Les énergies renouvelables, indispensable levier de la reprise économique Développement durable | 11.06.20

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Les représentants du SER (Syndicat des Energies Renouvelables) se sont réunis le 9 juin pour présenter leur plan de relance économique, fondé sur le potentiel des énergies renouvelables et la massification de la rénovation énergétique. Le point sur les mesures proposées.

Toutes veulent contribuer à la relance économique de l’hexagone. Les différentes filières de métiers tentent tant bien que mal de prouver au gouvernement que chacune pourrait aider à redresser la situation économique. Mais le gouvernement a déjà en grande partie opté pour le secteur des énergies renouvelables, qui a par ailleurs dévoilé son plan de relance.

 

Dans une conférence de presse organisée le 9 juin par le SER, les énergies renouvelables sont présentées comme « un levier essentiel du redémarrage de l’économie », mais le plan du SER séduit d’autant plus qu’il s’inscrit dans une démarche européenne : « Il faudra que la relance française soit cohérente » avec le projet Green Deal - ce projet présenté par Ursula Von Der Leyen, présidente de la Commission européenne, prévoyant la neutralité carbone du continent européen - déclarait Jean-Louis Bal, président du syndicat.

 

Rendre la transition écologique abordable 

 

Alors que la France détient « le record européen » de lenteur en matière de transition écologique, faciliter les démarches d’accès à ces énergies renouvelables devient la priorité du secteur. Pour soutenir le BTP, le SER estime qu'il convient notamment d’accélérer le déploiement de projets, comme par exemple la dématérialisation des demandes de permis, la réduction des délais d’instruction pour les appels d’offres, et l’encadrement de l’instruction des recours. La rénovation énergétique est également l'un des principaux enjeux de cette relance. Mais avec un pouvoir d’achat diminué, la rénovation ne serait plus la priorité. Le SER propose donc d’élargir MaPrimeRénov' (ancien CITE) aux foyers les plus aisés, et d’instaurer dans la RE2020 une obligation de chaleur renouvelable. Par la voix de Jean-Louis Bal, la filière incite l’État et les collectivités à raccorder leurs bâtiments à des dispositifs de chauffage et de froid plus vertueux, une façon pour les pouvoirs publics de montrer l'exemple.

 

Pour permettre la transition écologique, la filière des énergies vertes souhaite soutenir les particuliers. Étant donné la baisse des prix des énergies fossiles, le SER demande à augmenter la taxe carbone (une pénalité pour les énergies rejetant des gaz à effet de serre). Cependant, les revenus engendrés par cette taxe devront impérativement servir à accompagner les particuliers et les entreprises dans leurs démarches de transition écologique : « On a retenu la leçon des gilets jaunes. Les recettes de cette contribution doivent être redistribuées pour accompagner les ménages, les collectivités et les entreprises dans la transition écologique » explique Jean-Louis Bal. Le syndicat prévoit également un dispositif fiscal au travers d’une exonération de charges ou d’un accès à des prêts bonifiés pour inciter les particuliers à choisir les énergies renouvelables. La création d’un chèque "énergies renouvelables", reversé aux foyers les plus modestes, est également envisagé.

 

Le président du SER a également félicité, à l’occasion de cette conférence de presse, l’adoption de la Programmation Pluriannuelle de l’Energie (PPE) fin avril, en plein confinement. Cette feuille de route prévoit d’ici 8 ans une montée en puissance des énergies renouvelables en même temps que le retrait des énergies nucléaires. « Ce qui nous manque est un outil de pilotage pour avoir les tendances pour chaque année, qui nous dise si on suit les objectifs. (Pour) qu'on n'attende pas 2027 pour constater qu'on n'atteindra pas les objectifs de 2028. Je ne garantis pas que la PPE sera respectée. On est plus optimistes que pour les PPE précédentes, mais on restera vigilants », ajoute Jean-Louis Bal. 

 

Pour compléter son plan de relance, le SER propose des mesures pour chaque type d’énergie : l’éolien en mer, l’éolien terrestre, l’hydroélectricité, le bois énergie, le gaz renouvelable, le biocarburant et la géothermie. Concrètement, ces mesures portent là encore sur le développement de ces énergies et sur leur accessibilité. 

 

18 organisations envoient une lettre au Premier ministre

 

Le 9 juin, 18 organisations liées à la filière des énergies renouvelables ont également adressé une lettre au Premier ministre. Par ce courrier, la filière proclame son soutien unanime aux objectifs fixés par la loi de transition énergétique pour la croissance verte et la loi énergie climat, soit les deux mesures suivantes : 

  • la neutralité carbone en 2050 avec une réduction minimum de 20 % de la consommation d’énergie finale d’ici 2030,
  • la rénovation des logements en situation de précarité énergétique d’ici 2028 (pour les bâtiments classés F et G) et de l’ensemble du parc bâti d’ici 2050. 

 

Les 18 signataires (Coénove, le CLER, le CIBE, Energie et Avenir, Amorce, Uprigaz, Synasav...) expriment cependant leurs inquiétudes quant à l'atteinte de ces objectifs et attirent notamment l’attention des pouvoirs publics « sur l’accélération nécessaire du rythme de rénovations BBC dans le respect de la programmation pluriannuelle de l’énergie qui en prévoit 370 000 par an de 2015 à 2030 ce qui impose, compte tenu de l’historique, d’en faire 540 000 par an entre 2020 et 2030 ». 

 

A travers ce courrier, les organisations réaffirment également leurs craintes concernant la future RE2020, alors que cette nouvelle réglementation devrait modifier le coefficient de conversion et le facteur d’émission de CO2, un choix qui privilégierait le chauffage électrique plutôt que le gaz.

 

D’après elles, la RE2020 dans cette version conduirait à « une électrification massive des usages thermique », sans pour autant réduire la consommation énergétique, ni encourager les Français à recourir aux énergies renouvelables, principalement pour le chauffage. Ces changements n’auraient que de mauvaises répercussions : la hausse des factures de chauffage, la multiplication des foyers en situation de précarité énergétique, la disparition de beaucoup d’emplois… Selon les signataires, cette réforme est considérée comme « inappropriée » et « contreproductive » face à la stratégie nationale bas carbone, et serait « non conforme » aux directives européennes.

 

Les 18 organisations demandent donc qu’une réelle concertation soit mise en place et proposent un grand programme de rénovation à très haute efficacité recourant massivement aux sources de chaleur renouvelables et aux pompes à chaleur performantes.

 

J.B

Photo de une ©Adobe Stock 

Redacteur

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