Réhabilitation de friches : un rapport émet des propositions

Collectivités territoriales | 02.02.21
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Réhabilitation de friches : un rapport émet des propositions - Batiweb
Alors que la réhabilitation de friches apparaît souvent comme une alternative à l'artificialisation des sols et l'étalement urbain, deux députés ont travaillé à identifier les points de blocage au développement de ce type d'opérations. Ils préconisent notamment la création de guichets uniques régionaux et le recours à des financements européens, alors que les réhabilitations se révèlent souvent très coûteuses lorsqu'il est nécessaire de dépolluer le site.

Après le lancement de « Cartofriches » par le Cerema en juillet dernier, les députés LREM de Seine-Maritime Damien Adam et Stéphanie Kerbarh ont remis un rapport sur la revalorisation des friches mercredi 27 janvier. 

 

Un phénomène qui risque de s'accentuer avec la crise

 

Si le recensement des friches ne fait que commencer avec la plateforme Cartofriches, certains estiment leur surface entre 90 000 et 150 000 hectares en France. Dans le contexte de crise économique et sociale, les deux auteurs du rapport soulignent que de nouvelles friches risquent d'ailleurs de se former avec des faillites à venir.

 

Pour le ministère de la Transition écologique, qui fait de la lutte contre l'artificialisation des sols son cheval de bataille, la réhabilitation de ces bâtiments à l'abandon serait une réponse tout à fait intéressante.

 

Des opérations de réhabilitation souvent trop coûteuses

 

Dans les régions où la pression sur le foncier est forte, la réhabilitation de ces friches peut en effet se révéler être un très bon investissement, mais dans d'autres endroits, ces friches représentent en réalité souvent un fardeau pour les collectivités locales, d'autant plus lorsque le site et les sols sont pollués, et qu'il faut parfois réaliser des opérations lourdes de désamiantage.

 

«  La principale difficulté financière concerne la dépollution du site car les coûts et la durée de ces travaux exposent le meneur de projet à des risques financiers importants. Dans les zones où le marché foncier n'est pas caractérisé par une demande élevée, il est impossible de rentabiliser des travaux de plusieurs centaines de milliers d'euros par hectare », notent les deux députés, qui déplorent un blocage autour de l'équilibre économique des projets.

 

S'appuyer sur des guichets uniques régionaux et des financements européens

 

Dans ce contexte, ils conseillent notamment aux conseils régionaux d'utiliser davantage les financements européens disponibles, encore « trop peu utilisés » selon eux.

 

Pour aider davantage les porteurs de projet et faciliter la mise en œuvre de ces réhabilitations, les deux députés préconisent également de confier aux régions la création de guichets uniques d'expertise et de revalorisation de ces friches.

 

Claire Lemonnier

Photo de une : Adobe Stock

 

Redacteur
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