Les Français sont-ils (vraiment) prêts à agir contre le changement climatique ? Eco-construction | 11.12.18

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Les Français sont-ils (vraiment) prêts à agir contre le changement climatique ?
Une enquête de l’OFCE révèle que les Français sont conscients et inquiets de la réalité du changement climatique. Mais s’ils sont prêts à prendre des mesures d’atténuation, ils sont nombreux à estimer que leurs actions individuelles auront peu d’impact. Ainsi, la plupart des interrogés considère que la responsabilité d’agir « incombe aux autres » et notamment aux entreprises ou aux gouvernements.
Les experts sont formels : les efforts à réaliser en matière de lutte contre le changement climatique devront être « considérables » pour atteindre l’objectif de stabilisation du réchauffement sous les 1,5 degré.

Mais alors que des actions sont menées en France et dans le monde, les résultats se font attendre. C’est ce que souligne le premier rapport de l’Observatoire Climate Chance : « Si les engagements se multiplient, l’évaluation du travail réalisé reste encore faible et trop sectorisée ». Ainsi, il préconise de montrer les réussites et les difficultés des actions engagées pour pouvoir les démultiplier, lever « les obstacles et inerties qui empêchent d’être à la hauteur de l’enjeu ».

La gouvernement français engagé en faveur du climat

Lors de la COP24 qui se tient actuellement à Katowice en Pologne, le Gouvernement français a rappelé sa volonté d’être « moteur de l’ambition climatique européenne ». Brune Poirson a notamment annoncé une hausse des financements apportés par la France aux pays en développement.

« Tenir nos engagements, agir et être cohérent ce sont les trois piliers de notre stratégie de négociation pour le climat. C’est une condition pour créer de la confiance dans notre capacité à mobiliser massivement les financements nécessaires à la lutte contre le changement climatique partout dans le monde », a déclaré la secrétaire d’État.

Les financements publics pour le climat passeront ainsi de 3 milliards d’euros par an en 2015 à 5 milliards d’euros par an en 2020 (+ 60% par rapport à 2014). Et la part consacrée à l’adaptation climatique passera de 1 à 1,5 milliard d’euros par an.

En outre, la France contribuera au fonds d’adaptation au changement climatique destiné au pays en développement à hauteur de 15 millions d’euros et au fonds pour les pays les moins avancés à hauteur de 20 millions d’euros.

Les Français attentistes ?

Ces actions, les Français les soutiennent pleinement. Selon une enquête de l’Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE), L’idée selon laquelle la responsabilité d'agir « incombe aux autres », aux entreprises ou aux gouvernements, est « très répandue » chez une grande majorité des sondés. Ainsi, si les Français sont globalement conscients et inquiets de la réalité du changement climatique, ils estiment que leurs actions individuelles auront peu d’impact pour l’atténuer.

La majorité des sondés (90%) s’accorde sur le fait que l’activité humaine « est entièrement ou au moins partiellement la cause du changement climatique ». Sont-ils prêts à agir ? L’essentiel des Français envisagent de prendre des mesures d’atténuation, note l’étude. 14 actions possibles ont été répertoriées : en première position l’utilisation d’ampoules basse consommation (88,3%). On trouve également l’arrêt du mode veille pour le matériel électronique (77,9%), la réutilisation des sacs en plastique (77,47%), le tri et recyclage des déchets domestiques (73,19%) et dans une moindre mesure, l’achat de permis à polluer (1,55%).

« Ces actions sont assez souvent réalisées par les femmes, les personnes de plus de 45 ans, les chômeurs et les retraités, ainsi que les personnes ayant vécu des situations dues au changement climatique », précise l’enquête. « Les personnes interrogées ont également déclaré être prêtes à payer un prix 9,6% plus élevé pour acheter un produit 50% plus éco énergétique qu’un produit concurrent ».

Pourquoi les Français ne s’engagent pas davantage ?

Les obstacles à l’engagement vert les plus souvent cités sont le manque d’information pour savoir ce qui peut être fait, l’impression que les actions nécessaires coûtent trop cher et le sentiment que le changement climatique est un problème trop important pour que les initiatives personnelles d’un seul individu aient un quelconque impact.

Les auteurs de l'étude notent d'ailleurs que les niveaux de connaissances factuelles des Français sur le changement climatique « sont dans l'ensemble faibles à passables », avec des grandes différences dans l'action selon les catégories socio-professionnelles.

L’étude formule trois recommandations : l’élaboration d’un plan d’action national pour favoriser la prise de conscience de chacun ; la mise en place d'un observatoire de la perception du changement climatique et la responsabilisation de chaque individu via des propositions concrètes sur les comportements vertueux à suivre dont la publicité doit être assurée par la puissance publique.

R.C
Photo de une : ©Fotolia
Redacteur

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