À Nanterre, un groupe scolaire dernière génération
Publié le 24 février 2026 à 9h00, mis à jour le 24 février 2026 à 8h33, par Sipane Hoh

SAM architecture n’en est pas à sa première réalisation dans le domaine scolaire. Bien au contraire, l’agence, fondée en 2007, est devenue une référence pour tout ce qui concerne la transformation des lieux d’apprentissage, l’évolution des espaces pédagogiques mais aussi l’adaptabilité et la modularité de l’architecture scolaire.
Forts de leur expérience, les architectes de l’agence parisienne aux multiples talents, ont imaginé pour la ville de Nanterre, un groupe scolaire fonctionnel, esthétique et novateur. Il s’agit d’une conception qui met en avant des matériaux biosourcés ainsi que de solutions climatiques passives sans oublier le bien-être des usagers.

En s’inspirant de pédagogie « active », un concept largement répandu, dans les pays d’Europe du Nord, où il est question d’autonomie, de créativité et de responsabilité des enfants, SAM architecture favorise une approche stimulante de l’apprentissage et propose des espaces pédagogiques et éducatifs qui s’éloignent des standards.
Soulignons que ces démarches ont été déjà mises en application dans plusieurs pays comme l’Allemagne, l’Autriche et le Danemark, pour un résultat prometteur. L’architecture constitue la clé de voûte de ces changements en engendrant des espaces variés qui s’ajustent aux situations d’apprentissage et d’activités différenciées afin de s’adapter aux divers besoins qu’ils soient psychologiques ou physiologiques de chaque enfant tout au long de la journée.
Un ensemble qui tisse des liens avec le voisinage

Le groupe scolaire des Groues, reconnaissable dans le paysage urbain alentour constitue une fraction de ville à part entière. Il ne s’agit pas d’un équipement déconnecté de son territoire mais d’un ensemble qui tisse des liens indéfectibles avec son voisinage. En témoigne l’une des cours qui jouxte sensiblement un jardin public.
Cette continuité remet le groupe scolaire au sein du territoire L’équipement scolaire n’est plus une coquille renfermée sur soi-même mais un lieu épanouissant ouvert sur la ville. Pourtant à Nanterre, le programme est conséquent, il s’agit d’un lieu qui accueille à la fois une école maternelle de huit classes, une école élémentaire de douze classes ainsi qu’un centre de loisir et d’un restaurant scolaire. Un ensemble qui met au diapason une multitude d’espaces et de fonctions diverses, sur une parcelle difficile de forme irrégulière.

Les matériaux brut mis en valeur
Dès l’entrée, les enfants découvrent un atrium central, protégé par une toiture en forme de papillon qui laisse pénétrer la lumière au cœur du dispositif spatial. Un escalier monumental relie le hall au toit-terrasse, il se fraie un chemin à travers l’impressionnante structure en bois mettant en évidence les matériaux bruts de la construction. C’est une manière savante et ludique d’apprivoiser l’architecture et la matière, la structure et les différents assemblages qui en découlent.
Cependant, à l’inverse des écoles prédominant outre-Rhin qui adoptent le parallélépipède comme configuration, le groupe scolaire des Groues relie progressivement, étage par étage, le jardin des rails à la place des Groues. À chaque niveau ses cours et terrasses privatives ainsi qu’à chaque classe ses espaces extérieurs, une multitude de potentialités inaccoutumées d’un équipement scolaire.
Autant de qualités qui font oublier le programme principal. L’école devient ainsi un écrin où se croisent allégrement une multitude de gradins surplombant un hall, quelques banquettes en demi-lune donnant sur les passerelles en étage et des placettes partagées en bout de couloir. Un monde enchanté qui pousse à prolonger les activités scolaires au-delà de leur périmètre figuré.

Entre bois et béton
Côté matérialité, il a été opté pour le béton concernant les balcons et les poteaux tandis qu’à l’intérieur le bois mis à nu apporte à l’ensemble une certaine chaleur. Une double structure bois-béton, couplée à l’intérieur par des poteaux en acier retenant le toit en forme de papillon, constitue un bel exemple d’hybridation où l’architecture tire le meilleur de chaque matière en formant un ensemble cohérent, fonctionnel et pérenne.
Le projet propose une multitude de cours différentes, avec au rez-de-chaussée une cour naturelle en pleine terre, au premier et second niveau, des cours minérales adaptées aux différentes saisons ainsi qu’une vaste terrasse ombragée par les panneaux photovoltaïques sur le toit.
Au sommet, le toit papillon est constitué d’un double shed. Son rôle ne constitue pas un dispositif qui sert à éclairer et ventiler l’atrium, mais il accueille un théâtre extérieur. Un petit clin d’œil au toit-terrasse de la Cité Radieuse ? Probablement. Toujours est-il que là-haut où la vue est imprenable, les élèves ne peuvent qu’être comblés.
Le Groupe scolaire des Groues, comme son grand-frère à Gennevilliers livré par SAM architecture deux ans auparavant, changent radicalement le concept d’un équipement d’enseignement et ouvrent le débat pour une architecture scolaire décomplexée, durable, innovante et ouverte sur la ville.














