Bureaux : le gaspillage énergétique a continué même pendant le confinement Développement durable | 21.09.20

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Bien qu'humainement et économiquement difficile, la période de confinement s'est révélée être une opportunité inédite d'étude pour certains chercheurs. Ce fut le cas pour l'équipe R&D de Deepki, qui a calculé les consommations d'énergie des bâtiments tertiaires avant et pendant le confinement pour mieux identifier les origines du gaspillage énergétique.

Si le confinement a globalement permis une chute des consommations énergétiques, notamment liée à la désertion des bureaux et des commerces non alimentaires, il a également mis en lumière un phénomène regrettable : le gaspillage d'énergie, même sur des sites pourtant inoccupés pendant plusieurs mois.

 

Deepki – expert en monitoring énergétique qui accompagne les entreprises dans la transition écologique de leur parc immobilier – a profité de cette période inédite pour mener une étude visant à évaluer le gaspillage énergétique dans les bâtiments tertiaires.

 

Pour cela, l'équipe de R&D a développé un algorithme permettant d'identifier les postes de gaspillage énergétique. Le groupe l'a ensuite testé sur 3 500 bâtiments du parc tertiaire entre le 17 mars et le 11 mai 2020, soit pendant toute la période de confinement, et a comparé les résultats avec les consommations énergétiques enregistrées la nuit avant le confinement. 

 

Les entreprises pourraient réaliser 123 000 euros d'économies d'énergie par semaine

 

Parmi les principaux résultats, il est ressorti que 40 % des bâtiments, bien qu'inoccupés, étaient mal régulés. Ils continuaient à consommer bien plus d'énergie qu'ils n'en avaient besoin. Cette surconsommation énergétique était estimée à 123 000 euros gaspillés par semaine, soit plusieurs millions d'euros hebdomadaires à l'échelle nationale. 

 

Inversement, un monitoring énergétique précis a permis à 60 % des bâtiments d'adapter leur niveau de consommation pendant le confinement.

 

En calculant les consommations énergétiques et en étudiant celles inutiles, Deepki propose aux entreprises de réaliser des économies sur leurs factures d'énergie, et de réduire leur bilan carbone par la même occasion.

 

L'entreprise compte déjà de nombreux clients dans différents domaines, que ce soit Icade, Klépierre, Kiloutou, ou encore la BNP Paribas, Orange, Unibail-Rodamco-Westfield, H&M, ou encore JC Decaux.

 

Des gestes pourtant simples à adopter

 

Emmanuel Blanchet, DG de Deepki, rappelle l'importance des économies d'énergie, d'un point de vue non seulement économique, mais aussi environnemental. Selon lui, ces économies d'énergie pourrait être réalisées très facilement et rapidement, grâce à des gestes simples, comme couper les installations inutilement consommatrices pendant la nuit : « Ces gaspillages mis en lumière par l'étude sont autant de gisements d'économies d'énergie qui peuvent être exploités rapidement sans recourir à des investissements massifs. Comme il s’agit ici de défauts de régulation, des actions de sensibilisation des usagers et un meilleur réglage des équipements peuvent déjà avoir un impact bénéfique très important », souligne-t-il.

 

Saluant l'investissement de près de 7 milliards d'euros dans les bâtiments publics et privés dans le cadre du plan de relance, le directeur général appelle toutefois à s'intéresser davantage aux économies d'énergie qui peuvent être facilement réalisées sans gestes lourds de rénovation énergétique : « Si nous nous réjouissons que le gouvernement ait fait de la rénovation énergétique une priorité de France Relance, il nous paraît d’autant plus urgent de poser des données concrètes sur la réalité du gaspillage énergétique. Cette étude pose un constat sans appel sur les très nombreuses anomalies de régulation qui pèsent lourdement sur l’efficacité énergétique de notre parc immobilier », conclut-il.

 

C.L.

Photo de une : Adobe Stock

Redacteur

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