Podcast
ConnexionS'abonner
Fermer

Une reconstruction de Mayotte trop lente, selon Sébastien Lecornu...

Publié le 24 août 2026 à 16h40, mis à jour le 25 août 2026 à 11h43, par Virginie Kroun

Plus d’un an et demi après les ravages du cyclone Chido, la reconstruction de Mayotte reste trop lente selon Matignon. En visite mercredi 26 août sur l'archipel, le Premier ministre Sébastien Lecornu veut lever les blocages et accélérer les chantiers.
©Adobe Stock - Batiweb
©Adobe Stock

Comment progresse la reconstruction de Mayotte, archipel ultramarin dévasté en décembre 2024 par le cyclone Chido ? Il y a eu certes le soutien de la Confédération de l'artisanat et des petites entreprises du bâtiment (CAPEB), du syndicat professionnel des acteurs de la construction industrialisée et modulaire (ACIM), des collectivités... 

Il y a eu aussi la loi d'urgence pour Mayotte début 2025, puis la loi de programmation pour la refondation de l'archipel promulguée en août 2025 et la stratégie quinquennale pour la reconstruction et le développement du département ultramarin. Sur la table : une enveloppe de 4 milliards d'euros, répartie entre différents postes, y compris l'habitat et l'urbanisme. Les investissements ciblent notamment des chantiers d'hôpitaux, d'écoles, d'équipements sportifs, mais également le logement sur le territoire, marqué par l'habitat informel. 

Mais plus d'un an et demi après le drame de Chido, le chantier piétine, reconnaît Sébastien Lecornu, dans un courrier adressé aux maires mahorais ce lundi 24 août, consulté par nos confrères de l'AFP. Le Premier ministre évoque « les besoins de construction et de rénovation des écoles, les retards dans la livraison ou la mise en service d'équipements publics » et les tensions dans l'accès aux soins comme à l'eau, qui vaut de l'or pour la population. En témoigne en février au micro de France Inter, Sylvia, cette jeune Mahoraise de 20 ans, qui aide les seniors dans le règlement de leurs factures d'eau. 

Malgré l'urgence de la crise de l'eau, l'autorisation environnementale d'une deuxième usine de dessalement, jugée nécessaire pour mettre fin aux coupures d'eau, a été suspendue fin juillet, rapporte l'AFP. L'État et le syndicat Les Eaux de Mayotte ont environ cinq mois pour corriger certaines irrégularités de l'infrastructure, notamment le manque de transparence sur les molécules rejetées dans le lagon.

« Aucune mesure d'économie ne se fera sur le dos de Mayotte », assure Matignon

 

Pour l'occupant de Matignon, « les projets doivent sortir de terre car les financements sont là ». Sur les crédits votés et délégués en 2026, 12 % ont été dépensés. À la place d'« un énième plan supplémentaire », Sébastien Lecornu préfère « identifier les décisions » nécessaires, et « les moyens qui doivent être renforcés et les obstacles qui doivent être levés ».

Le Premier ministre se rendra entre ce mercredi 26 et jeudi 27 août à Mayotte, sa première visite en Outre-mer depuis sa nomination en automne dernier. Il sera probablement accueilli par des grèves et manifestations, auxquelles a appelé l'intersyndicale mahoraise CFDT, CGT, FO, CFE-CGC, FSU, Solidaires, Unsa, Snalc. Derrière cette opération, une revendication : la hausse des salaires, afin de contrer le coût de la vie sur le département le plus précaire de France. 

Si Sébastien Lecornu promet qu'« aucune mesure d'économie ne se fera sur le dos de Mayotte »,  des coupes budgétaires sont craintes à l'approche du projet de loi de finances 2027. La visite du Premier ministre en septembre sera suivie d'une nouvelle visite début 2027 alors qu'un comité de suivi interministériel sera mis en place chaque mois. Matignon a par ailleurs invité les maires de l'archipel et le président du département-région Ben Issa Ousséni, à un point d'étape en novembre.

Selon des experts présents sur le terrain interrogés en mars 2025, le chantier de reconstruction de Mayotte est hors-norme, entre flou administratif et besoin de pragmatisme quant aux bidonvilles. « Je ne pense pas que les logements informels soient, par rapport aux risques majeurs, appropriés dans l'absolu. Mais il faut le questionner et l'additionner avec des systèmes dits de refuge, soit au sein de ces habitats, soit en tant que refuges collectifs », nous avait pour sa part confié l'architecte Hubert Philouze, au lendemain du passage dévastateur de Chido. 

Newsletter

Ne manquez plus l’actualité du bâtiment !

Inscrivez-vous à la newsletter pour recevoir directement dans votre boîte mail les dernières actus du BTP

Je m’abonne gratuitement →
Virginie Kroun
Journaliste - Batiweb

Virginie Kroun est journaliste au sein de la rédaction de Batiweb. De la presse BD durant ses études, elle atterrit en 2021 dans l’univers BTP, dont elle ne se lasse pas. Si elle couvre tous les thèmes du secteur, Virginie a ses sujets de prédilection : justice, patrimoine, prévention et matériaux biosourcés.

Sur le même sujet

bloqueur de pub détecté sur votre navigateur

Les articles et les contenus de Batiweb sont rédigés par des journalistes et rédacteurs spécialisés. La publicité est une source de revenus essentielle pour nous permettre de vous proposer du contenu de qualité et accessible gratuitement. Merci pour votre compréhension.