Les femmes, bientôt des hommes comme les autres dans le Bâtiment ? Vie des sociétés | 02.12.14

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Patrick Liébus, Président de la Confédération de l’Artisanat et des Petites Entreprises du Bâtiment (CAPEB) a remis le 26 novembre au Conseil économique, social et environnemental (CESE) un avis intitulé « Agir pour la mixité des métiers ». Ce document propose des leviers et actions en faveur de la mixité de l’emploi, notamment dans le secteur du Bâtiment où les hommes sont surreprésentés.
En matière de mixité, « le Bâtiment est l’un des secteurs où beaucoup reste à faire.» Patrick Liébus, président de la Confédération de l’Artisanat et des Petites Entreprises du Bâtiment (CAPEB), en est conscient et compte bien continuer à faire son possible pour y remédier. Ce 26 novembre, il a ainsi remis un avis au Conseil économique, social et environnemental (CESE). Intitulé « Agir pour la mixité des métiers », il propose des leviers et actions en faveur de la mixité de l’emploi, notamment dans le secteur du Bâtiment, une branche particulièrement masculine.

A titre d'illustration, en 2011, les ouvriers qualifiés du second œuvre du bâtiment et les ouvriers qualifiés du gros œuvre du bâtiment figuraient parmi les trois métiers majoritairement masculins contribuant le plus au déséquilibre professionnel entre les femmes et les hommes, avec 2,1 % de femmes dans chacun des cas.

Agir dès l’école contre les stéréotypes sexistes  

« Avec seulement 15 % des métiers exercés équitablement par les hommes et les femmes, la question de la mixité est clairement un enjeu national. Cet avis a pour but de formuler des propositions pour changer la situation au bénéfice de tous, a expliqué Patrick Liébus, auteur de l’avis. Choisir son parcours professionnel en fonction de ses envies et de ses compétences et non de son genre est une question d’égalité entre les individus mais aussi d’efficacité pour les entreprises. »

Aussi, l’avis du CESE encourage à agir dès l’école contre les stéréotypes sexistes et de continuer la sensibilisation dans le milieu professionnel. Pour ce faire, il préconise d’agir contre les stéréotypes dès l’école en formant les enseignants à la question de la mixité et en insistant sur ce point auprès des élèves notamment en fin de collège, au moment de leur orientation. Le Service public de l’emploi pourrait jouer un double rôle, en veillant à ce que les offres d’emploi ne soient pas discriminantes et en ne restreignant pas les opportunités d’emploi ou de réorientation des personnes accompagnées.

Au sein des entreprises, le CESE propose de nommer un référent « mixité des métiers » pour déconstruire les stéréotypes de genre dans les entreprises. En outre, les actions de branche en faveur de la mixité des métiers pourraient être recensées et évaluées afin de repérer et promouvoir les bonnes pratiques. Enfin, une meilleure coordination avec l’Éducation nationale permettrait d’adapter l’offre de formation et leur promotion aux enjeux de mixité.

Des actions ciblées envers les PME  

L'avis vise d'autre part à lever les freins à la mixité par les négociations professionnelles. Une organisation du travail prenant en compte l’articulation des temps vie privée / vie professionnelle pourra être envisagée dans les accords d’entreprise. Plus largement, de l'avis de la Capeb « les conditions de travail doivent plus largement être adaptées pour convenir aux hommes et aux femmes. »

Partant du constat que les secteurs industriels et techniques (Bâtiment, industries énergétiques et gazières, transports, informatique et télécommunications) qui sont les plus masculinisés, comportent de nombreuses PME, le CESE propose donc des actions qui les ciblent particulièrement. Plusieurs actions sont proposées dans ce sens, comme valoriser par une campagne grand public les métiers non-mixtes et notamment leurs aspects les plus innovants pour intéresser les potentiel(le)s candidat(e)s, ou inciter les observatoires à identifier les besoins de recrutement et à diffuser les bonnes pratiques.

Pour rappel, un métier est dit mixte quand les femmes et les hommes représentent entre 40 % et 60 % de ses effectifs. La CAPEB qui « a fait de la mixité des métiers du Bâtiment un cheval de bataille » a contribué à travers son engagement à « augmenter la part des femmes de 50 % entre 2001 et 2012 », rappelle son président.

A. LG
© piotr290 (Fotolia)

Redacteur

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