Électrification de la France : ce qui change à la rentrée

Avec une « équipe de France » dédiée et de multiples annonces ces derniers mois, l'exécutif veut prouver qu'il agit pour l'électrification des usages. Si la feuille de route dévoilée en avril par Sébastien Lecornu a essuyé des critiques de la part de plusieurs organisations professionnelles, pour Hellio, conseiller en maitrise énergétique, il faut se préparer à « une transformation profonde de la politique de rénovation énergétique ».
Au 1er septembre, de premières évolutions devraient commencer à favoriser cette évolution. Même si les précisions d'arbitrages autour du plan gouvernemental se font attendre.
Des bouleversements attendus sur les aides
Selon Hellio, le basculement de certains travaux de rénovation en monogestes de MaPrimeRénov' vers les CEE doit contribuer à imposer ces derniers comme « le moteur de l'électrification ». L'entreprise ajoute que des bonifications renforcées pour les chauffe-eau thermodynamiques, solaires ou les systèmes solaires combinés devraient aussi y contribuer.
Pour bénéficier des aides MaPrimeRénov' pour les rénovations d'ampleur, il faudra aussi être classé E, F ou G au DPE avant travaux dans un logement construit il y a au moins 15 ans. Changement notable également relevé par Hellio : l'aide ne sera plus versée à partir du 1er septembre si un chauffage au gaz est conservé après les travaux dans une maison individuelle. Une manière, pour le conseiller, de contraindre au remplacement des équipements utilisant des énergies fossiles.
Un calcul du DPE en évolution
L'abaissement du facteur de conversion de l'électricité de 1,9 à 1,7 en janvier 2027, officialisé par un décret publié au Journal officiel mercredi 26 août, va contribuer à faire évoluer le DPE, avantageant les logements utilisant l'électrique. Hellio estime ainsi que 125 000 logements sortiraient de la catégorie des passoires thermiques.
La mesure est censée entrainer une « réduction de 14 % du nombre de passoires dans le parc locatif privé, soit 125 000 logements » selon le décret. Côté résidences principales, le nombre de passoires thermiques devrait diminuer « d'environ 10 %, soit environ 300 000 logements ».
Selon la Fédération des industries électriques et numériques (FIEEC), cela va permettre de « corriger l'inégalité de traitement de l'électricité, seule énergie pénalisée par un tel coefficient » qui impliquait que l'on devait multiplier par presque 2 les consommations des logements électriques pour évaluer leur performance énergétique.
« Les politiques de maîtrise de l'énergie et d'efficacité énergétique doivent rester le socle de la transition, l'électrification venant les compléter et les renforcer », estime Pierre-Marie Perrin, directeur des affaires publiques et de la communication du groupe Hellio. Et d'ajouter que l'électrification devait « rester pragmatique, adaptée aux réalités de chaque bâtiment, de chaque territoire et de chaque usage, en mobilisant le bon mix de solutions bas carbone ».
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