Entretien de la chaudière biomasse : l’AQC livre ses conseils

Vie pratique | 04.11.21
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Jeudi 4 novembre, l'Agence Qualité et Construction (AQC) présentait son rapport REX Bâtiments performants sur la chaudière biomasse, faisant le point sur ses dégâts associés, et les bonnes pratiques pour y remédier.

Après un rapport rendu sur les ciments décarbonés et une autre sur l’isolation du plancher bas en rénovation, le dispositif REX Bâtiments performants, lancé il y a dix ans par l’Agence Qualité Construction (AQC), s’attaque à la chaudière biomasse. Lors d’une présentation ce jeudi matin avec l’association Envirobat Centre, l’agence a livré ses bonnes pratiques pour éviter certains dégâts quant à l’utilisation des solutions thermiques.

Mauvaise évacuation de fumée nuisible, voire nocive, bourrage intempestif et usure des systèmes de convoyage, surcoûts en consommation et réparation des appareils… Les désagréments associés à l’entretien d’une chaudière biomasse sont aussi nombreux que ses causes et ses solutions.

Bien dimensionner l’installation 


D’après les retours d’expérience sur le terrain, des cycles de fonctionnement cours et répétés de la chaudière biomasse causent l’évacuation de fumées épaisses, noires et persistantes. Le principal facteur: le dimensionnement du dispositif.

Si les améliorations énergétiques liées au bâti sont mal prises en compte, l’installation peut être surdimensionnée. C’est le cas par exemple quand les méthodes de dimensionnement des énergies fossiles sont appliquées à celles de la biomasse. Sans compter aussi les évolutions des besoins en chauffage et eau-chaude sanitaire (ECS), qui, dans l’urgence, peuvent entrainer une mauvaise appréhension de la modularité de l’équipement.

Autant de facteurs pouvant provoquer l’usure prématurée du foyer de la chaudière et l’encrassement des ses conduits. Ainsi la chaudière ne fonctionne pas à sa puissance nominale, et de cette faible performance surviennent des surconsommations. D’où la nécessité, selon REX Bâtiment performants, de mandater en amont un expert spécialisé et qualifié dans l’énergie bois, pour qu’il étudie les besoins du bâti et de ses occupants. 

Pour limiter les courts cycles et les temps de fonctionnement en deçà de la puissance nominale, un ballon tampon peut être installé - Crédit photo : AQC
Pour limiter les courts cycles et les temps de fonctionnement en deçà de la puissance nominale, un ballon tampon peut être installé - Crédit photo : AQC

L’artisan est aussi encouragé à privilégier l’installation en cascade, avec une solution mono-énergie (plusieurs chaudières bois) ou bi-énergie (une chaudière bois assurant 80 à 90 % des besoins, accompagnée d’un appoint). 

S’assurer d’un volume et d’un transfert adéquats


Le rapport REX Bâtiment performants préconise aussi la conception d’un silo d’un volume utile suffisant. En effet, la fréquence de remplissage du silo peut être plus importante que celle prévue en conception. D’autant qu’il est compliqué de trouver un fournisseur pouvant livrer en petites quantités. Des surcoûts ont été souvent signalés en conséquence d’une augmentation de la fréquence d’approvisionnement. À cela s’ajoute une hausse du temps nécessaire à la conduite de chaufferie pour accueillir les livraisons.

Pour rectifier le tir, le rapport recommande d’étudier l’éventualité de réhausser le silo ou de changer le système de dépotage par du soufflage. Ce dernier serait certes plus onéreux mais permettrait un remplissage plus complet. 

Le soufflage des plaquettes se fait au point le plus haut du silo, permettant un remplissage optimale, correspondant au volume utile calculé - Crédit photo : AQC
Le soufflage des plaquettes se fait au point le plus haut du silo, permettant un remplissage optimale, correspondant au volume utile calculé - Crédit photo : AQC

 

La trémie de livraison et le silo de stockage sont de leur côté exposés à des bourrages intempestifs, à l’origine d’un allongement de la durée de remplissage et des casses coûteuses dans ce système de transfert. Pour le simplifier et le désengorger, il conviendrait d’opter pour des silos aériens, voire semi-aériens, et de minimiser le nombre de vis de convoyage. Envisager un système de soufflage serait aussi l’idéal pour des chaudières dont la puissance est inférieure à 100 kW.

Système de convoyage direct avec deux vis sans fin en parallèle, depuis la trémie vers le silo, l’un pouvant prendre le relai quand l’autre ne fonctionne plus - Crédit photo : AQC
Système de convoyage direct avec deux vis sans fin en parallèle, depuis la trémie vers le silo, l’un pouvant prendre le relai quand l’autre ne fonctionne plus - Crédit photo : AQC

Les problèmes de bourrage et de casse touchent également le convoyage entre le silo et la chaudière. Ce système doit être choisi en fonction du silo et du type de combustible (granulométrie, humidité…). Il est conseillé que les silos soient aériens ou semi-enterrés, de façon à éviter une différence d’altimétrie entre le silo et le foyer. D’ailleurs, l’artisan doit prendre connaissance des règles d’installation des vis sans fin entre silo et chaudières, différentes de celles pour l’installation des vis entre trémie et silo, qui peuvent différer d’un fabricant à un autre. Enfin, prévoir des trappes de visite facilite la maintenance. 

Le rapport REX Bâtiment performants recommande d’organiser un entretien annuel en partie amont de la chaufferie, afin d’anticiper toute casse de dessileur ou vis de convoyage. L’intervention des techniciens est donc nécessaire en fin saison de chauffe plutôt qu’en pleine saison, les entreprises étant surchargées à cette période. Avant la visite , il convient de vider le silo, vérifier les contrats de maintenance, et s’assurer que les opérations associées ont bien été effectuées, et que les techniciens ont bien été formés à la marque de la chaufferie. 


Contrer toute présence d’obstacle 


Souvent des corps étrangers viennent bloquer le système d’alimentation en combustible, entraînant sa dégradation, même l’arrêt de la chaudière, et donc la sollicitation d’un appoint. En solutions correctives, les recommandations de REX Bâtiment performants misent sur des échanges avec le fournisseur sur les conditions de stockage. Chose qui aboutira à un contrat d’approvisionnement et un contrôle de la livraison lors du déchargement. 

Autre contrôle à effectuer sur la palette de bois : leur taux d’humidité, assurable encore une fois par la rédaction d’un contrat, mais aussi la vigilance d’un agent d’exploitation qualifié. Si la qualité n’est pas vérifiée, cela conduit à la formation d’agglomérat, due à la fermentation et la condensation des palettes. De quoi provoquer une fois de plus des bourrages. 

La combustion peut aussi s’avérer incomplète, causant un mauvais rendement énergétique. Un encrassement à la suie et au goudron de la chaudière, et des émissions de fumées, d’odeurs et de monoxyde de carbone, font partie des autres conséquences. Le taux d’humidité est toutefois contrôlable avant le dépotage, notamment à travers la méthode micro-ondes.

Installation d’un poste de contrôle d’humidité des plaquettes dans le local chaufferie - Crédit photo : AQC

Par ailleurs, pour une bonne évacuation des fumées, diverses solutions sont à envisager : étude de fumisterie (arrivée d’air comburant, conditions météorologiques adéquates…), possibilité d’installer un modérateur de tirage. Ramoner reste la première pratique à adopter, deux fois par an, dont une pendant la saison de chauffe, comme l’exige le décret du 9 juin 2009.


Virginie Kroun
Photo de Une : Adobe Stock
 

Virginie.kroun
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