Data centers : 43 milliards d'euros d'investissements nécessaires selon la FNTP

La création de data centers en France sont de « nouvelles perspectives pour les travaux publics ». C'est la conclusion d'une étude menée par la Fédération nationale des travaux publics (FNTP), publiée jeudi 3 septembre.
Avec la généralisation des usages de l'intelligence artificielle, les investissements mondiaux pourraient atteindre les 6 700 milliards de dollars d'ici 2030, selon une estimation du cabinet McKinsey. Pour l'Agence internationale de l'énergie (AIE), la consommation électrique des data centers représentait 1,5 % du total planétaire. Mais localement, comme en Irlande, où ils représentaient déjà 22 % de l'électricité consommée il y a deux ans, l'impact peut être beaucoup plus important.
La France dispose d'atouts pour la création des data centers
La FNTP estime à 43 milliards d'euros les investissements nécessaires dans les infrastructures des data centers de 2025 à 2035, dont près de la moitié (de 15 à 24 milliards d'euros) pour les travaux publics et avec une accélération à partir de 2030. La fédération ajoute que la France se distingue des autres nations par la composition de son mix énergétique majoritairement bas carbone, avec la présence de nucléaire et d'énergies renouvelables, permettant en théorie de mieux s'approcher des différents engagements climatiques.
L'Hexagone dispose aussi d'une « porte d'entrée numérique entre l'Europe, l'Afrique, le Moyen-Orient et l'Asie » avec Marseille et sa connexion avec différents câbles sous-marins. Avec 91 % de locaux raccordables à la fibre optique, la France dispose donc de plusieurs arguments pour l'accueil de nouveaux data centers.
Mais leur implantation reste, précise la FNTP, un choix hautement politique puisque leur alimentation en électricité peut « entrer en concurrence, localement, avec d’autres usages en croissance : réindustrialisation, électrification des transports, production d’hydrogène, infrastructures portuaires ou nouveaux quartiers urbains ».
Lors de la dernière édition du sommet Choose France, ces arguments semblent avoir convaincu des entreprises de prévoir 93 milliards d'euros d'investissement, en grande partie dans l'IA. Pour l'instant, si l'Europe figure en tant que deuxième pôle d'accueil de data centers dans le monde, avec 320 à 335 infrastructures, les États-Unis sont encore loin devant, avec près de 5 400 centres.
Un débat politique qui s'annonce sur le coût environnemental
Cependant, les installations de ces constructions rencontrent de plus en plus d'opposition outre-Atlantique. Début septembre, le président Donald Trump a qualifié d'« arriérés et pauvres » les opposants aux data centers, s'attirant par la même occasion des critiques d'élus Républicains, son propre parti.
Devenu un véritable enjeu des midterms, prévues cet automne, le mouvement de contestation met en cause le coût en eau des structures et leur consommation énergétique.
Des problématiques sur lesquelles la FNTP propose de travailler, notamment avec une généralisation de la récupération de la chaleur fatale encore « sous-exploitée », et une réduction des prélèvements d'eau (qui a déjà baissé de 15 % entre 2023 et 2024).
Mais alors que RTE estime la part des data centers dans la consommation électrique de la France à 4 % en 2035, le débat sur les data centers devrait avoir toute sa place au niveau politique, notamment lors de la campagne à l'élection présidentielle de 2027.
Ne manquez plus l’actualité du bâtiment ! Inscrivez-vous à la newsletter pour recevoir directement dans votre boîte mail les dernières actus du BTP Je m’abonne gratuitement → |














