Syndics de copropriété : trop d’excès tarifaires, d’après l’UFC-Que Choisir et l’ARC Vie des sociétés | 29.05.17

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Un peu plus de deux ans après la loi Alur et la mise en place du contrat-type, l’UFC-Que Choisir et l’ARC (Association des responsables de copropriétés) ont comparé les offres et tarifs proposés par les syndics de copropriété en 2017 par rapport à 2014. Et d’après les résultats communiqués par les deux organismes, la situation ne va pas en s’améliorant : en trois ans, le taux d’inflation s’élève à 0,9%, les syndics ayant visiblement « profité du contrat type pour faire exploser les prix ».
Encore une étude qui risque bien de faire grincer des dents ! Après les artisans de la rénovation énergétique en décembre dernier, c’est aujourd’hui aux syndics de copropriété que l’UFC-Que Choisir et l’ARC se sont attaqués. Et les deux organismes n’y vont pas avec le dos de la cuillère !

Rappelant que la loi Alur (2014) devait « couper court aux enchères tarifaires et déloger les mauvaises pratiques », l’ARC et Que Choisir se sont penchés sur les offres et tarifs pratiqués en 2017 par 5 syndics majeurs : Foncia, Nexity, Citya, Loiselet et Daigremont et Immo de France.

Les résultats de ces observations ont ensuite été comparés aux indicateurs relevés en 2014. Et le verdict est sans appel. « La déception est à la hauteur de l’attente : immense ! », résument, sans détour, les deux organismes, qui ont publié le 24 mai le rapport intitulé « Les copropriétaires toujours aussi mal lotis ! ».

Des prix toujours plus élevés

« Depuis notre dernière étude, force est de déplorer que les syndics ont profité du contrat type pour faire exploser les prix : +37% chez Loiselet Daigremont, +33% chez Citya, +26% chez Nexity… alors que l’inflation entre mars 2014 et mars 2017 s’élève à 0,9% ! », commencent l’UFC et l’Arc.

« Pire, lorsque les prix des forfaits sont relativement stables (Foncia et Immo de France), c’est en fait un trompe l’œil. En effet, soit le nombre et la nature des prestations ont baissé […] comme chez Citya et Immo de France ; soit alors le prix des prestations hors forfait et des frais privatifs explosent : le taux horaire de certains syndics (Foncia) a ainsi fait un bon de +129% ! », détaillent les auteurs de l’enquête.

Si la réglementation avait pour but de limiter les abus tarifaires, elle aura surtout creusé un peu plus les disparités entre les prix pratiqués par les différents syndics, semant la confusion auprès des clients finaux. « Par exemple, l’immatriculation est facturée à l’acte entre 180 (Citya) et 330 euros (Nexity) alors que le coût raisonnable est compris entre 100 et 120 euros », notent l’UFC et l’ARC.

Sidérés par ces constats, les deux organismes concluent leur rapport en déclarant avoir saisi la DGCCRF « aux fins de renforcer les contrôles et les sanctions ». Ils comptent également « demander au législateur de préciser le cadre réglementaire pour couper court aux petits arrangements. »

F.C
Photo de Une : ©Fotolia
Redacteur

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