L’artificialisation des sols en Île-de-France atteint son plus bas niveau
Publié le 02 février 2026, mis à jour le 02 février 2026 à 17h04, par Nils Buchsbaum

Jamais l’urbanisation n’avait autant ralenti en Île-de-France. Entre 2021 et 2025, l’extension des espaces urbanisés a atteint son niveau le plus bas depuis plus de quarante ans, en cohérence avec la mise en œuvre du principe de « zéro artificialisation nette », selon l’Institut Paris Région.
Sur cette période, la consommation d’espaces naturels, agricoles et forestiers s’est limitée à 554 hectares par an en moyenne, un plancher inédit depuis 1982, date de création de l’outil de suivi de l’occupation des sols, qui mesure l’usage de chaque portion du territoire.
Par rapport à la décennie précédente, le recul est net. La consommation d’espaces a diminué de 28 % par rapport à la période 2012-2021, et chute même de 39 % lorsque l’on exclut les grands projets d’infrastructures, tels que le Grand Paris Express ou la ligne ferroviaire Roissy-Picardie, souligne l’institut dans sa note publiée en janvier.
La région dans les clous des objectifs environnementaux
Encadrée par la loi Climat et Résilience de 2021, la « consommation d’espaces » désigne « la création ou l’extension effective d’espaces urbanisés sur le territoire concerné », autrement dit la transformation de terrains naturels en zones bâties. Issue d’une prise de conscience croissante de l’importance des sols, la loi fixe comme cap d’atteindre la sobriété foncière à l’horizon 2050, avec une étape clé dès 2031 : une réduction de moitié de l’artificialisation par rapport à la décennie précédente.
Cette diminution place l’Île-de-France dans les clous de son schéma directeur environnemental à l’horizon 2040, qui fixe un plafond de consommation foncière de 598 hectares par an sur la période 2021-2031.
Le document souligne également que le ralentissement général de la construction, conséquence directe de la crise immobilière et de la hausse des taux d’intérêt, a participé à la baisse.
Une singularité francilienne
En 2025, le sol francilien est principalement occupé par des espaces agricoles (49%), des bois et des forêts (23 %), l'habitat ne représentant que 9% de la surface de consommation de d’espace.
L’Institut Paris Région rappelle que « depuis plus de quinze ans, la production de la ville en Île-de-France repose principalement sur le renouvellement urbain », plutôt que sur l’extension des zones bâties. Près de 4 000 hectares d'espaces urbanisés ont changé d'usage, soit un volume largement supérieur à la consommation d'espaces naturels, agricoles et forestiers.
Si l’artificialisation se poursuit, elle concerne avant tout les activités économiques (entrepôts, commerces, bureaux), « qui représentent 20 % des surfaces consommées », précise l’Institut Paris Région. Une singularité francilienne, puisque dans le reste de la France, l’habitat demeure le principal moteur de la consommation d’espace.
Par Nils Buchsbaum (avec AFP)














