Faut-il redéfinir le diagnostic de performance énergétique des logements ?

Développement durable | 18.02.14
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Selon une étude menée par Dinamic, l'étiquette énergétique attribuée à un bien immobilier lors d'un diagnostic de performance énergétique (DPE) impacte de 30 % sa valeur. Or, les biens immobiliers chauffés à l'électricité sont souvent moins bien classés comparés à un logement chauffé au gaz, alors que cette solution est moins chère et faiblement émettrice de CO2. Une incohérence que souligne l'association Equilibre des Energies (EdEn) qui réclame une révision du DPE.

« Le diagnostic de performance énergétique tel qu'il est défini aujourd'hui est incohérent avec l'objectif initial de mesurer la qualité de l'énergie d'un bâtiment à vendre ou à louer », a souligné l'association Equilibre des Energies (EdEn) suite à une étude menée par l'association Dinamic, sous la direction de Claude Taffin son directeur scientifique.

Le DPE, annexé à toute promesse de vente ou acte authentique depuis 2006, inclut les variables « énergie » et « climat » dans les bases immobilières notariales. Il comprend ainsi deux étiquettes, qui classent chacune le logement sur une grille d'évaluation de A, la meilleure note possible, à G, la plus mauvaise, l'une en fonction de son niveau de consommation d'énergie et l'autre en fonction de l'impact de cette consommation sur les émissions de gaz à effet de serre.

Or, cette étude, publiée ce lundi 17 février, révèle que les biens chauffés à l'électricité, en particulier ceux construits à partir du milieu des années 70, respectant les normes et labels en vigueur à l'époque de leur réalisation, sont « dévalorisés par le DPE de manière incompréhensible pour le public et incohérente avec les objectifs du Grenelle de l’environnement. Alors qu’un logement chauffé à l’électricité coute moins cher à son occupant et émet moins de CO2, il est pourtant classé moins bien que celui chauffé au gaz ! » s'insurge l'association EdEn dans son communiqué.

D'après les données 2011 du CEREN, publiées par l'Ademe, le chauffage électrique apparaît en effet comme moins cher que les autres solutions, notamment pour les maisons individuelles. Les factures d’un chauffage au gaz sont en moyenne supérieures de 11% par rapport à l’électricité et celles du fioul supérieures de 36%.

Dans le cadre du DPE, qui raisonne en énergie primaire, un logement chauffé à l’électricité est donc déclassé d’un niveau par rapport à un logement identique chauffé au gaz en raison du coefficient 2,58 appliqué aux solutions électriques.

Le DPE impacte d'environ 30 % la valeur d'un bien immobilier

Selon Claude Taffin, l'autre problème de ce DPE est d'impacter la valeur immobilière des biens. « Des écarts extrêmement importants ont été constatés, pouvant approcher les 30 % de moins value pour un logement de classe G, ou de plus value pour un logement classé AB ».

 

                   Impact de l’étiquette énergie sur le prix des maisons selon la zone climatique - © EdEn


D'après les données fournies par l'étude, l'impact de l'étiquette énergie sur le prix des maisons varie selon la zone climatique. Ainsi, les régions du Nord-Est accueillent les logements les moins performants avec des étiquettes « E » et « FG », alors que plus on descend au Sud, plus la part des étiquettes A et C augmente. A noter toutefois que sur l'ensemble de la France, la lettre D est la plus largement répandue.

« Il est totalement incohérent de pénaliser, dans le cadre d’une réglementation sensée accompagner la transition énergétique, les solutions les plus économes, que l’on parle d’euros ou d’émission de CO2. Une réflexion en énergie primaire n'a aucun sens pour le consommateur », a déclaré le président de l'association EdEn, Jean Bergougnoux.

Il réclame notamment une révision du DPE pour que ce dernier soit redéfinit en fonction de factures normatives exprimées en euros (prix de l’énergie finale au m2 exprimé en euros intégrant le coût d’entretien du matériel) ce qui « correspond aux réelles préoccupations des occupants d’un logement ».

C.T
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