Rénovation énergétique : l’UFC dénonce « les piètres performances des artisans » Eco-construction | 07.12.16

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Rénovation énergétique : l’UFC dénonce « les piètres performances des artisans »
Désillusion totale pour l’UFC-Que choisir ! Dans une étude publiée ce 7 décembre portant sur la rénovation énergétique, l’association de consommateurs s’est intéressée à la qualification des professionnels du secteur. Verdict : les résultats sont apparemment « désastreux », l’UFC pointant le manque de fiabilité des artisans, ainsi que les prix excessifs pratiqués sur le marché.
Carton rouge pour les professionnels labélisés RGE selon Que Choisir ! Alors qu’en 2014 déjà, l’UFC publiait une « enquête accablante » au sujet de ces artisans, le constat n’est guère plus glorieux deux ans après.

L’association vient en effet de publier une seconde enquête au titre évocateur : « Rénovation énergétique : des artisans du bâtiment qui n’ont toujours pas fait leur transition génétique pour répondre à la transition énergétique ». Ambiance.

Un examen rapide et inefficace du bâti

Pour mener son étude à bien, l’association a soumis 10 maisons mal isolées à l’avis de professionnels labélisés, qui ont émis, en retour, des devis en vue d’y effectuer des travaux de rénovation. Les premiers constats ne se font pas attendre.

En effet, seulement 9% des artisans réalisent une évaluation approfondie du logement, en s’appuyant sur 3 critères d’évaluation essentiels : « l’enveloppe du bâti », « la ventilation » et le « système de production de chaleur ».

©Enquête UFC-Que Choisir

« De manière générale, on constate que très souvent les professionnels se cantonnent à analyser la partie du bâtiment qui concerne la ou les compétences qu’il maîtrisent. Cette situation […] rend difficile voire impossible l’approche globale », précise l’UFC-Que Choisir.

Des préconisations qui manquent de cohérence

Les évaluations n’étant pas assez poussées, il n’est pas étonnant de constater que l’association est également très déçue par les préconisations qui en découlent, n’hésitant pas à parler de « grand n’importe quoi ». Le rapport relève notamment que les propositions des artisans sont « trop souvent partielles » et « rarement cohérentes ».

Plus alarmant, ces préconisations semblent finalement d’une efficacité plus que discutable. Selon l’UFC-Que choisir, elles « ne permettent de diviser que par 1,37 la consommation d’énergie, soit une baisse de 27%. »

« Nous sommes bien loin des objectifs de la loi Transition énergétique pour une croissance verte qui vise pour 2050 une division par 4 de la consommation des bâtiments, c’est-à-dire une baisse de 75% », s’offusque l’organisme.

Des coûts très élevés pour une aide quasi-absente

L’étude se poursuit en s’attardant ensuite sur les prix pratiqués par les professionnels. Le verdict est alors sans appel, l’UFC les qualifiant de « prohibitifs » et « exorbitants ».

Pire, l’association révèle avoir fait appel à un expert ayant comparé les prix proposés par les artisans de l’enquête et ceux pratiqués par « des professionnels efficaces ». Or, les tarifs observés dans l’étude sont systématiquement (beaucoup) plus élevés, rendant toute opération de rénovation énergétique impossible à rentabiliser.

©Enquête UFC-Que Choisir

Au vu de ces coûts particulièrement élevés, les aides et subventions sont particulièrement déterminantes dans le choix des consommateurs. Pourtant, l’ADEME indiquait dans un sondage réalisé en 2015 que seulement 44% des ménages ayant réalisé une rénovation énergétique ont bénéficié de la TVA à 5,5%, 28% d’un crédit d’impôt transition énergétique et 7% de Certificats d’économie d’énergie. Des chiffres qui peuvent s’expliquer par la multiplicité de dispositifs en place, ainsi que par leur manque de reconnaissance auprès des particuliers.

Face à ces nombreux constats, l’UFC-Que choisir a tenu à renouveler « ses demandes aux pouvoirs publics », portant notamment sur « un renforcement du contrôle et de la formation nécessaires à l’obtention » du label RGE, le développement « d’une filière "architectes-énergéticiens" indépendants », la mise en place d’une obligation de résultat afin d’éviter tout litige, ainsi que la « responsabilisation du préteur dans le cadre d’un crédit affecté ».

Dominique Tarrin, Directeur général de Qualibat, réagit

« 3 000 professionnels, présents dans tous les départements, sont en charge de l'attribution des qualifications, y compris RGE. Il s'agit dès lors d'un processus sérieux. En 2016, Qualibat a enregistré 18% de refus, toutes qualifications confondues, ce qui signifie qu'elles ne sont pas attribuées automatiquement. Il faut également savoir que, sur l'année, nous avons déjà dépassé les 5 000 retraits de qualification. Alors que Que Choisir laisse planer le doute sur le fait qu'il n'y ait pas de contrôle, nous prouvons, au contraire, que le dispositif est très rigoureux : plus de 10 000 artisans ont déjà été contrôlés depuis les débuts du RGE, la réglementation nous obligeant à effectuer un contrôle sur chantier dans les deux ans qui suivent l'attribution du signe de la qualité. L'audit est à la fois l'occasion de voir la réalisation de l'ouvrage et d'échanger avec l'artisan pour comprendre les différents points de mise en oeuvre de ce dernier, afin de détecter des problèmes éventuels et de lui donner des conseils. L'attribution d'une qualification RGE est donc bien un gage de qualité. »
 

F.C
Photo de Une : ©Fotolia
Redacteur

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