Économie circulaire : les architectes d’Europe appellent à l’action Architecture | 16.06.19

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A l’occasion du 3e Forum Mondial de l’Économie circulaire organisé, les 4 et 5 juin 2019, à Helsinki (Finlande), le Conseil des Architectes d’Europe (CAE) a rappelé combien il était urgent de revoir la façon de concevoir les bâtiments pour optimiser la valeur des ressources et générer le moins possible de déchets. L’architecture « a un rôle à jouer en la matière », estime-t-il. Explications.

Né le 11 mai 1990 de la fusion du Comité de Liaison des Architectes de l’Europe Unie (CLEAU) et du Conseil Européen des Architectes (CEA), le Conseil des Architectes d’Europe représente les intérêts de plus de 600 000 architectes venant de 31 pays d’Europe.

 

 

Il vise plusieurs objectifs parmi lesquels « promouvoir la qualité dans la pratiques de l’architecture » et « encourager le développement durable du cadre de vie bâti ». C’est en sens que le CAE s’est engagé en faveur de l’économie circulaire.

 

 

En mai dernier, lors du Forum Mondial de l’Économie circulaire, le Conseil est revenu sur l’importance de construire différemment et de « développer des modèles économiques plus durables et régénératifs, permettant aux ressources de rester dans le système économique aussi longtemps que possible et en évitant la production de déchets ».

 

Il soutient que « l’architecture a un rôle crucial à jouer en la matière ». Pour ce faire, il préconise aux parties prenantes d’un projet de s’appuyer sur la phase de conception pour « discuter des défis de l’économie circulaire » et pour « s’entendre sur les meilleures stratégies pour créer le maximum de valeur possible en utilisant moins de ressources ». Les bâtiments doivent pouvoir être « exploités, entretenus, réparés, réutilisés ou adaptés à de nouveaux besoins (…) ».

 

 

Comment favoriser la circularité ?

 

 

En premier lieu, il s’agit de « maintenir et réutiliser » et de « préserver les ressources par une conception de haute qualité ». Il faut également veiller à rénover et réaffecter intelligemment les bâtiments inoccupés ou anciens pour leur trouver de nouvelles utilisations « correspondant aux besoins sociaux, culturels, environnementaux et économiques de notre époque ».

 

 

Dans cette même optique, le CAE est pour la conception de « lieux adaptables pour répondre à des besoins changeants ». Cela éviterait de démolir des bâtiments pour non-adaptabilité alors qu’ils ne sont pas structurellement « dangereux ».  

 

 

Le choix des composants a également toute son importance. « Certains composants ont une durée de vie beaucoup plus courte, en raison de leurs propres limites techniques ou du fait que les besoins des occupants changent avant que leur fin de vie théorique ne soit atteinte ». Les composants doivent ainsi être facilement « accessibles et démontables ». « L’absence de fixations, des fixations faibles ou des fixations mécaniques amovibles (vis, boulons, etc.) font partie des solutions possibles ».

 

 

Enfin, l’architecte peut prescrire des composants et des matériaux pouvant être réutilisés ou recyclés à moindre coût : « durables et robustes ; faciles à manier ; réparables ; biodégradables ».

 

 

Soutenir les efforts des architectes

 

 

Le CAE estime que la démarche Level(s), mise au point par la Commission européenne, peut permettre d’encourager le développement d’une économie circulaire dans le secteur des bâtiments. Rappelons que l’outil est un cadre d’évaluation volontaire destiné à améliorer la durabilité du bâti. Il se base sur divers indicateurs visant à sensibiliser le grand public, les promoteurs et les autorités chargées de l’attribution des marchés aux bâtiments de « meilleure qualité » et à améliorer les connaissances pour une utilisation « efficiente » des ressources.

 

 

Si Level(s) est salué, le Conseil indique que « d’autres actions sont nécessaires pour soutenir l’approche architecturale ». « Toutes les initiatives et politiques de la Commission européenne ayant un impact sur l’environnement bâti devraient être étroitement coordonnées (…). En particulier : la Directive sur la performance énergétique des bâtiments (EPBD), l’indicateur d’intelligence des bâtiments (SRI), Level(s), le Passeport Bâtiment, le Passeport Rénovation, les Directives sur l’écoconception et l’étiquetage énergétique ; les Directives sur les marchés publics. »

 

 

Ainsi, les méthodes d’évaluation du cycle de vie et d’analyse du coût du cycle de vie devraient être encouragées par l’EPBD « afin de documenter les économies d’énergie intrinsèque, de ressources et d’émissions de carbone ». Il est nécessaire de donner un « meilleur accès à certaines données de base ».

 

 

Aussi, des exemples de bonnes pratiques et des études de cas devraient être rassemblés et publiés dans le cadre du déploiement de Level(s). Enfin, l’Union européenne devrait encourager « des passations de marché écologiques et circulaires ».

 

 

Pour réussir le défi de l’économie circulaire, « la participation et la collaboration de toutes les parties prenantes, des fabricants de matériaux de construction aux acheteurs, constructeurs, utilisateurs, gestionnaires de bâtiments, entreprises de recyclage, etc. » sont indispensables. « Concevoir et construire des bâtiments de manière circulaire nécessitent de reconnaître qu’un bâtiment est avant tout un support de vie ».

 

 

R.C
Photo de une : ©Adobe Stock

Redacteur

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