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JO 2024 : plusieurs entreprises du BTP jugées pour travail dissimulé ou illégal

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Publié le 02 février 2026, mis à jour le 02 février 2026 à 16h58, par Raphaël Barrou


Trois sociétés et 21 personnes se retrouvent face à la justice à partir de lundi 2 février, à Bobigny. Elles doivent être jugées jusqu'au 20 février pour travail dissimulé et emploi d'étrangers sans titre en bande organisée, dans le cadre des chantiers olympiques 2024.
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La magie des Jeux olympiques de Paris 2024 retombée, place désormais aux procès. Lundi 2 février s'ouvre à Bobigny celui de 21 personnes et trois sociétés, jugés pour travail dissimulé et emploi d'étrangers sans titre en bande organisée. Le procès doit durer jusqu'au 20 février. 

La construction par GCC de plusieurs bâtiments dans le village olympique entre Saint-Denis et Saint-Ouen (Seine-Saint-Denis) a fait éclater l'affaire. Trois cadres de cette entreprise, dont un directeur d'agence, sont poursuivis devant le tribunal correctionnel. 

Manque de vigilance de GCC sur la sous-traitance

 

En mars 2022, l'inspection du travail se rend sur le chantier, après le signalement de treize travailleurs en situation irrégulière auprès de la CGT à Bobigny. L'enquête préliminaire, à laquelle ont eu accès nos confrères du journal Le Monde, a trouvé un manquement de la part de GCC à son travail de vigilance en sous-traitant « sciemment » à des entreprises ayant recours au travail dissimulé et au travail illégal. 

Pour un contrat de plus de 800 000 euros, l'entreprise sous-traitante ERP ne déclarait par exemple que cinq salariés en mars 2022. Mais lors de l'intervention de l'inspection du travail, plus d'une dizaine de personnes se trouvaient sur le chantier. 

Selon Mediapart, le responsable de quatre travailleurs sans papiers, à qui il aurait demandé de se cacher, aura déclaré auprès de l'inspection du travail : « Avec moi, il y avait trois ou quatre Maliens avec leurs papiers, et moi je ne peux pas savoir qui, ils se ressemblent tous. » Et d'affirmer que ces derniers faisaient « les malins pour avoir leurs papiers »

Un préjudice estimé à plusieurs millions d'euros

 

Selon la CGT, un mécanisme de « sous-traitance en cascade », avec l'utilisation de dirigeants de paille et de sociétés à l'existence éphémère, dispose de ramifications qui dépassent largement le cadre des Jeux olympiques, ce qui explique l'importance du préjudice estimé à plus de huit millions d'euros pour l'Urssaf. 

Présentée devant la justice dans le cadre de cette affaire, la société sous-traitante KMF avait employé 269 personnes, mais n’en avait déclaré que 43 auprès de l’Urssaf.  

Par Raphaël Barrou

Raphaël Barrou
Journaliste - Batiweb

Raphaël Barrou est journaliste à la rédaction de Batiweb. Passionné par le monde du bâtiment et de l’immobilier, il s’intéresse en particulier aux actualités de travaux de rénovation et à l’avenir du secteur de la construction concernant l’utilisation de l’IA et de la robotique.

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