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Macron réunit l'« équipe de France de l'électrification » : les annonces clés pour le BTP

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Publié le 26 mai 2026 à 16h20, mis à jour le 26 mai 2026 à 17h06, par Nils Buchsbaum

Le président Emmanuel Macron réunit la filière électrique à l’Élysée : PAC, chauffage, bâtiment et recrutements au cœur du plan d’électrification.
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Emmanuel Macron a réuni mardi 26 mai à l'Élysée ce qu'il désigne lui-même comme « l'équipe de France de l'électrification », des représentants de l'ensemble de la filière, d'EDF et Enedis aux artisans plombiers-chauffagistes, en passant par des industriels et des fournisseurs d'énergie. L'objectif affiché est double : réduire les émissions de CO2 dans des secteurs clés comme le transport routier, et diminuer la dépendance des ménages et des entreprises aux carburants fossiles importés, dans un contexte de tension persistante sur les cours du pétrole.

La réunion intervient un mois après la publication par le gouvernement d'un plan d'électrification des usages comprenant 22 mesures. Le chef de l'État y a officialisé des engagements dans quatre domaines prioritaires : la mobilité électrique, l'électrification de l'industrie, celle des transports et celle du bâtiment.

La toile de fond de cette mobilisation est paradoxale. La France dispose aujourd’hui d’une production électrique abondante et largement décarbonée, portée par le développement des énergies renouvelables et la relance du nucléaire. Mais la consommation ne suit pas, elle reste proche de son niveau d’il y a vingt ans. Pour l'exécutif, l'urgence est donc d'inciter ménages et industriels à électrifier leurs usages.

 

Des centaines de millions d'euros engagés pour décarboner le chauffage

 

La pompe à chaleur (PAC) est au cœur du plan gouvernemental. L'objectif est d’atteindre un million d'installations par an d'ici 2030. Un cap très ambitieux au regard de la situation actuelle : si la France produisait encore quelque 350 000 unités par an sur son territoire il y a deux ans, les installations effectives ont depuis chuté à environ 180 000 en 2025, un recul souvent attribué par les acteurs de la filière au yo-yo des aides à la rénovation énergétique et aux coupes budgétaires sur MaPrimeRénov'.

Plusieurs acteurs ont annoncé des engagements financiers significatifs. EDF propose une prime de 1 000 euros pour l'achat et l'installation d'une PAC sous certaines conditions, et annonce engager 30 millions d'euros supplémentaires pour accélérer le déploiement de chaudières électriques dans les process industriels. 

Le distributeur britannique Octopus Energy s'engage quant à lui sur deux fronts : accompagner les ménages dans l'acquisition de PAC pilotables, et investir jusqu'à 150 millions d'euros pour construire en France une usine dédiée à ses pompes à chaleur Cosy. L'opérateur porte par ailleurs son engagement total à 250 millions d'euros d'ici 2030, dont 100 millions déjà engagés pour la décarbonation de la chaleur industrielle sur plusieurs grands sites. 

Idex, qui installe et exploite des PAC dans les copropriétés, les logements sociaux et les bâtiments tertiaires, s'engage de son côté à investir 60 millions d'euros par an pour financer les installations chez ses clients dans le cadre de contrats d'achat de chaleur — un modèle où l'opérateur finance l'équipement et se rémunère sur la fourniture de chauffage, en promettant une facture inférieure à celle d'un chauffage au gaz.

Le Gifam, syndicat représentant les fabricants d'appareils thermiques électriques, a également signé le Pacte de l'Équipe de France de l'électrification. Sa déléguée générale, Olivia Guernier, a tenu à rappeler que la PAC ne peut pas être l'unique réponse : « Si la priorité donnée aux pompes à chaleur est nécessaire, il est essentiel de ne pas oublier tous les logements où leur installation n'est pas possible, par exemple les appartements à petite surface. Pour ces situations, les appareils de chauffage électrique pilotables et intelligents constituent une solution décarbonée, performante et accessible. » Elle a par ailleurs rappelé la position du président de la République sur ce point : « On peut avoir recours à des chauffages électriques performants accompagnés d'une bonne isolation. »

 

12 000 embauches et 3 000 apprentis par an  : les entreprises du génie électrique s'engagent

 

La veille du sommet de l'Élysée, les entreprises chargées d'installer les équipements énergétiques dans les bâtiments, d'électrifier les usines et de raccorder les centrales au réseau ont annoncé leur intention d'embaucher « 12 000 personnes et 3 000 apprentis par an ». Ces entreprises sont regroupées au sein du Serce, syndicat professionnel qui fédère 260 sociétés et 140 000 salariés — d'Equans (Bouygues) à Vinci Energies, en passant par Eiffage Energies, Spie et de nombreuses PME et TPE.

« Nous nous engageons dans le temps, l'électrification du pays est un programme sur trente ans », a déclaré Michel Gioria, directeur général du Serce, à l'AFP. Il a précisé que les recrutements démarreraient dès 2026, « sur l'intégralité du territoire français, en lien notamment avec les lycées professionnels et les sections de baccalauréat professionnel électricité ». 

Pour illustrer l'ampleur des chantiers à venir, il a cité aussi bien « l'installation de bornes de recharge sur les quais des ports comme Marseille, Saint-Nazaire, Le Havre ou La Rochelle » que le raccordement « de serres agricoles en Bretagne ou de data centers en Île-de-France et en Provence-Alpes-Côte d'Azur ».

Le cap fixé par le gouvernement est clair : faire passer la part de l'électricité dans la consommation finale d'énergie de 27 % en 2024 à 34 % en 2030, puis 38 % en 2035. Pour préparer les effectifs nécessaires, les entreprises du secteur ont déjà mis à disposition de quelque 150 lycées professionnels des équipements spécialisés. « Nous souhaitons attirer des jeunes vers ces métiers, et les former aux métiers de la haute tension et de la grande puissance », a souligné Michel Gioria. « C'est un voyage de transformation profond qui va durer 25 ou 30 ans. »

 

 

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Nils Buchsbaum
Journaliste - Batiweb

Nils Buchsbaum est journaliste à la rédaction de Batiweb. Il suit l’actualité du BTP, de l’urbanisme et de la construction durable, avec une attention particulière portée à la prévention des risques, aux enjeux environnementaux et aux évolutions législatives.

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