Reprise d’activité : le président de l’UNEP demande davantage de mesures Vie des sociétés | 28.04.20

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Dans une lettre adressée au Premier ministre et à quatre autres ministres le 22 avril, Laurent Bizot, président de l’UNEP (l'Union nationale des entreprises du paysage), réclame la mise en place de plusieurs mesures pour accompagner la reprise d’activité et aider les entreprises du paysage à faire face à la crise liée au Covid-19. Prolongation de la validité de documents administratifs, approvisionnement en matériel de sécurité sanitaire, réouverture des déchetteries aux professionnels, exonération des charges sur les heures supplémentaires… le point sur les mesures demandées.

Depuis le début du confinement, 71 % des entreprises du paysage ont dû cesser leur activité et bénéficient des mesures de chômage partiel.

 

Si l’entretien des jardins et espaces verts n’est pas une activité essentielle – outre pour la sécurisation d’infrastructures ou sites sensibles – le président de l’UNEP rappellait le 15 avril dernier que 60 % des Français avaient fait en sorte de se confiner sur un lieu qui possède un jardin, prouvant par là qu’il participe au bien-être physique et moral, surtout en cette période de confinement.

 

Alors que la plupart de ces entreprises sont soucieuses de reprendre leur activité au plus vite pour limiter les risques de faillites et ne pas manquer la saison printanière, Laurent Bizot a envoyé une lettre au Premier ministre et à quatre ministres, demandant la mise en place de plusieurs mesures pour faciliter la reprise et accompagner les entreprises durant la crise.

 

« Il est urgent d’agir pour assurer la continuité des activités d’une filière déstabilisée en pleine saison printanière, mais motivée et mobilisée pour répondre positivement aux messages du Gouvernement en faveur d’une reprise de nos travaux », a t-il estimé.

 

Assurer l’approvisionnement en matériel de sécurité sanitaire

 

Le président de l’UNEP demande notamment au ministre de l’Agriculture d’envoyer une lettre aux salariés du secteur pour les inciter à reprendre le travail dès lors que toutes les mesures de prévention sont assurées par l’employeur. Sur les 29 % des entreprises poursuivant leur activité, 30 % souffriraient en effet d’absentéisme.

 

Pour que ces salariés soient bien protégés, Laurent Bizot insiste sur la nécessité d’aider les entreprises à s’approvisionner en masques et gels, alors que 70 % d’entre elles estiment pour le moment ne pas être mesure d’assurer des conditions de sécurité sanitaire permettant une reprise.

 

Considérant les frais liés à l’achat de masques, gels, et autres lingettes pour assurer de bonnes conditions de sécurité sanitaires, la baisse de rendement liée au respect des gestes barrières, et la majoration des coûts d’approvisionnement de certains matériaux et des transports de collaborateurs, l’UNEP prévoit un surcoût de 10 % du prix de la main d’œuvre. Dans ce contexte, son président demande la création d’un indice intégrant un coefficient de perte lié aux mesures barrières (baisse de productivité, temps de désinfection…), et demande d’ouvrir le droit de renégociation des marchés.

 

L’UNEP demande également d’étendre aux marchés privés les mesures de l’article 6-4 de l’ordonnance du 25 mars 2020, qui vise à assurer le maintien de la facturation et de paiement en cas de marchés à prix forfaitaires, et d’insérer un volet sur l’indemnisation des préjudices subis par les entreprises liés au report d’exécution des contrats ou à leur rupture.

 

Autre mesure primordiale pour le secteur : la réouverture partielle des déchetteries aux professionnels, pour assurer le traitement des déchets verts et éviter le brûlage. Notant l’intervention de la ministre de l’Écologie qui avait incité les déchetteries à mettre en place un service minimum le 2 avril dernier, Laurent Bizot souligne qu’il s’agit d’ « un point essentiel pour la bonne reprise des activités du paysage, mais également pour les stations d’épuration qui utilisent des déchets verts dans l’hygiénisation des boues ». « Il faut aller au plus vite dans la mise en application de cette mesure », ajoute-t-il.

 

Une fois la reprise amorcée, le président de l’UNEP demande l’exonération des charges sociales et fiscales des heures supplémentaires « pour écluser le retard accumulé », et de prolonger de six mois la durée de validité des documents administratifs, notamment liés à la sécurité. « Les circonstances exceptionnelles relevant de l’état d’urgence entravent le fonctionnement régulier des services de l’État et organismes de formation habilités, le renouvellement des documents ne peut avoir lieu : il s’agit donc d’éviter le blocage des chantiers », précise Laurent Bizot.

 

Enfin, l’UNEP demande de reconnaître le Covid-19 comme une catastrophe naturelle pour mobiliser les compagnies d’assurance dans l’aide aux entreprises, et la diminution des primes d’assurances pendant les périodes non travaillées, durant lesquelles le matériel n’a pas été utilisé.

 

C.L.

Photo de une : Adobe Stock

Redacteur

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