Érosion : le gouvernement prévoit la relocalisation de logements Collectivités territoriales | 13.02.20

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Le passage de la tempête Ciara et ses rafales de vent relevées jusqu’à 219 km/h en France a encore favorisé l’érosion des falaises, phénomène déjà observé depuis quelques années et qui alerte les scientifiques. Cette fois, le gouvernement souhaite agir, et, par l'intermédiaire d’Élisabeth Borne, ministre de la Transition Écologique et Solidaire, annonce les croquis de son plan d’action.

En 2016, 1 700 km de côtes françaises étaient menacées par l’érosion, phénomène naturel qui fait reculer les terres proches des littoraux, aujourd’hui, avec la montée de eaux causées par le réchauffement climatique et les tempêtes, de nombreux logements idéalement situés en bord de mer, sont en danger.

 

Pour préserver la sécurité des Français, le gouvernement souhaite relocaliser ces logements menacés. Entre « 5 000 et 50 0000 » logements devraient ainsi être relocalisés « d’ici 2100 ». Élisabeth Borne, ministre de la Transition Écologique et Solidaire, annonce par la même occasion des mesures de prévention des inondations : « nous voulons donner des outils aux élus pour identifier les zones qui sont menacées à moyen terme, c'est-à-dire dans moins de trente ans ».

 

Pour Élisabeth Borne la problématique de l’érosion met le gouvernement au pied du mur « là, nous n'avons pas le choix, il faudra éviter de nouvelles constructions et relocaliser un certain nombre d'habitations et d'équipements ». À l’issue d’un Conseil de défense écologique organisé à l’Élysée, la ministre est revenue sur les mesures envisagées par le gouvernement.

 

Peut-on autoriser les permis de construire dans les zones menacées par l'érosion ?

 

C’est la question que se pose le gouvernement, qui prévoit la création d’un nouveau permis de construire qui autoriserait uniquement « les structures non pérennes et démontables » dans les zones menacées.

 

« Nous devons améliorer l'information de nos concitoyens lorsqu'ils décident de s'installer dans ces zones, nous crérons donc une obligation d'information transparente et objective pour que les acheteurs ou des locataires soient informés du risque d'érosion, comme ils le sont aujourd'hui pour les inondations » annonce la ministre.

 

Une annonce qui devrait réveiller la colère de certains habitants, comme ceux de Soulac-sur-Mer, en Gironde, qui logeaient dans une résidence construite à 200 mètres de la mer, et ont été forcé de quitter leurs logements car après 40 ans, le bâtiment se retrouvait quasiment pied dans l’eau, à 20 mètres à peine l’océan.

 

Certaines communes, comme Lacanau, ont d’ores et déjà décidé de faire « reculer » la ville, en réinstallant plus loin certains magasins et habitations, et en installant parallèlement une protection de roche de 9 mètres de hauteur, 35 mètres de largeur et 1,4 kilomètres de longueur.

 

Pour éviter que ces problèmes ne se reproduisent, la ministre évoque également la recréation de dunes, de prairies et de forêts. Des équipes d’ingénieurs et d’architectes seront ainsi être déployées sur 9 sites dont « Marseille, Dax, Saint-Etienne et Saint-Nazaire » pour concevoir ces aménagements. Ces programmes d’action notamment prévus pour éviter les inondations « peuvent prendre aujourd’hui jusqu’à huit ans », mais cette durée devra être divisée par deux.

 

Une sécurité couteuse

 

Le déploiement de ces solutions dans les années à venir pourrait couter une petite fortune à l’État et aux contribuables, car certaines actions prévues devront être renforcées, comme par exemple les dunes qui finiront indéniablement par s’affaisser avec les années. Pour réaliser l’intégralité de ces chantiers, Élisabeth Borne a tenu à garantir la capacité du « fond Barnier » pour la prévention des risques naturels importants.
 

Ce fond est financé par un prélèvement régulier sur les assurances habitation et automobile. Ces trois dernières années, 200 millions d’euros ont crédité ce fond, mais le prélèvement des assurances s’intensifiera car, avec le changement climatique, de nombreuses solutions verront le jour pour lutter contre les effets des inondations, des tempêtes et de l’érosion.

 

J.B (avec AFP)

Photo de une ©Adobe Stock 

Redacteur

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