron pour devenir trésorier de la fédération, puis vice-président de ma région en charge de la formation professionnelle et de l'apprentissage en 2022, et j'ai été reconduit au comité exécutif en 2023. Toutes ces expériences m'ont offert une vision complète des rouages économiques, sociaux et politiques.
Qu'est-ce qui vous a motivé à vous présenter à la présidence de la FFB, et quelles sont vos grandes lignes directrices pour ce mandat ?
La dissolution de l'Assemblée nationale en 2024, et ses conséquences économiques directes sur nos entreprises, a été un déclencheur. J'ai aussi le soutien de ma famille et de mes associés, mes enfants étant en phase de reprise de l'entreprise. Depuis novembre, j’ai sillonné la France pour rencontrer les acteurs de la FFB, les présidents départementaux, les présidents de région, les président d’union de métiers. J'ai fait plus de 20 000 kilomètres en voiture et 5 000 en train.
Les priorités sont claires : la relance de l'activité, recruter et former, développer les métiers, parce que c'est la ressource de nos entreprises. Il y a aussi l'influence que la Fédération doit avoir sur l'écosystème politique. Il est important d'acculturer les décideurs à nos métiers.
Mon dernier déplacement sera le 5 mars. Donc ma profession de foi et mon programme seront publiés le 6 mars pour la simple et bonne raison que tout au long du parcours, il y a des lignes qui ont changé, qui ont évolué pour arriver à une synthèse. Moi, je ne suis pas déclaré candidat pour faire un programme avec des promesses mais pour animer des projets.
Quelles sont vos propositions pour l'emploi et la formation ?
Ce sont des défis complexes. Dans notre pays, la natalité baisse, nous allons manquer de main d'œuvre. En plus, la relation au travail est différente pour les nouvelles générations, c’est un paramètre qu'il faut intégrer. Aujourd’hui une vingtaine de nos métiers sont en tension. Ce qui fait que tous les métiers sont en compétition pour recruter et former.
Nous avons a un levier qu'il va falloir utiliser, c’est le réservoir chez France Travail. En Auvergne-Rhône-Alpes, nous avions mis en place des pactes régionaux pour l'emploi : les entreprises s'engageaient à embaucher des demandeurs d'emploi après une formation financée par la région. C'est un modèle à développer.
Autre point : financer la formation en période de faible activité. L'apprentissage est souvent boosté en période de croissance, mais il faudrait aussi le soutenir quand l'activité ralentit. Cela permettrait de former nos apprentis et d'avoir les compétences nécessaires lorsque l'activité repartira.
Le secteur est confronté à un défi majeur en matière de production de logements et de rénovation énergétique. Comment proposez-vous de relancer l'activité ?
Pour y parvenir, il faut desserrer les freins réglementaires, notamment réduire les normes françaises qui sont souvent des surenchères aux normes européennes.
Concernant la rénovation énergétique, si les aides actuelles sont indispensables pour les plus fragiles de nos concitoyens, nous devons trouver des relais de croissance pérennes. Pourquoi ne pas mobiliser une partie de l'épargne des Français ? La rénovation énergétique doit être abordable pour le plus grand nombre. J'ai personnellement rénové ma maison en passif, j'y crois fermement, mais l'équation entre les convictions écologiques et les moyens de se les payer doit être juste.
Comment la FFB doit-elle intéragir avec les pouvoirs publics, surtout dans le contexte politique actuel et les échéances électorales à venir ?
La vocation d'un président de la FFB, est d'accompagner l'organisation, quel que soit le contexte politique. Et c'est ça qui est intéressant, parce que je pense qu'aujourd'hui, plus que des combats d'arrière-garde, il faut mener surtout une acculturation. Nous devons expliquer à tous les acteurs politiques, de toutes sensibilités, nos métiers, nos combats, et le rôle vital du bâtiment pour le pays.
Nous ferons des propositions concrètes et rencontrerons un par un tous les candidats aux prochaines élections. Nous ne ferons jamais de politique partisane, mais nous exposerons nos projets. Il est également essentiel d'intensifier notre présence et notre lobbying auprès des institutions européennes, car de nombreuses décisions impactantes y sont prises.
Les trois candidats à la présidence de la FFB sont des entrepreneurs avec des expériences solides et membres du comité exécutif de la FFB. Qu'est-ce qui, selon vous, vous distingue des autres ?
Ce qui nous différencie réside dans notre caractère, notre tempérament, nos convictions et nos parcours respectifs. Mon parcours est unique par mon incursion significative en politique régionale, au service de l'intérêt général, pendant sept ans.
Cela m'a permis de comprendre ce qu'il y a dans le moteur des décisions publiques et de travailler avec toutes les sensibilités politiques. J'ai mis en œuvre des projets concrets. Ce n'est ni mieux ni moins bien que les autres, mais une expérience différente, peut-être plus aguerrie sur le lien avec le politique.
Je pense que, dans la période difficile que nous traversons, il faut du courage et de la volonté, des qualités que j'ai constamment cherché à démontrer dans mon parcours, que ce soit pour mon entreprise, ma famille, ou l'intérêt général.
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