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Semin lance ses enduits à 99 % de produits naturels

Début juillet, Semin lançait sa gamme Semin 99, avec des enduits composés à 99 % de produits naturels, de l’amidon au marbre. Interview avec Caroline Semin, directrice générale de la marque, qui évince les matières synthétiques et privilégie les circuits-courts.
Publié le 21 juillet 2022

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Semin lance ses enduits à 99 % de produits naturels - Batiweb

Entreprise familiale née en 1838, Semin est dirigée par la sixième génération en la personne de Caroline Semin. « Notre cœur de métier, c’est vraiment les enduits », rappelle la directrice générale, avant d'ajouter : « On a entamé au niveau du groupe une démarche RSE. Et dans ce sens, l’objectif c’était de développer les premiers enduits éco-responsables ».

Ambition qui a donné naissance à Semin 99, première gamme d’enduits murs et plafonds de l’industriel, composés à 99 % de matières premières minérales et végétales. Ses quatre produits (rebouchage, lissage, joints de plaques de plâtre et multifonction) ont été dévoilés et commercialisés le 5 juillet. 

De l’amidon au marbre, une composition biosourcée

 

Pour développer cette gamme d’enduits intérieurs naturels, Semin s’est concentré sur deux axes. D’abord la composition des produits, à laquelle ont dû contribuer une partie des 6,5 millions d’euros consacrés annuellement par l’industriel pour la R&D et la transition écologique.

La société a pu trouver une formule, misant sur la poudre de marbre, le plâtre naturel, l’amidon, l’écorce de blé, l’écorce de maïs, ou encore l’argile. « Il y a une vraie attente aujourd’hui des artisans, qui cherchent à avoir beaucoup de transparence sur la composition des produits qu’ils utilisent au quotidien sur les chantiers. Et du coup, pour ces quatre nouveaux produits, sur le packaging, on a affiché le taux exact de matières premières naturelles d’origine naturelle. Par exemple, sur l’enduit de lissage, on va jusqu’à 99,9 % de matières premières d’origine naturelle », précise Caroline Semin.

Elle abonde : « Les 1 % restants, du coup, c’est de l’éther de cellulose. L’éther de cellulose c’est une matière première, mais comme elle a connu une transformation chimique, on ne l'a pas considérée d’origine naturelle ». 

De l’enduit bas carbone pour s’émanciper des résines synthétiques

 

Selon les chiffres de Semin, ces nouveaux enduits d’intérieur émettraient dix fois moins de composants organiques volatiles (COV) dès application, par rapport à un enduit classé A+. Le taux d’émissions serait même réduit jusqu’à 500 fois moins, au bout de 28 jours. Une solution qui se veut écologique mais peut-être aussi économique, quand on sait que les résines synthétiques, composant les enduits traditionnels, sont issues du pétrole. Or, face à la guerre en Ukraine, les approvisionnements en énergies et matières premières essentielles pour le bâtiment sont tendus, y compris pour le pétrole.

Toutefois, « on n’a pas eu de gros problèmes de pénuries sur ces matières-là », nous confie la directrice générale de Semin. « Ça a été compliqué. On a dû jongler, on a dû faire référencer tous nos fournisseurs pour sécuriser nos approvisionnements, mais on n’a pas eu de grosses pénuries. Donc on a pu assurer la disponibilité produits pour nos clients. Mais c’est sûr que le coût de ces produits a augmenté significativement », développe-t-elle.

Caroline Semin n’ira pas cependant jusqu’à dire que produire ces enduits d’origine naturelle est plus économique. « Les nouvelles matières qu’on utilise sont aujourd’hui plus chères que ces matières-là. D’où l’écart de prix, qui n’est pas énorme, mais quand même existant entre les solutions traditionnelles et ces nouvelles solutions ». 

Ainsi, le prix des produits varie de 17,44 € pour un sac de 25 kg d’enduit joint, à 29,01 € le sac de 15 kg d’enduit de rebouchage Semin 99. La DG de Semin pense quand même qu’à long-terme ce type de produits sera abordable.


Une fabrication d’enduits qui privilégie le circuit-court

 

Des solutions à l’avenir abordables, peut-être. Mais qu’en est-il de leur efficacité ? « En termes de qualité, on a exactement la même chose. En termes de confort d’application, on a exactement le même confort de pose », nous affirme Caroline Semin. « Et au niveau des caractéristiques techniques, on arrive à avoir les mêmes que ce qu’on a habituellement. Par exemple, l’enduit pour les joints plaque de plâtre, c’est un enduit d’emprise 4h, donc tout à fait similaire à un enduit de 4h », nous expose-t-elle, en se basant sur les résultats de chantiers tests menés par des plâtriers et peintres en bâtiment.

Autre détail pouvant séduire la potentielle cible professionnelle de Semin 99 : la production est répartie entre les usines des Pyrénées-Orientales, d’Oise et de Moselle de la marque. L’objectif ? Pouvoir fournir à moins de 250 km les artisans et ainsi réduire l’impact carbone des transports, second aspect de développement des nouvelles solutions de Semin.

Pour Semin 99, l’industriel mise également sur un approvisionnement en circuit-court, de l’amidon issu des Hauts-de-France, au carbonate de calcium issu de Perpignan, en passant par le plâtre du bassin parisien. Ainsi, la provenance des matières naturelles de la gamme est à 96 % française, les 4 % restants provenant de chez certains voisins européens.


Propos recueillis par Virginie Kroun 

Photo de Une : Semin 

Par Virginie Kroun

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