Le confort thermique en tête des préoccupations des Français

Vie pratique | 07.10.14
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Alors que la loi sur la transition énergétique est actuellement en débat à l'Assemblée nationale, l'association Promotelec révèle que 26 % des Français souhaitent rénover leur logement pour l'adapter à leur mode de vie, en améliorant notamment son confort thermique. Mais la question de l'accessibilité et du maintien à domicile des personnes sont également au coeur de leurs préoccupations. Explications.

Depuis quelques années, le logement cristallise tous les débats publics, de la performance énergétique à l'accessibilité et le maintien à domicile des personnes âgées jusqu'aux questions de sécurité et de qualité de l'air intérieur. Lors des 4ème Assises Electricité & Habitat, l'association Promotelec a souhaité faire le point sur les habitats, les habitants et leurs modes de vie.

Réalisée par le Crédoc, cette enquête annuelle part du constat que 58 % des propriétaires occupent leur logement en France et que 56 % d'entre eux résident dans un logement antérieur à 1975. On comprend alors aisément pourquoi la part des propriétaires qui souhaitent transformer leur habitation a augmenté de 8 points : ils étaient 18 % en 2013 contre 26 % en 2014.

En effet, le confort thermique est devenu entre temps le premier critère de confort pour 31 % des Français (chauffage : 22 % et isolation : 9 %) alors que ce qui comptait le plus, avant, était la surface d'habitation.

Cette évolution est liée à la prise de conscience des dépenses liées au chauffage et au débat social sur la transition énergétique. De plus en plus sensibles au fait d’utiliser des équipements économes et performants, les propriétaires définissent le chauffage comme premier élément de confort.

« Le marché de la rénovation devrait ainsi bénéficier de cette intention des Français d'améliorer leur logement plutôt que d'en changer », souligne l'étude. Cette tendance devrait même s'accentuer avec les diverses aides financières proposées par le gouvernement dans le Plan de relance du marché du logement (ex : crédit d’impôt pour la transition énergétique de 30%) et le projet de loi sur l’adaptation de la société au vieillissement.

Si l'on s'intéresse à l'échelle de la région, les Franciliens sont deux fois plus nombreux que dans les autres régions à vouloir déménager et à penser que leur logement aurait besoin d’être rénové. Ce sont également les plus insatisfaits de leur système de chauffage, de leur surface habitable et de leur voisinage.

Les français mitigés sur les économies d'énergie

Si le confort thermique prend une place de plus en plus importante dans la vie des Français, les économies d'énergie sont en revanche le cadet de leur soucis. Plus d'un Français sur deux n'est pas disposé à faire des efforts, 27 % jugement qu'ils doivent réduire un peu leur consommation d'énergie, 21 % estiment qu'ils ne doivent la réduire qu'à certains moments, quand il y a des pointes de consommation. Moins de la moitié des Français est convaincue de la nécessité de réduire les consommations d'énergie de manière importante.

« Malgré une actualité forte sur la transition énergétique, ces résultats indiquent que la diminution de la consommation d‘énergie n’est pas une volonté partagée par tous. En effet, aujourd’hui les particuliers propriétaires sont prêts à faire des efforts pour faire des économies d’énergie, sans pour autant révolutionner leurs modes de vie et leurs comportements », alors même qu'une autre étude du Centre national de recherches météorologiques indique que le comportement compterait plus que le choix du bâti dans les économies d'énergie/

Ainsi, 72% des français réduisent déjà leur température de chauffage et 62% la durée, alors que seulement 53% seraient prêts à réduire leur température parmi ceux qui ne le font pas déjà.

On observe par ailleurs qu’une minorité limite la consommation d’eau chaude sanitaire et l’usage des appareils ménagers : faute de savoir évaluer ces consommations, seulement 45% réduisent le nombre de douches ou de bains et 47% la fréquence d’usage du lave-linge. Médaille d'or pour les Franciliens qui sont plus nombreux que dans les autres régions à faire des économies d'énergie.

La domotique pour le maintien à domicile

Pourtant, la domotique pourrait les aider dans cette démarche d'économie d'énergie mais les Français y voit davantage un moyen de favoriser le maintien à domicile (55 % contre 31 % pour réaliser des économies d'énergie).

« 36% investiraient pour prévenir des accidents domestiques (fuite d’eau, de gaz, chutes, incendies…) et 33% pour être informés et alertés d’incidents lors d’absences du domicile », note le rapport qui rappelle qu'en 2014, le marché de la domotique touche 20% des propriétaires occupants.

Pour la majorité des Franciliens, leurs logements ne sont pas adaptés à des personnes dépendantes. Les propriétaires de la région Sud-Est sont les plus nombreux à avoir investi dans la domotique (sécurité et maintien à domicile). Ceux du Sud-Ouest sont les moins nombreux.

L'attractivité des écoquartiers

En un an, on observe une meilleure connaissance des écoquartiers par les Français (30% déclarent en connaître dans leur ville ou près de chez eux) et une nette diminution du nombre de réfractaires à s’y installer : la part des Français qui trouvent attractifs les écoquartiers a progressé de 11 points et s’élève à 42% en 2014 contre 31% en 2013.

Les économies d’énergie, l’offre pour la mobilité, le verdissement sont les critères les plus incitatifs pour y emménager. En 2014, il reste toutefois 54% de réfractaires à ces nouvelles zones urbaines.

Les propriétaires situés dans l’Ouest sont les plus concernés par les caractéristiques écologiques de l’habitat mais ce sont les moins attirés par les écoquartiers. Les Franciliens sont les plus nombreux à les trouver attractifs.

En conclusion, les secteurs de la rénovation et de la construction vont devoir travailler sur des enjeux auxquels les Français sont de plus en plus sensibles : vieillissement de la population, consommation d'énergie, sécurité etc. 

Méthodologie du baromètre

Enquête conduite dans la première quinzaine de juillet 2014 sur un échantillon représentatif de 1045 ménages de propriétaires occupants métropolitains comportant : des ménages de maisons individuelles et de logement collectifs construits avant 1975 ou après 1974, et un sous échantillon de ménages de maisons BBC.

Méthode des quotas selon localisation, âge de la personne de référence, niveau de revenu, niveau de diplôme.

L’enquête a été réalisée par téléphone, avec une durée moyenne de passation du questionnaire de l’ordre de 20 mn. Le questionnement s’appuie sur une grille de lecture des modes et styles de vie des ménages, permettant de construire des typologies explicatives.


C.T
© Fotolia

Redacteur
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