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La filière électrique pourrait créer plus de 200 000 emplois d’ici 2030

Selon une étude conduite par huit organisations professionnelles et quatre syndicats, la filière électrique pourrait créer plus de 200 000 emplois supplémentaires à horizon 2030. Un scénario dont la réussite dépend notamment de la mise en œuvre du Plan de relance et de la Programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE). Plusieurs actions sont nécessaires pour soutenir le secteur et son développement parmi lesquelles, faire correspondre l’offre de formation aux besoins actuels de la filière.
Publié le 13 novembre 2020

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La filière électrique pourrait créer plus de 200 000 emplois d’ici 2030 - Batiweb

Une nouvelle étude fait un état des lieux de la filière électrique et notamment des enjeux présents et futurs auxquels doit faire face la profession. L’analyse a été menée par l’EDEC de la filière électrique qui réunit 8 organisations professionnelles* et 4 organisations syndicales sous l’égide du ministère du Travaux, du Haut-Commissariat aux Compétences et du ministère de la Transition écologique et solidaire. 

 

« Dans un contexte d’électrification croissante des usages, la filière électrique est au cœur des enjeux écologiques et socio-économiques actuels et futurs », souligne l’étude. « La question des emplois et des compétences est cruciale pour accompagner la filière dans les transformations liées à la transition énergétique, la transformation numérique et dans la réussite du plan France Relance ».

 

Une filière en « évolution rapide »

 

A fin 2018, la filière électrique emploie 600 000 salarié.es en France : 300 000 emplois dans la système électrique (production, transport, distribution, fourniture), 222 000 emplois dans le bâtiment, 41 000 emplois dans l’industrie, et 37 000 emplois dans les infrastructures pour les villes et la mobilité. 

 

40% des 30 000 entreprises de la filière électrique sont des TPE/PME et les deux-tiers des emplois concernent des activités en aval, à savoir d’installation, de construction et d’opération-maintenance des équipements ou des installations électriques, précise l’enquête. 

 

Pour ce qui est du bâtiment, le développement d’équipements de pilotage énergétique et numérique intelligents représente 102 000 emplois, la fabrication et la distribution des équipements, 62 000 emplois. Tandis que les activités d’études-développement compte 38 000 emplois. 70% des emplois concernent la rénovation du bâtiment résidentiel, tertiaire et industriel, 20% le bâtiment neuf et 2% les Data Centers. 

 

200 000 emplois supplémentaires d’ici 2030

 

Dans son étude, l’EDEC estime que la filière électrique pourrait créer 200 000 emplois supplémentaires et représenter jusqu’à 825 000 emplois d’ici 2030. La PPE, les objectifs de rénovation, de décarbonation de l’Industrie et de développement des énergies renouvelables, « sous-tendent la croissance des emplois de la filière ». 

 

La rénovation des bâtiments pourrait permettre la création de 80 000 emplois (soit 40% de la création nette d’emplois), les EnR, entre 34 000 et 66 000 emplois selon la fourchette basse ou haute de la PPE. Quant aux réseaux et la fourniture d’électricité, ils pourraient créer 9 000 emplois dans la transition énergétique. 

 

« La tenue de ces trajectoires ne sera possible que si des programmes d’appels d’offres réguliers sont respectés, et si les chantiers sont maintenus », souligne l’étude. Elle précise aussi que l’impact de la crise de la COVID19 sur les emplois « n’a pas pu être estimé avec un niveau de fiabilité suffisant pour être comptabilisés dans les projections à horizon 2030 ». 

 

Adapter l’offre de formation aux besoins de la filière

 

Comme dans tous les secteurs d’activité, la filière souffre du manque de main d’œuvre qualifiée. L’étude porte sur le recensement de plus de 100 métiers dont 23 sont considérés « en tension ». « Cette tension s’exprime par une forte augmentation du volume d’emplois à pouvoir, par une difficulté particulière des entreprises à pourvoir ces postes, ou par un haut degré de transformation du métier, en matière de compétences et de formation requises ». 

 

L’étude a ainsi permis d’identifier trois tendances : l’offre de formation ne correspond pas « pleinement » aux besoins des entreprises, la filière électrique est créatrice « de nombreux emplois qualifiés et pérennes, qu’elle peine à pourvoir », et elle fait face « à des enjeux nationaux communs, mais aussi à des défis spécifiques à chaque territoire ». 

 

8 préconisations réparties en 3 axes ont été formulées via l’étude : 

  • Adapter l’offre de formation professionnelle continue à l’évolution des emplois et des compétences de la filière électrique. Est notamment proposé de faciliter l’accès à la formation pour l’ensemble des salarié.es ; 
  • Développer l’attractivité de la filière électrique et de ses métiers auprès des jeunes, des salarié.es et des personnes en recherche d’emplois. L’étude recommande de recruter « autrement », et de privilégier l’alternance. Ou encore de mettre en avant « le rôle stratégique de la filière sur la transition énergétique » auprès du grand public ;
  • Conforter le rôle des territoires dans l’anticipation des besoins en emplois et compétences et la gestion des parcours professionnels. Il s’agit ici de soutenir les initiatives territoriales, d’accompagner les TPE/PME dans le développement de l’emploi, des parcours professionnels et des compétences, et de valoriser au niveau européen les démarches prospectives de la filière. 

* Les 8 organisations professionnelles sont : FFIE, FIEEC, Gimélec, Ignes, Industries Méditerranée, Serce, Think Smart Grids et UFE. 

Rose Colombel
Photo de une : ©Adobe Stock

Par Redacteur

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