Stratégie logement : les propositions des architectes pour réussir le « choc d’offre » Architecture | 05.10.17

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Dans une tribune publiée lundi 2 octobre, la présidente du Conseil national de l’Ordre des architectes (Cnoa), Catherine Jacquot, s’interroge sur l’efficacité des mesures prévues par la future loi Logement. Elle y émet une série de propositions pour « construire mieux » et réussir le « choc d’offre » souhaité par le gouvernement. Les architectes considèrent notamment que la loi « n’aura pas atteint ses objectifs » si la création architecturale n’a pas sa place.
Le 4 août dernier, le Ministère de la Cohésion des territoires lançait un appel à contributions en prévision de la future loi Logement. Dans le cadre de cette consultation, le Conseil national de l’Ordre des architectes (Cnoa) avait formulé 11 propositions.

Parmi ces contributions : systématiser le recours à l’architecte quelle que soit la surface du projet dans les sites patrimoniaux remarquables et les secteurs protégés, instituer un diagnostic global préalable à tous travaux sur le parc existant ou encore accélérer l’accès de l’administration aux outils et procédures numériques.

Les principales mesures étant aujourd’hui dévoilées, Catherine Jacquot, présidente du Cnoa a dressé la liste des « préjugés qui empêchent de construire mieux ». Dans une tribune publiée lundi 2 octobre, elle liste les moyens de réussir le « choc d’offre » souhaité par le gouvernement.

En effet, le Cnoa s’interroge sur la capacité des mesures annoncées à répondre aux objectifs fixés par le Ministère. « Pour construire plus, vite et mieux », la future loi doit « en premier lieu répondre à la demande criante de logements, essentiellement sociaux » et engager une « réhabilitation écologique du bâti existant », souligne Catherine Jacquot.

Pour elle, l’enjeu patrimonial, la qualité architecturale et urbaine, « sont insuffisamment pris en compte dans les mesures annoncées par le gouvernement. Pourtant le bien être des habitants, l’économie sociale et environnementale dépend pour une grande part de la qualité du patrimoine existant à créer », poursuit-elle.

Un projet de loi maladroit

Dans sa tribune, Mme Jacquot tente ainsi de replacer l’architecture au cœur du débat et met à mal les idées reçues. Elle rappelle que les plans locaux d’urbanisme nécessitent des études approfondies : « ils sont de véritables projets de ville ou de territoires pour lesquels le recours à des équipes pluridisciplinaires de conception en urbanisme, en paysage et en architecture est indispensable », dit-elle.

Concernant le choix de la maitrise d’œuvre, elle rappelle que « l’architecture est un bien public, et seule la procédure de concours permet le choix d’une équipe de maitrise d’œuvre non sur le prix mais sur le projet ».

Par ailleurs, elle s’oppose à l’idée que la conception réalisation permettrait de réaliser des économies. Au contraire : « Elle restreint considérablement la concurrence entre les entreprises et les architectes. Pour faire baisser les coûts de construction, il faut ouvrir l’appel d’offre à toutes les entreprises et favoriser l’allotissement », considère-t-elle.

Créer un choc de l’offre

Pour créer un « choc de l’offre », Catherine Jacquot estime nécessaire que « la construction de logements sociaux doit être la pierre angulaire du dynamisme de l’activité de la filière bâtiment ». Ce choc adviendra « si le foncier public est mis à disposition par l’Etat, à un coût bas ».

La loi doit également accompagner « la modernisation de l’ensemble de la filière avec l’accès aux nouveaux outils numériques, de permettre le développement de la recherche, et de créer les normes et règles autrement. »

« L’habitat est une expression de la culture, si la création architecturale, capable sans cesse de s’adapter aux évolutions sociales n’a pas sa place, la loi n’aura pas atteint ses objectifs », conclut-elle.

R.C
Photo de une : @Fotolia
Redacteur

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