Rénovation d’ampleur : le gouvernement pousse la chaudière gaz vers la sortie

Rien de nouveau sous le soleil de Marseille, où un cortège interministériel détaillait ce jeudi 23 avril le plan d’électrification. Annoncée le 10 avril par le Premier ministre Sébastien Lecornu, ladite feuille de route compte 22 mesures.
Sans surprise, la fin du gaz dans le logement neuf est programmée au 1er janvier 2027, avec un objectif : le bâtiment neuf ne doit plus consommer de gaz à compter de 2030. 6,5 millions d'appartements sont chauffés au gaz, mentionne l’entourage de Vincent Jeanbrun, ministre du Logement, présent au déplacement aux côtés de son « équipe de France du logement ».
Afin de limiter les nouveaux raccordements au gaz des bâtiments, un décret imputera, dès le 1er janvier prochain, aux gestionnaires et propriétaires de bâtiments le coût de cette installation. Un moyen d’éviter que ces coûts retombent sur le consommateur. « Cette mesure améliorera par ailleurs la compétitivité des solutions plus vertueuses, comme l’électrification ou le raccordement aux réseaux de chaleur », justifie le gouvernement.
Fléchage des aides vers la PAC
Moins surprenant encore : la massification de la pompe à chaleur (PAC). Non seulement dans l’industrie et l’agriculture, mais bien évidemment dans le logement. Les chaudières à gaz sont progressivement bannies des aides à la rénovation énergétique (MaPrimeRénov’, Coup de pouce CEE, TVA réduite).
Leur sort se corse : dès septembre prochain, les rénovations d’ampleur subventionnées par MaPrimeRénov’ dans les maisons individuelles devront permettre le remplacement d'une chaudière gaz par un système décarboné. Même principe pour l’éco-prêt logement social, mais à partir du 1er janvier 2027. « Dans les logements sociaux individuels comme collectifs, l’éco-PLS ne financera plus aucune nouvelle installation au gaz », lit-on dans le communiqué interministériel.
Pour rappel : « Seules 10 % des rénovations d’ampleur conservaient jusqu’à présent un mode de chauffage fossile », explique le cabinet du ministère du Logement.
Ce qui laisse libre champ à la PAC, bien que le dernier bilan du Fonds chaleur montre un fort potentiel de la chaleur renouvelable, notamment la biomasse.
Pas de changement pour les rénovations par geste, « qui concernent souvent l'isolation des combles ou l'installation justement d'une PAC », indique l’entourage de Vincent Jeanbrun. Ni pour les rénovations d’ampleur en copropriété.
Rendre le bâtiment public exemplaire
Côté bâtiments publics, le gouvernement exige l’exemplarité, alors que 40 % du parc est chauffé au gaz et au fioul. La stratégie : miser sur la PAC mais aussi le raccordement au réseau de chaleur.
Pour ces travaux, le seuil de procédure formalisée de marché public va être relevé de 100 000 euros à 140 000 euros, par un décret prévu à l’été 2026. « Ce relèvement permettra, en gagnant plusieurs mois de procédure, de réaliser des travaux de remplacement de chaudières gaz avant la période de chauffe 2026-2027 », expose le gouvernement.
Sans compter de prochaines études de projets de décarbonation sur les 20 plus gros sites consommateurs, avec le programme CEE d’accompagnement du parc de l’État.
Cap vers l'électrification des engins de chantier
Mais alors que le conflit au Moyen-Orient fait planer un nuage inflationniste sur le bâtiment, le plan d’électrification veut massifier les PAC et les rénovations d’ampleur, en maîtrisant les prix. D’où la publication, d’ici mai prochain, d’un « premier référentiel des prix d’installation constatés », basé sur les prix remontés via les dispositifs d’aides de l’Agence nationale pour l’amélioration de l’habitat (Anah).
« De façon plus générale, un suivi plus détaillé des prix de la rénovation sera progressivement mis en place, et nourrira les échanges avec les fédérations professionnelles et les associations de consommateurs », souligne le gouvernement.
Quid des artisans du BTP ? Si des coups de pouce au GNR ont été accordés par Bercy pour les entreprises de moins de 20 salariés, un volet du plan est consacré à l’électrification des engins de chantier dans les travaux publics.
Comment ? L’Ademe lance un appel à projets s’élevant à 50 millions d’euros de CEE dédiés à l’achat d’engins électriques de production française et européenne.
« Il comprendra également un accompagnement technique au déploiement. Cette démarche répond à l’enjeu d’accélérer la décarbonation des équipements professionnels lourds, dans l’ensemble des secteurs, et de soutenir les filières d’électrification de véhicules hors route, encore émergentes aujourd’hui », expose le gouvernement. Dès juin prochain, une première relève de 10 millions d’euros sera lancée, complétée par une seconde de 40 millions d’euros en 2026.
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