Le Poitou-Charentes inaugure son premier habitat collectif à énergie positive

Développement durable | 08.07.14
Partager sur :
Le Poitou-Charentes inaugure son premier habitat collectif à énergie positive - Batiweb
L'énergie la moins chère est celle que nous ne consommons pas. L'adage est bien connu et vient de trouver une nouvelle fois écho en Poitou-Charentes, dans un projet immobilier comprenant un bâtiment collectif de quinze logements et onze maisons individuelles. Il s'agit de la première inauguration d'un bâtiment collectif à énergie positive dans la région.

La ministre de l'Ecologie, Ségolène Royal, ne renierait certainement pas la construction des Edens de Royan sur ses terres de Poitou-Charentes. Ce bâtiment, résultat de l'appel à projets « Bâtiment Basse énergie » lancé conjointement par la région et l'Ademe, est un bâtiment à énergie positive c'est-à-dire qu'il produit plus qu'il ne consomme, limitant ainsi l'impact sur l'environnement.

Concrètement, ce bâtiment s'inscrit dans la norme BBC en termes de performances énergétiques, en affichant une consommation de 30 kWh/m2/an. Pour arriver à ce résultat, un important travail a été réalisé en amont pour penser ce bâtiment comme une conception bioclimatique.

Côté nord, les fenêtres sont en triple vitrage et les ouvertures sont dimensionnées pour profiter au maximum des apports solaires gratuits.

Une conception bioclimatique

Un soin particulier a été apporté pour favoriser le confort d'été par l'intégration de protection solaire passive, par l'augmentation de l'inertie grâce à la masse des refends en béton banché et du choix architectural de créer des logements traversants permettant la ventilation naturelle.

La structure est composée de béton pour ses caractéristiques structurelles, acoustiques, et d'inertie, ainsi que d'ossature bois pour limiter les ponts thermiques, les surcharges de poids sur les fondations et pour l'optimisation des épaisseurs d'isolants ( 30 à 50 cm).


Un travail sur l'énergie grise a également été réalisé et a influencé le choix de réaliser la façade sud et le dernier niveau en attique tout en ossature bois.

Sur ce bâtiment, les ponts thermiques sont quasiment inexistants grâce à l'emploi double d'isolation par l'intérieur et par l'extérieur. Les choix structurels ont aussi permis de limiter très fortement les ponts thermiques, coursives béton portant sur des consoles côté nord et des balcons sur structure métallique coté sud. Une attention particulière a été portée sur la qualité de l'étanchéité à l'air de ces logements. Le résultat obtenu est de 0,6 au lieu de 1, soit 40 % en dessous de ce qui est demandé pour la RT 2012.

30 à 50 cm d'isolants

Aussi faible que soit sa consommation, le bâtiment doit produire un peu d'énergie pour la consommation d'énergie nécessaire (chauffage, éclairage, eau chaude) et celle spécifique des occupants (TV, cuisine, lave-linge, etc.). L'énergie est donc compensée par la production d'une centrale solaire photovoltaïque de 36 kVA de puissance, pour une production d'environ 40 Mwh par an. L'énergie solaire est stockée dans des ballons pour être redistribuée soit pour le chauffage, soit pour la production d'eau chaude.
 

En complément, une chaudière bois à granulés de faible puissance (56 kW) permet de générer de la chaleur en appoint pendant les périodes d'absence d'ensoleillement ou de très grand froid. Un silo de 9 tonnes permet ainsi le stockage des granulés de bois et limite l'approvisionnement à deux fois par an. En effet, 18 tonnes de bois seront consommées chaque année pour le chauffage et l'eau, soit 20 Mwh.

Le mode d'emploi du logement

Compte tenu de la présence à proximité de la rocade de Royan, deux études acoustiques ont été réalisées sur la base d'esquisses, pour orienter le choix de l'architecte. Les logements traversant dont les balcons donnant tous sur le côté opposé, sont protégés par le bâtiment faisant office de mur anti-bruit.

Au final, ce bâtiment comprend 15 logements du T2 au T4 pour un loyer compris en 430 et 600 euros. Les charges énergétiques restent extrêmement modestes et sont estimées à 120 euros environ par an et par logement.
 

  

Enfin, chaque locataire s'est également vu remettre un guide de l'habitant dans lequel est indiqué le mode d'emploi des logements, comprenant à la fois la palette de services disponibles dans ou à proximité de l'immeuble (service publics, ramassage des ordures ménagères etc.) et des conseils pour l'entretien de son logement et sa consommation d'énergie.

Cette opération immobilière, démarrée en octobre 2012, a pris fin en mai 2014 pour un coût de plus de 2 millions d'euros.

C.T
© Eden Promotion

Redacteur
filter_list

Sur le même sujet

Comment réussir la généralisation du bâtiment à énergie positive ? - Batiweb

Comment réussir la généralisation du bâtiment à énergie positive ?

Lors du colloque national organisé par Effinergie et Enerplan avec le parrainage du Plan Bâtiment Durable dans le cadre du Solar Décathlon à Versailles, les professionnels de plusieurs filières ont débattu sur la question du bâtiment à énergie positive. Actuellement défini grâce au label Bepos-effinergie 2013, ce type de bâtiment est déjà une réalité avec une centaine de réalisations en cours, et pourrait bien devenir la norme d'ici 2018/2020.
L'isolation thermique canadienne d’un bâtiment municipal BBC - Batiweb

L'isolation thermique canadienne d’un bâtiment municipal BBC

La municipalité de Payns, aux environs de Troyes, a choisi de construire un bâtiment à « énergie positive », grâce à une forte isolation et l’absence de pont thermique. La basse consommation énergétique du bâtiment sera obtenue grâce notamment à une efficace isolation verticale et horizontale réalisée avec un système canadien d'isolation thermique écologique.