L’UNEP et l’ADIVET divorcent sur fond de désaccord concernant les règles du métier

Vie des sociétés | 18.06.18
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L’Union Nationale des Entreprises du Paysage confirme sa rupture avec l’Adivet, avec qui elle était liée depuis 10 ans. La raison de cette rupture serait, selon l’UNEP, le manque de représentativité des paysagistes au sein de l’association. Par conséquent, l’UNEP considère que l’ADIVET n’a plus la légitimité pour imposer des règles professionnelles équitables

L’équilibre entre bâtiment et environnement 

Pour faire évoluer les normes, les règles, ainsi que les modes de collaboration entre les professionnels du bâtiment et du végétal, il faut développer la diversité des besoins des acteurs publics et privés, l’amélioration constante des solutions de végétalisation et le développement de ce marché. 
 
L’UNEP, qui regroupe les paysagistes et entreprises du paysage, est donc opposée à une sur-représentativité des acteurs proches des métiers du bâtiment.  Cette situation mène à un manque d’équilibre sur la variété du marché, les attentes des clients et les enjeux environnementaux. En ce moment, l’ADIVET privilégie les entreprises du secteur du bâtiment qui sont titulaire des marchés. Cependant, cela a pour effet de réduire le nombre de propositions concernant les solutions végétalisées. Ces solutions sont nécessaires pour répondre aux enjeux liés à la protection de l’environnement et de la biodiversité.
 
L’Adivet préfère limiter la végétalisation, ce qui nécessite une faible expertise du vivant, pour que cela corresponde à la logique du secteur du bâtiment. L’association préfère abandonner les solutions de végétalisation sur-mesure, nécessitant une connaissance plus importante des végétaux et des techniques de culture, dans un but économique.
 

La connaissance du végétal ignoré dans les appels d’offres 

Thierry Muller, l’ancien représentant de l’UNEP au bureau de l’ADIVET réagit en disant : « L’Adivet a rédigé une règle professionnelle relative aux toitures végétalisées sans faire preuve de consensus entre ses adhérents, et ce durant plusieurs années, en dépit de nos demandes, soit de préciser l’ensemble des organisations des marchés possibles conformément aux dispositions réglementaires du code des marchés publics, soit de ne pas traiter ce point.
En résulte un texte qui malgré une qualité technique indéniable, limite le rôle du paysagiste à celui de sous-traitant dans le cadre des appels d’offres. Le rôle pivot du paysagiste sur des projets d’envergure est donc ignoré, tout autant que la qualité des projets déjà menés avec succès en lots séparés entre étancheurs et paysagistes. Ce texte, inégal et inéquitable pour le végétal, n’a d’ailleurs pas bénéficié du soutien de la Fédération Française du Paysage et a mené au non-renouvellement du partenariat avec l’association Plante & Cité ».
 
Cela signifie que l’expertise des professionnels du paysage est bridée au moment du dialogue sur la compréhension et la conception d’un projet entre le maître d’œuvre et le maître d’ouvrage ; et la proposition des nouvelles règles professionnelles faite par l’Adivet réduit ainsi les budgets consacrés au végétal.
 
Ainsi, cette action révèle un message qui est de prévenir la profession sur le risque d’appauvrissement des solutions de végétalisation de toitures proposées aux donneurs d’ordres mais aussi sur l’amoindrissement de leurs bénéfices pour l’environnement, la santé et le bien-être des habitants. 
 
RP
 
 
 
ADIVET
L’ADIVET (association française des toitures et façades végétales) regroupe les acteurs de la filière végétalisation de toitures : fabricants de composants et de systèmes, entrepreneurs du bâtiment et du paysage, groupements professionnels, maîtres d'œuvre et maîtres d'ouvrage, organismes de formation et recherche, bureau d'études... L’ensemble de ses actions menées depuis 10 ans a contribué  à un essor des toitures végétalisées en France, avec plus d’un million de m² installés en 2011, ce qui fait de la France un des premiers marchés au monde.
 
UNEP
L’UNEP est l’organisation professionnelle représentative des 29 100 entreprises du paysage reconnue par les pouvoirs publics. Ses missions consistent à défendre et promouvoir les intérêts de la profession, et à informer et aider ses adhérents (74 % d’entre eux ont moins de 10 salariés) dans leur vie d’entrepreneur. Les engagements de service de l’Unep sont certifiés selon le référentiel Quali’OPdepuis 2006 ; depuis 2014, l’UNEP a le niveau confirmé de l’évaluation Afaq 26000 (RSE).
 
  
  
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