Transition énergétique : les bâtiments tertiaires français encore trop énergivores

Développement durable | 18.01.19
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Alors que les objectifs de la loi de transition énergétique sont dans tous les esprits, l’Observatoire de l’immobilier durable (OID) a publié le 16 janvier son dernier « Baromètre de la performance énergétique et environnementale des bâtiments tertiaires ». Ce dernier s’avère particulièrement précieux pour mieux comprendre l’impact énergétique des bureaux, commerces et autres ERP et, surtout, mettre en place une trajectoire énergie/carbone viable.
L’Observatoire de l’immobilier durable (OID) a présenté mercredi dernier son « Baromètre de la performance énergétique et environnementale des bâtiments tertiaires », dans le cadre duquel 17 600 constructions abritant des bureaux, commerces ou programmes mixtes ont été scrupuleusement analysées.

Une consommation énergétique en baisse, mais…

Résultat : avec une consommation énergétique réelle totale de 182 kWhef/m2.an et 3 437 kWhef/ETP.an, les bureaux sont de moins en moins énergivores. Pour autant, il en faudra encore davantage pour parvenir à la transition énergétique du pays.

En effet, « la France s’est engagée, avec la Stratégie nationale bas-carbone, à réduire de 75% ses émissions de GES [Gaz à effet de serre, ndlr] à l’horizon 2050 par rapport à 1990 », comme le rappelle l’OID. « Pour atteindre les objectifs du décret tertiaire à 2030, les consommations énergétiques doivent diminuer de 3% par an. »

D’après l’organisme, plusieurs facteurs exercent une influence sur les besoins des bâtiments, les principaux étant la surface utile brut (36%), l’âge (13%) et la famille de l’édifice. Sa taille et sa situation géographique sont également à prendre en considération afin d’obtenir des données permettant de prédire la consommation énergétique surfacique.

Par ailleurs, l’OID rappelle que « pour un bâtiment RT2012, les émissions sur l’ensemble du cycle de vie sont dues à 50% à la construction ». Or, selon l’association BBCA, citée dans le Baromètre, « chaque m2 de bâtiment construit représente 1,5 tonne de CO2 émis sur l’ensemble de son cycle de vie ». Ce phénomène est dû en grande majorité à la mobilité, qui représente 45 à 60% des émissions, devant les consommations énergétiques (20 à 35%) et les matériaux (15 à 20%).

Des changements à mettre en œuvre rapidement

Pour y remédier, l’élaboration d’une trajectoire énergie/carbone efficace semble plus primordiale que jamais. Néanmoins, l’OID fait état de 3 freins principaux qui empêchent d’élaborer un programme viable : son périmètre, ses enjeux, et la communication autour de la performance énergétique.

Le Baromètre recommande ainsi de mobiliser plusieurs leviers afin d’accélérer la transition énergétique des bâtiments, répartis en 3 familles : techniques, économiques et sociaux. Entre autres, l’organisme considère que la conception du projet a, bien sûr, son importance, mais son utilisation et son exploitation doivent également faire l’objet d’une attention particulière. De fait, 10 à 30% d’économie d’énergie sont réalisables en sensibilisant les occupants aux bonnes pratiques à adopter.

Mais au-delà des utilisateurs du bâtiment, ce sont les investisseurs eux-mêmes qu’il faut convaincre. Une étude menée par l’OID et ImmoStat l’année dernière révélait en effet que le niveau de consommation énergétique d’un bâtiment n’est pas un critère déterminant dans le cadre d’une transaction à la location. Parmi les raisons pouvant expliquer ce désintérêt : le manque de bâtiment énergétiquement très performant, ainsi que l’absence de transparence sur les consommations réelles d’un programme.

Dans ce sens, le Baromètre évoque la nécessité d’adopter « des orientations politiques claires pour la transition énergétique du parc immobilier ». À bon entendeur...

F.C
Photo de Une : ©Adobe Stock
Redacteur
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