La charte tertiaire : « une dynamique volontaire réussie » selon Philippe Pelletier Eco-construction | 28.11.18

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Lancée il y a cinq ans à l’initiative du Plan Bâtiment Durable, la charte tertiaire séduit un nombre toujours plus important d’acteurs. Un rapport publié ce mercredi vient en effet souligner l’engagement et la mobilisation sans précédent des signataires. Il identifie également les leviers d’actions efficaces en faveur de l’efficacité énergétique et environnementale des bâtiments tertiaires publics et privés et les difficultés rencontrées sur le terrain.
Le Plan Bâtiment Durable publie le 4e rapport de suivi de la charte tertiaire. Initiée en 2013, cette démarche volontaire réunit différents acteurs impliqués dans l’amélioration de la performance énergétique et environnementale de leurs immeubles.

Cinq ans après son lancement, la charte compte près de 130 signataires. « Cette dynamique d’envergure n’a cessé, au fil des mois, de se renforcer », se félicite Philippe Pelletier, président du Plan Bâtiment Durable ajoutant que ces acteurs, publics et privés, se sont engagés « avant même l’entrée en vigueur de l’obligation réglementaire, à améliorer l’efficacité énergétique des actifs qu’ils détiennent, gèrent ou utilisent ».

A travers ce nouveau rapport, conduit par l’Institut Français pour la Performance du Bâtiment (IFPEB) et l’Observatoire de l’Immobilier Durable (OID), les signataires rendent compte « des progrès réalisés et des difficultés rencontrées ». Des retours d’expérience essentiels « à l’heure où la loi ELAN vient confirmer l’obligation d’amélioration énergétique du parc tertiaire et où la co-construction du « décret tertiaire » avec les professionnels vient d’être remise sur le métier », poursuit M. Pelletier.

L’engagement « résolu » des acteurs

Le rapport se fonde sur les réponses de 40 signataires parmi lesquels se distinguent trois groupes d’acteurs. Tout d’abord les plus expérimentés qui sont parvenus à maturité dans la mise en oeuvre d’une stratégie énergétique: les outils sont en place et les effets mesurés. Ils ont également engagé la réduction de leurs émissions à effet de serre.

Les work in progress ensuite : ils sont globalement en ligne avec la progression inscrite dans la loi Elan et appliquent une politique globale de gestion qui contribue aux résultats, précise le rapport.

Et enfin, les apprenants. Moins avancés sur leurs résultats mais en pleine action, ils ont mis en place une stratégie de moyen.

« Même si des progrès sont observés depuis le dernier rapport, des difficultés de terrain persistent », indique le Plan Bâtiment Durable. « La connaissance des consommations des parcs reste un point dur de mise en oeuvre ». A noter tout de même que 50% des signataires ayant répondu possède « l’image énergétique » de leur parc.

Les collaborations entre bailleurs et locataires peinent à progresser et pour certains, l’équation économique contrainte reste la difficulté première.

L’enjeu carbone globalement bien identifié mais…

Le Plan Bâtiment Durable observe que l’enjeu carbone est globalement bien identifié mais qu’il reste difficile à appréhender. Si les acteurs s’appuient sur une palette d’outils afin de répondre plus largement aux enjeux environnementaux et climatiques (BBCA, E+C-, développement de plans de mobilité, etc.), les actions menées « sont encore peu structurées ».

Ainsi, se dégagent là encore trois catégories parmi les signataires:

- Les plus engagés ou « 2 degrés » qui ont des objectifs ambitieux de réduction des émissions de gaz à effet de serre. Ils ont mesuré leurs émissions et établi une stratégie.
- Les premiers pas mesurent leur émissions, réfléchissent à un objectif ou ont d’ores et déjà défini un objectif de réduction « mais moins ambitieux ou à plus court terme que le premier groupe ».
- Les pas encore: ils n’ont ni mesure de leurs émissions, ni objectifs chiffrés compte tenu « de la complexité du sujet mais anticipent ce sujet qui va devenir majeur dans les années à venir ».

Le rapport souligne en outre que les énergies renouvelables restent un sujet « émergeant ». Mais là aussi, les résultats sont contrastés. « Si le déploiement d’installations de la part d’utilisateurs, d’utilisateurs propriétaires et de propriétaires se confirme, le manque de stabilité du cadre réglementaire est perçu comme un frein au développement à plein potentiel de ces solutions ». A ce propos, le rapport émet un message : le déploiement des EnR et le suivi de leur production « pourraient être soutenus par le développement de l’autoconsommation lorsque le paysage réglementaire sera stabilisé ».

« Les leviers de réduction des émissions de gaz à effet de serre sont nombreux », rappelle le Plan Bâtiment Durable ajoutant que « la multiplicité des outils et leviers nécessite cependant de construire un état initial précis afin d’agir sur les sujets les plus prégnants ».

« Ce rapport démontre que le marché des professionnels de l’immobilier et des grandes organisations, au prix d’efforts mais surtout d’une mobilisation bien organisée, sait globalement répondre présent et contribuer aux objectifs de notre transition énergétique », conclut le document.

R.C
Photo de une : ©Fotolia
Redacteur

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